Sundas, le 8 de Primétoile. Profitant de la fraîche brise du petit matin, je suis sorti explorer les vastes contrées glacées du royaume de Skyrim, bien engoncé dans mon armure nordique, une hache dans une main et un bouclier dans l’autre. Les conditions climatiques variant rapidement et la faune locale pouvant s’avérer dangereuse voire mortelle, cet équipement et quelques provisions et autres potions magiques ne seront pas de trop pour survivre à l’aventure...
Un démarrage enflammé

Digne héritier d’Oblivion, Skyrim est le cinquième opus de la série des « Elder Scrolls ». L’action se situe dans la lointaine et enneigée contrée de Bordeciel (« Skyrim » en anglais, d’où le nom du jeu !), la mythique patrie des nordiques, une race jouable dans le jeu. L’aventure démarre alors que le haut-roi de Bordeciel vient d’être assassiné et que vous vous retrouvez prisonnier de l’Empire et promis à une mort certaine. Après le désormais très classique choix de votre race, toujours dunmer (elfe de sang) pour ma part depuis Morrowind, et de votre apparence physique, la délivrance provient d’une source très inattendue : un dragon cracheur de feu bien décidé à réduire en cendres ce poste avancé de l’Empire. Votre fuite est donc l’occasion de tester l’interface du jeu lors du détroussage des cadavres alentour et d’interagir avec quelques PNJ rescapés des assauts du dragon avant d’entamer vos premiers combats.

Dès cette phase initiatique, on se rend compte du travail accompli depuis Oblivion. En effet, si l’inventaire semble encore un peu malaisé à utiliser pour un usage PC avec des listes d’objets qui peuvent s’avérer très longues et un peu fouillis, l’interface est discrète avec uniquement les indications de directions et de quêtes actives. Fini l’affichage en continu des barres de santé et de magie comme dans Oblivion ou les symboles de pouvoir actif comme dans Morrowind, seules les indications associées à l’action du moment sont affichées : par exemple la barre de magie quand on effectue un sort. Ce choix permet d’avoir les informations essentielles lors des phases d’action et s’avère payant à l’écran. Les premiers combats permettent alors de voir que se protéger avec un bouclier ou porter un coup d’épée consomme de l’adrénaline, ce qui est aussi vrai pour les ennemis. Les animations des bras sont d’ailleurs remarquables : on sent véritablement l’effort de notre personnage lorsqu’il porte un coup ou qu’il en absorbe un, que ce soit avec son arme ou son bouclier. Petite reprise de Fallout 3, la réalisation d’un coup fatal donne désormais lieu à un ralenti en vue extérieure.
Construire son épopée

Les premiers combats permettent aussi de se rendre compte que le choix de votre race parmi les dix jouables n’est pas allé de concert avec l’appartenance à une classe de joueur tel que le guerrier ou le prêtre comme cela était le cas dans Morrowind ou plus récemment dans Oblivion. Ce choix permettait principalement de définir les compétences primaires de votre personnage, c’est-à-dire les seules compétences qui permettaient d’augmenter de niveau. Dans la même idée, il n’y a plus à choisir de signe astral comme la Dame ou la Tour par exemple. Dans Skyrim, l’utilisation de n’importe quelle compétence contribue à se rapprocher du niveau suivant, que ce soit une compétence de combat, de magie, d’infiltration ou de marchandage... Dès lors, il peut être utile d’augmenter une compétence peu utilisée juste dans le but de passer un niveau, ce qui facilite le passage de niveaux par rapport aux précédents opus. La montée de niveau va de pair avec l’acquisition d’un point de compétence qui peut augmenter vos capacités en combat (dégâts, protection, vitesse de déplacement, etc...), en magie (sorts plus puissants, plus longs, moins couteux, etc...) ou encore en infiltration (crochetage plus facile, déplacements plus silencieux, etc...), en marchandage ou en alchimie. Dans la lignée des épisodes précédents, Skyrim est extraordinairement riche en compétences (pas moins de 18 au total !) et distingue les armes à une main des armes à deux mains, les armures lourdes et légères ainsi que de nombreuses classes de sortilèges pour se sortir de toutes les situations. Petit ajout de cet opus, il est désormais possible de combattre avec une arme dans chaque main, ce qui augmente les dégâts infligés au détriment de la protection.

Pour en revenir à l’aventure, votre fuite vous a permis de faire la connaissance d’un PNJ qui vous propose de le rejoindre au village de Riverwood dans les environs. Dès ce moment, on retrouve la marque de fabrique des « Elders Scrolls », à savoir une totale liberté de mouvement qui peut nous amener directement vers ce village ou au contraire nous inciter à explorer les environs. En partant à l’aventure, on se rend compte que les lieux importants font l’objet d’une désignation qui apparait clairement à l’écran, encore une reprise bien amenée de Fallout 3. Reprenant l’esprit d’Oblivion, la découverte d’un lieu permet de se téléporter directement sur ce lieu par la suite, ce qui peut être utile pour mieux préparer son personnage à des affrontements initialement trop difficiles. En ralliant le village de Riverwood, on note la richesse des jeux d’ombre et de lumière tout le long du chemin ainsi que le travail remarquable effectué sur le rendu de l’eau. Que ce soit les chutes ou les lits des rivières regorgeant de poissons, c’est vraiment agréable à l’œil ! Dans le village, les quêtes se succèdent assez naturellement et nous orientent bien vite vers la ville de Whiterun, une cité centrale sur la carte du jeu.
Dovakhiin : héros d’une contrée sublime

Vue de loin, Whiterun ressemble à s’y méprendre à la cité d’Edoras telle qu’elle est représentée dans la filmographie du Seigneur des Anneaux. Une touche classe qui illustre bien la réalisation ambitieuse du jeu. Les maisons sont criantes de réalisme et les PNJ vaquent à leurs occupations en fonction des horaires de la journée et de la nuit. Il n’est pas d’ailleurs pas rare de croiser un PNJ qui vous hèle pour vous confier une mission secondaire qui le concerne particulièrement, remplissant ainsi votre « stock » de missions secondaires en plus de la trame principale de l’aventure. La cité de Whiterun rassemble les traditionnels marchands qui entretiennent l’aspect jeu de rôle de Skyrim à travers le marchandage de potions, de parchemins, de nourriture, d’armement et j’en passe. Concernant l’armement, l’apparition d’un four près de la forge permet de fondre des lingots de différents minerais, minerais tous récupérables sur le terrain comme cela était le cas dans le jeu Risen de Pyrahna Bytes. A partir de ces lingots, il est désormais possible de créer puis d’améliorer les armes et armures avec la compétence adéquate. Il n’y a d’ailleurs plus d’usure des armes comme cela était le cas lors des précédentes aventures de la série.

Explorer les cités est aussi l’occasion de découvrir des guildes comme les Compagnons dans la cité de Whiterun ou la Guilde des Voleurs à Riften. Ces guildes proposent des quêtes annexes bien construites qui sont autant d’opportunités de traverser les diverses régions du jeu. Reprenant les codes de la série, Skyrim alterne les zones très ouvertes et les zones confinées. Les zones ouvertes regorgent de plantes à récolter, de campements et de fortins à pacifier et à fouiller, le tout agrémenté d’une faune pas toujours très sympathique quand on empiète leur territoire. A cet effet, les développeurs ont bien représenté la faune sauvage qui n’attaque pas toujours à vue mais préfère souvent grogner en signe d’avertissement, je pense aux loups et aux tigres en particulier. Les paysages lointains sont aussi bien représentés avec des nappes de brume à flanc de montagne, ce qui renforce l’impression de gigantisme de l’environnement. Quant aux zones confinées, il s’agit généralement de donjons ou de grottes sur plusieurs niveaux abritant une faune très hostile. Des énigmes assez simples font d’ailleurs leur apparition, ainsi que des pièges souvent vicieusement placés tels que des jets de flammes ou des fléchettes empoisonnées dans le plus pur style Indiana Jones. Chaque lieu semble cependant unique, preuve d’un level design très travaillé. Les fans de Morrowind auront d’ailleurs repéré la présence de ruines dwemer à quelques endroits de la carte, un clin d’œil bienvenu.

Sans rentrer dans les détails, la quête principale du jeu révèle votre statut privilégié de «fils de dragon» ou dovakhiin. Ainsi, en tuant un dragon, vous absorbez son âme. En associant cette âme de dragon à la connaissance d’un mot de pouvoir, vous apprenez un cri qui sera réutilisable contre les ennemis. Chaque confrontation avec une de ces grosses bêtes est un combat délicat où il peut être judicieux d’alterner arme à distance, armes de poing et sortilèges tout en conservant une certaine distance. Un compagnon d’arme peut aussi s’avérer un atout très précieux car non content de vous soulager d’une partie de votre inventaire, une fois bien armé et protégé, il peut vous épauler efficacement face aux ennemis les plus coriaces! A chacun son style de combat. Les rencontres avec ces bestioles ailées sont aussi l’occasion d’apprécier la musique épique de Skyrim, musique qui accompagne merveilleusement bien les phases d’exploration tout comme les phases de combat.
Pour clore ce test, je dirai que Skyrim est une aventure riche et bien menée qui dispose d’une durée de vie absolument exceptionnelle associée à une réalisation de toute beauté. On ne se lasse pas d’arpenter les chemins escarpés de montagne, presque perdu dans une tempête de neige, à la recherche d’un artefact ancien et donc précieux.
Configuration du test :
Processeur : Intel Core i5 760 @ 2.8GHz
Mémoire : 8 Go de DDR3 PC12800
Carte graphique : Nvidia Geforce GTX 460 (768 Mo de GDDR5)
Par ailleurs, il existe déjà un très grand nombre de mods pour Skyrim, ce qui représente un travail admirable de la communauté des fans. A titre informatif, j’utilise les mods suivants :
Sons :
- Sounds_of_Nature_Water
Personnages :
- Improved_NPC_Clothing
- Better_Females_by_Bella
- coverwomen_look
Sang :
- Enhanced_Blood_Textures
Ciel :
- Enhanced_Night_Skyrim_-_High_Stars
- Moons
Neige :
- High_resolution_Snow
- Nicer_Snowflakes_-_Realistic
Environnements (Textures) :
- Serious_HD_Retexture_Landscape_Skyrim
- Hires_Road_Signs
- Impact_Textures_Medium_Res
- Improved_rock_and_mountain_textures
- RWT_High_Res
Faune/Flore :
- White_snow_creatures
- Vurts_Skyrim_Flora_Overhaul
- Dragon_Texture_Pack
Divers :
- Glowing_ore_Veins
- HQ_Shields
- SkyUI
- QD_Inventory
- Narkisim_Font
- SkyrimEnhancedShaders_-_Palette