Ce qu'il manquait au lancement de la Nintendo 3DS, c'était du Mario. Le plombier moustachu n'était en effet pas au rendez vous, et il fallut attendre un bout de temps avant de le voir débarquer sur la portable de Big N, c'est-à-dire quasiment neuf mois ! Impatients, les petits possesseurs de la machine ne purent sans doute s'empêcher de se ruer dans leur magasin favori pour se payer cette valeur sûre. Voyons s'ils ont bien fait !
Peach is missing... Again !

Sans surprise, une fois encore on n'aura pas droit à un scénario plus développé que :
Peach se fait enlever et
Mario court à sa rescousse... On commence à connaître le refrain, mais après tout c'est le pilier fondateur de la série, donc on ne va pas non plus cracher dessus. Si la princesse n'était pas dans une situation périlleuse, à quoi bon aller la sauver ? Mais ce n'est qu'un détail insignifiant de plus qui va venir soulever le problème du manque de nouveauté. En réalité, les seules notables sont le costume de
Tanuki, et l'ajout de phases usant de l'effet de profondeur pour réaliser une sorte de trompe l’œil. C'est bien rigolo, mais ça ne prend pas plus de dix secondes à résoudre et c'est ultra rare ! Tant que nous sommes dans les défauts, autant parler tout de suite des deux majeurs. Dans un premier temps, on remarquera que les niveaux sont très linéaires, et non semi-ouverts comme ceux des
Galaxy pour ne citer qu'eux, et un couloir évident devra forcément être emprunté. Certes, certains chemins se distingueront de la voie principale, menant parfois à des bonus (pièces, étoiles, costumes), mais on se rend bien compte que l'on n'a absolument pas le choix dans la route à emprunter. Après avoir terminé les deux opus
Wii, l'épisode
64 ou
Sunshine, c'est assez difficile de se remettre à un
Mario en 3D aux niveaux totalement linéaires, ne donnant pas même une illusion d'ouverture. Le second gros défaut, bien que ce point sera apprécié par les néophytes et marque la volonté de
Nintendo de rendre son jeu accessible à tous, est sa trop grande facilité. Le challenge met du temps à arriver à un niveau correct, mais jamais on ne peste vraiment devant sa console, jamais
3D Land n'est aussi compliqué que ses aïeux. D'autant plus que lorsque vous échouez trop de fois lors d'un niveau, le jeu vous offre un costume spécial, mélange entre celui de
Tanuki et l'étoile d'invincibilité, mais dont la durée est infinie. Et si là encore vous n'arrivez pas au bout du niveau, vous finirez par recevoir une plume vous emmenant directement au drapeau. Elle est pas belle la vie ?

Cette facilité est aussi accentuée par le nombre de vie, qui monte à une vitesse phénoménale, à tel point que très vite on en a une cinquantaine ou plus en stock. On ne pourra rien lui reprocher côté level design, car ce dernier est bien réussi. On est souvent surpris par la construction des niveaux, malgré leur relative courte durée. Là encore on soulève un défaut du titre : la faible durée de vie. Enfin tout est relatif, ici nous comparons
Super Mario 3D Land aux autres épisodes en 3D, durant tous quelques heures de plus que celui-ci, tapant dans la dizaines. Le jeu est sectionné en deux parties, l'une correspondant grossièrement au mode facile et l'autre au mode normal, avec les mêmes niveaux ou de nouveaux leur ressemblant, comportant plus de monstres et de coups tordus. Ce sera aussi l'occasion de tester un nouveau costume, ainsi que de jouer avec le frère de
Mario, le grand
Luigi, à la prise en main légèrement différente. En quatre à cinq heures on arrivera sans mal au bout de la première partie, construite comme un
Mario Bros avec huit mondes et un certain nombre d'étapes à chaque fois. Viendra ensuite la seconde, construite elle aussi de la même manière. Enfin pour ce qui est de sa prise en main, on peut dire que
3D Land est pour le moins surprenant. Diriger le plombier avec le joystick de la console est un véritable plaisir, c'est même plus précis et simple que sur
Wii. Les commandes répondent au quart de tour et aucun réel problème ne fait son apparition une fois en jeu. Alors que dans les opus en 3D précédents il fallait trouver une étoile pour terminer un niveau, ici on retrouve le système de drapeau sur lequel il faudra sauter. Mais attention, cela ne signifie pas que les étoiles ont totalement disparues ! Elles sont d'ailleurs au cœur du jeu, car serviront à ouvrir des verrous fixés sur quelques rares niveaux importants. Dans chaque étape il y en a trois de dissimulées, mais n'allons pas jusqu'à dire qu'elles sont difficiles à trouver. On a peu de mal à les débusquer !
Mario en 3D et en musique
Super Mario 3D Land n'est pas surprenant que dans son level design et sa prise en main simplisme. A cela s'ajoute sa qualité graphique très appréciable. Jamais un
Mario n'avait été aussi beau sur console portable (logique), et ça fait plaisir de voir disparaître les pixels et textures hideuses de
Super Mario 64 DS. On n'est pas au niveau d'un
Mario Galaxy, d'autant plus que les environnements y sont moins fouillés, et le level design moins intéressant puisque plus linéaire, mais tout de même la performance est loin d'être risible ! De plus, un second exploit est réalisé par cet épisode, et n'est autre que son utilisation de la 3D auto-stéréoscopique tout bonnement remarquable. Premièrement parce que pousser le curseur n'est pas un supplice, comme ce pouvait être le cas dans certains jeux où cette fonctionnalité ne servait qu'à causer des maux de tête, et ensuite parce qu'en plus de donner une illusion de plus grande magnificence elle augmente sensiblement la précision du joueur. Sans elle, certains passages de plateforme s'avèrent être de véritables calvaires, car l'appréciation des distances n'est alors pas fameuse. Une fois le curseur poussé vers le haut, ce problème n'en est plus un ! On n'a plus aucun problème pour se repérer dans l'espace, on n'est pas surprit par un souci d'appréciation au dernier moment, lorsque l'on voit
Mario traverser le plancher sur lequel nous avions planifié notre atterrissage.
Super Mario 3D Land est doté d'environnements très diversifiés, on change tout le temps de lieu ce qui est très plaisant. Chaque ambiance visuelle est unique, et le level design s'y est adapté pour le rendre encore plus différent des autres.

Là où l'on pouvait s'imaginer qu'il y aurait eu du relâchement, c'est du côté de la bande sonore. Aucun opus de la saga
Mario ne peut réellement être taclé pour son ambiance musicale ratée, puisqu'à chaque fois le résultat est convaincant, mais on n'achète pas un jeu estampillé du petit moustachu à la salopette rouge en pensant : « Je suis certain que la musique va être exceptionnelle ! ». On pense plutôt à son gameplay, son inventivité dans le level design, son scénario (lol!)... Eh bien penser que cette partie du travail a été faite à la va-vite serait se fourrer le doigt dans l’œil jusqu'au genou. S'il a reçu une attention toute particulière côté visuel,
3D Land a aussi eu droit à une très bonne bande sonore, collant à chaque fois parfaitement avec l'ambiance graphique du niveau. Certaines sonorités sortent un peu du lot, comme certains sons semblant tout droit sortis de
Patapon, ce qui n'est pas du tout désagréable, au contraire. A côté de cela, le soft conserve une bonne part des morceaux connus de la saga, tout en les arrangeant légèrement à sa sauce toutefois, et en ajoutant quelques sonorités dont celle susnommée. Et le résultat, même s'il n'est pas incroyable au point de recevoir la note maximale, est tout à fait bluffant. Cette petite nouveauté dans un bain connu nous fait bien comprendre que l'on est dans un Mario, tout en lui offrant son identité musicale propre. De là à vous inciter à acheter la bande son, il y a un pas que je ne franchirais surtout pas, ces thèmes sortis de leur contexte n'ayant pas grand intérêt. Enfin, il existe deux épreuves (une dans la première partie du jeu, l'autre, son double plus complexe, dans la seconde) qui se servent directement du tempo pour faire changer les plateformes. Voilà qui est bien inventif !
L'avis de Zefi !

J'ai trouvé le jeu sympathique plutôt efficace mais sans grandes ingéniosités notamment en terme de level-design. Je le trouve loin d'être inventif. A des années lumières d'un
Mario Galaxy qui sur chaque planète apportait un plus. Hormis quelques passages surprenants en bien, liés à la 3D, j'ai trouvé les différents niveaux d'un classicisme effarant. Le jeu est donc bon et trouve place dans mon petit cœur car sur
3DS c'est un peu le désert. Il n'a donc aucun mal à se mettre en valeur. C'est un
Mario pas mauvais en soit, peu inspiré mais finalement agréable à parcourir malgré une durée de vie moindre. Cependant je trouve que ce format convient parfaitement à l'utilisation d'une console portable. Des niveaux plutôt courts qui ne demanderont pas de trop longues minutes pour en voir le bout. Une bonne pioche mais un tantinet décevant !