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Yakuza : Dead Souls

Console : Playstation 3
Éditeur : SEGA
Développeur : SEGA
Date de sortie : 16 mars 2012
Multijoueurs : oui
Public : 18 ans et +

Note des membres
3 votes (2.33 / 5)
Posté le Jeudi 19 Avril 2012 par Yonnix
Quand Sega décide de sortir son shaker, et d'y mélanger l'une de ses licences phares, Yakuza, avec une monstrueuse dose de zombie – bestioles en vogue de cette génération : on se dit que le cocktail final pourra s'avérer des plus détonants. Raté. Nos longues heures passées à ingurgiter du Yakuza : Dead Souls prouvent de manière on ne peut plus efficace qu'il ne fait pas bon céder à l'appel des modes. Aussi putrides soient-elles.

Yakuza. Une licence peu connue dans nos contrées. Véritable institution chez nos amis nippons. Ont fait sa renommée, ses mafieux aux cœurs plus ou moins tendres, et à l'esprit plus ou moins dérangé. Ses combats au style très arcade, où la plupart des objets d'un décor peuvent s'avérer jouissive-ment meurtriers. Ses mini-jeux, et leur ambiance déjantée. Qui n'a pas entendu parler de ses fameux bars à hôtesses – au décolleté généreusement plongeant ? Et ses hordes de zombies, qui n'ont de cesse d’agresser les habitants de Kamorucho. Non attendez. Ceci ne fait pas partie du folklore habituel de la licence : Yakuza : Dead Souls n'est pas un épisode comme les autres, mais bien un spin-off, surfant sur la vague – qui commence à lasser ? - du zombie en-veux-tu-en-voilà-même-si-mon-univers-ne-s'y-prête-guère.

Yakuza of the Dead


Pourtant, tout se passait bien dans la vie de Akiyama – l'un des héros emblématiques de la série. On le suit, le bougre se baladant tranquillement dans les rues paisibles du quartier tokyoïte. Enfin paisibles, le cadreur virtuel va vite nous faire comprendre que, pas tant que ça, en plaquant sa caméra sur un individu à la dégaine louche. Démarche lancinante. Souffle lourd et agressif. Son visage littéralement nervuré de veines fera s'envoler nos derniers éventuels doutes : ce type va foutre un sacré merdier ! Et voilà qu'une minute plus tard, un homme tombe d'une fenêtre, juste sous le nez de notre protagoniste. Comme par hasard. L’événement créé la panique. Les forces de l’ordre entrent en scène. Ni une, ni deux, arrivent au niveau de la victime. Et se font, bien évidement, mordre par la carcasse, celle-ci s'étant relevée sans crier gare.

La suite, vous la connaissez. Ou plutôt pouvez aisément l'imaginer. La plupart des habitants vont se faire contaminer. La majeure partie de la ville se voit placée sous quarantaine. Et qui mieux placée, que la mafia locale – Akiyama et trois autres de ses confrères - pour exterminer à coup de fusil à pompes la gigantesque horde de zombies qui peuplent désormais leur territoire ? De la bonne vieille série B, voilà à quoi s'apparente le pitch de Yakuza : Dead Souls. Un pitch minimaliste, probablement bouclé à la va-vite, propice non pas à un titre saisissant d'originalité, mais bien à un défouloir sans prise de tête où faire gicler du sang de morts-vivants est notre seule préoccupation, dans une ambiance délurée et portée par une bonne dose de second degré, qui elle a du être bossée par les scénaristes. Car une atmosphère, le titre en possède une franchement sympathique. L'apocalypse qui a court à Kamurocho, on aurait eu envie de s'y immerger. D'y remettre l'ordre et la justice, dans la peau de personnages tantôt intéressants et bienveillants, tantôt à l'esprit dément et fou allié. Voir la mafia japonaise s'occuper de cette invasion est un plaisir pour l'amateur de ce genre d'univers, et donc friand de la saga Yakuza. Dommage, que le plaisir ne s'efface totalement, une fois le moment venu de prendre la manette en main.

Highschool of the Dead Rising


La première heure de jeu de Yakuza : Dead Souls a au moins une qualité : celle de montrer sans attendre ce qui cloche, et qui clochera, tout au long de l'aventure, niveau jouabilité. Dès les premières séquences, les développeurs ont le bon goût de nous confiner dans un espace clôt et carré, accompagné de quelques zombies, histoire de nous apprendre les bases des contrôles. Nous obligeant à tourner en rond, rapidement si possible, histoire de ne pas mourir bêtement. Premier soucis : la caméra, qui nous propose là un paradoxe peu reluisant. La caméra donc, tente tant bien que mal de suivre notre personnage, on rappelle que l'on a affaire à un TPS, se recadrant, sans cesse à mauvais escient derrière lui. Et lorsque l'on a le malheur de vouloir la replacer correctement, car nous est donnée la possibilité de le faire : celle-ci revient immanquablement à sa position initiale, ou dans une nouvelle tout aussi inadéquate, rendant l'action brouillonne. Frustrante au possible. Il eut été plus judicieux d'opter pour un cadrage – non pas plus rapproché de l'épaule – un tantinet plus fixe, et moins virevoltant à chaque changement de direction de l'avatar à l'écran. Si cela n'avait pas ou peu d'incidence dans les précédents épisodes, le fait d'être au prise avec une dizaine, voire plus, d'assaillants, rend la chose nettement plus problématique.

Deuxième soucis majeur : lorsque l'on se veut jouer dans la cour des – grands ? - Third Person Shooter, il est primordial d'avoir un système de visée fonctionnant du tonnerre. Nonobstant le fait qu'on soit un shooter arcade, cela excusant le feeling misérables de nos pétoires, offrir de la précision dans ses tirs, et de la souplesse dans ses déplacements, sont deux éléments qu'il ne faut pas rater, sous peine d'être broyé par la concurrence. C'est ce qui se passe pour Yakuza : Dead Souls. Dans la plupart des situations, le joueur optera pour le tir à la volée – comprendre sans visée. Il lui faut composer avec un système de lock invisible, basé, sans trop de réussite, sur la direction vers laquelle se tient ou avance notre avatar. Pas précis pour un sou. Il nous oblige à sans cesse diriger notre personnage dans diverses directions, tout en luttant contre la folle caméra. Dans le reste des cas, on se portera vers la visée au réticule, là encore peu ergonomique, car nous empêchant de nous mouvoir en tirant. Cela vous rappelle tristement un certain Resident Evil 5, en pire de surcroit. Les messieurs de chez Sega ont eu le mauvais goût de placer les commandes du réticule sur le stick droit, et non le gauche : peu pratique pour nous autres occidentaux. Point de commande non plus pour se tourner d'un quart ou d'un demi cercle comme dans le titre de Capcom. Pouvoir utiliser quelques uns des éléments du décor, reste une alternative qui ravira les habitués de la série, bien qu'imprécise et souvent moins efficace car limitée. En somme, des mécaniques de jeu rigides à souhait, qui vous l'imaginez bien, ne sied guère à l'extermination de hordes de zombies enragés.

Spin-off of the Fail


La concurrence précédemment évoquée, Sega a du longuement l'observer, pour en arriver à Yakuza : Dead Soul. On décèle ainsi du Dead Rising, derrière l'idée de la purge à grande échelle de zombie. Du Left 4 Dead, pour certaines inspirations du bestiaire. Du Just Cause 2, en ce qui concerne les problèmes de gameplay... Pour ce qui est du dernièrement cité, on n'est pas trop sur. Pour les deux autres, qui sont loin d'être les seuls à – semble t-il - avoir inspirées les développeurs, on regrettera que certaines de leurs features ne fussent que reproduites, sans grand talent et inspirations. Melting-pot de bonnes idées, Yakuza : Dead Souls ne réalise pas grand chose avec génie. Sa plastique datée, portée par le moteur de Yakuza 4 – titre sortie en 2008 au Japon -, ne fait pas honneur à la ville de Tokyo. Non pas qu'il soit vilain artistiquement. Les textures vieillottes, les animations ringardes et « robotisées » des quidams, ont simplement fait leurs temps, et auraient mérités une bonne séance de remise à niveau. La bande son tout juste correcte, alliant J-Pop et son Pop/rock survolté, fait pour sa part le boulot. Et bien qu'il ne soit pas totalement à jeter, qu'il puisse défouler quelques fans hardcore de Georges Romero en mal de zombies à découper, Yakuza : Dead Souls restera dans les mémoires comme un jeu moyen, à tendance médiocre. Preuve désormais matérielle, vendue à grande échelle, qu'à vouloir tirer profit d'une mouvance, sans en être soit même la genèse ou à défaut de véritablement la transcender, on risque fort de s'y casser les dents.

Jeu disponible en V.O. japonaise, sous-titrage anglais uniquement.

VERDICT

Avantages

- L'ambiance délirante
- Kamurocho dévastée
- Mini-jeux habituels
- A réserver aux fans hardcore de zombies/ Yakuza

Inconvénients

- Techniquement dépassé
- Jouabilité peu ergonomique
- Caméra frustrante au possible
- Système de visée raté
- Rythme cinématique/ phase jouable mal équilibré

Graphismes
2,5 étoiles
5.0 / 10
Sa plastique datée, portée par le moteur de Yakuza 4 – titre sortie en 2008 au Japon -, est loin d'être au niveau. Non pas qu'il soit vilain artistiquement. Les textures vieillottes, les animations ringardes et « robotisées » des quidams, ont simplement fait leurs temps, et auraient mérités une bonne séance de remise à niveau.
Jouabilité
2,5 étoiles
5.0 / 10
Peu agréable à prendre en main, le gros défouloir qu'il représente n'atteint pas ses objectifs. La faute à des mécanismes de jeu rouillés, une caméra frustrante et un système de visée raté.
Durée de vie
4 étoiles
8.0 / 10
Comptez une douzaine d'heures pour arriver à bout de l'aventure principale. Les activités annexes montant le compteur au-delà de la vingtaine d'heures.
Bande Son
3 étoiles
6.0 / 10
Pas de quoi sauter au plafond, le mélange de J-Pop et de Rock prend plutôt bien, et arrive à insuffler un rythme soutenu et énergique à notre progression.
Scénario
3,5 étoiles
7.0 / 10
"Des Yakuza. Des Zombies. Faut trouver un prétexte. Faisons-ça vite les gars". L'ambiance série B fonctionne, et parvient par le biais des cinématiques à nous donner l'envie de continuer. Dommage que le gameplay ne suive pas.
Note Globale
2,5 étoiles
5.0 / 10
Ils ont tentés, ils ont échoués. A vouloir se lancer sur le terrain ultra-concurrentiel des "simulateurs de purge de zombie", les petits gars de chez Sega nous servent un produit insipide, sorte de melting-pot raté et sans talent de ce qui se fait de mieux en la matière. L'ambiance réussie et les personnages charismatiques de l'univers Yakuza n'y changeront rien : Yakuza : Dead Souls restera dans nos mémoires comme un jeu moyen, à tendance médiocre. Preuve désormais matérielle, vendue à grande échelle, qu'à vouloir tirer profit d'une mouvance, sans en être soit même la genèse ou à défaut de véritablement la transcender, on risque fort de s'y casser les dents.
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