La série Sonic est en déclin depuis 2006, année durant laquelle un odieux Sonic the Hedgehog pointa le bout du nez sur consoles HD. Dès lors, elle n’eut de cesse que d’essayer de reproduire la qualité des opus Master System et Megadrive (les meilleurs), sur Wii et Nintendo DS (ainsi que sur PSN et XBLA), en proposant un gameplay 2D classique ; mais le résultat ne fut jamais à la hauteur des espérances. Seul Colours réussit à obtenir une place de choix parmi les jeux de plateforme des consoles actuelles, mais on est encore loin de l’excellence des premiers. Avec Sonic Generations, c’était encore le même discours. On nous a vendu dès le début un jeu qui mêlait old school et nouvelle génération, c'est-à-dire 2D vieillotte et prise en main modernisée, et tout ça sur fond du vingtième anniversaire de la mascotte. Certes, il était bien prometteur, sur tous les supports, mais la version 3DS, comme toutes les autres d’ailleurs, n’est-elle pas une nouvelle fois décevante ?
Lets Play Sonic !
Sonic c’est cette mignonne mascotte bleue, ce hérisson aux baskets rouges, lacets blancs que tout le monde connait. C’est lui, ce petit bonhomme à la chevelure triangulaire, qui, sous l’étendard de
Sega, combattit fièrement
Nintendo et son plombier moustachu à salopette. Le résultat, vous le connaissez… Après des années de lutte acharnée, et alors que la firme au grand S bataillait de son mieux, le flop d’une certaine
Dreamcast lui fit changer du tout au tout sa politique. Plus de console affublée de son logo. Elle y renonçait purement et simplement. Et depuis, rares sont les représentations du hérisson en jeu vidéo qui valent la peine d’être possédées. Le bougre a même dut s’allier à son ennemi juré d’antan pour vendre, dans la nouvelle série de Party Game :
Mario et Sonic aux jeux Olympiques… Triste destin pour la mascotte de
Sega qui se met à produire du grand public à tout va. Très triste même ! Avec sa décision de ne plus créer de console,
Sega en a profité pour tirer un trait sur le mélange détonant :
Sonic et Qualité. Comme
Mario,
Sonic voyage à travers tous les genres. De la plateforme 2D, évidemment, à la 3D, puis au jeu de rôle et au jeu de course… Tous y sont passés, pour le plus grand bonheur du porte feuille de la firme, et le plus grand malheur des joueurs qui ont perdu l’une des plus grandes séries de plateforme de tous les temps !
Sonic Generations, comme
Colours, certains opus
DS ainsi que
Sonic the Hedgehog 4, devait renouer une énième fois à la 2D et à la qualité de jadis…

Et pour ce qui est de sa prise en main, peu de choses sont à redire. En effet, si certains vieux de la vieille lui reprocheront l’ajout des innovations apportées aux différents
Sonic 2D dans son système de jeu, dénaturant quelque peu la plateforme telle qu’elle l’était fut un temps, objectivement il n’y a quasiment rien à reprocher à
Generations. Pour une fois, on a une bonne impression de vitesse en tenant la console entre nos mains fébriles. Le
Sonic hold school, comme le moderne, vont vite, c’est indéniable ! A tel point d’ailleurs, que certains niveaux deviennent complexes à cause de cela. En allant trop vite, on a du mal parfois à faire attention aux chutes, et anticiper est difficile. Pour cette raison comme pour la construction parfois compliquée, bien qu’intelligente, des niveaux, le titre s’avère assez difficile dans l’ensemble. Toutefois, cette difficulté est progressive. Les premiers niveaux seront de véritables jeux d’enfant, tandis que les suivants demanderont peut-être deux ou trois tentatives, et ceux d’après quatre ou cinq. Mais le plaisir de jeu ne débande pas pour autant. Au contraire même, car on retrouve cette exigence qu’avaient les premiers
Sonic, et par la même le level design devient plus inspiré, plus intéressant. Les fameux nouveaux pouvoirs des deux
Sonic, qui se débloqueront au fil de l’aventure, ne sont finalement plus là que pour ajouter au fun global, et l’impression qu’ils dénaturent le petit hérisson s’estompe rapidement. Enfin, le seul réel point négatif ici est le manque d’inspiration du côté des boss, rendant bien hommage aux vieux adversaires de
Sonic, mais n’étant pas assez ludiques.
Mais encore ?

Les phases de plateforme ne sont pas les seules à paver le solo de ce
Sonic Generations. En plus de celles-ci, très classiques, on retrouve un poncif récent comme la 3D dans la série : la chasse aux émeraudes. Nommée « étape spéciale » dans le jeu, cette course en trois dimensions n’apporte pas grand-chose de plus qu’un bon gros bol de vitesse pure. Là encore, la difficulté est très progressive. Et là où dans certains
Sonic, cette phase n’était qu’un bonus, ici elle est indispensable pour terminer le jeu. Si vous n’avez pas en votre possession tous les
Chaos Emeralds, vous ne pouvez pas accéder au boss final. Avouez que ce serait quand même embêtant de ne pas pouvoir défourailler le dernier des adversaires, de surcroît l’affrontement le plus inspiré de tous ceux du jeu ! L’expérience seul ne s’arrête pas là, car si vous avez envie de tout débloquer vous pourrez vous lancer dans la liste interminable de missions et de courses contre la montre que le soft propose. Pas moins de cent missions sont disponibles pour augmenter considérablement le temps de jeu, assez court si l’on ne termine que l’histoire, mais leur intérêt est très variable. Le contre le montre, comme son nom l’indique si bien, demandera aux joueurs les plus acharnés de terminer chaque niveau terminé dans le mode histoire en un temps record. Si vous vous sentez l’âme d’un guerrier, vous pouvez aussi vous lancer dans le mode multi, appelé « mode VS », qui vous proposera d’affronter un adversaire en local ou en ligne dans l’un des niveaux. Bien entendu, le but est d’arriver premier au bout du compte. Ce n’est pas très amusant, mais ça a le mérite d’augmenter, encore une fois, la durée de vie du titre.

Qui dit
Sonic en 2D, dit parcours à plusieurs chemins possibles. Ici, on ne sera pas déçu, puisque chaque niveau est doté de sa part de chemins différents, de plus en plus nombreux à mesure que l’on se rapproche de la fin. Pour ce qui est du design, chacun aura son avis propre. Les vieux de la vieille qui auront préalablement joué aux opus sur
Master System et
Megadrive seront ravi de constater que chacun des environnements est re-pompé les épisodes sortis sur ces machines d’un autre temps. On retrouve le maintenant mythique « Green Hill », ainsi que le « Water Palace », et tous les autres. Outre le fait que les noms de ces étapes n’aient pas été traduits en français, ce qui n’est pas bien grave en soit, au contraire même, les gueulards constateront le manque de nouveauté. Car si chacun des niveaux est doté d’une architecture nouvelle, et très sympa de surcroît, leur aspect graphique n’a rien de nouveau, lui. On retrouve les poncifs présents à chaque épisode dans chaque étape propre, et avec, un détail auquel on ne fera pas forcément attention étant donné la vitesse à laquelle on traverse les routes préétablies, et qui n’est autre qu’un manque de variété au sein des mêmes niveaux. Comme dit plus haut, chacune des étapes est dotée de deux épreuves, une avec le petit
Sonic, et l’autre avec le
Sonic plus récent, les deux étant bien évidemment totalement différentes, et force est de constater si l’on prend le temps d’observer tout d’un œil attentif, que les mêmes éléments de décors sont copiés/collés d’un bout à l’autre. Ce n’est pas bien grave, certes, mais c’est encore et toujours le même défaut du titre : son manque de variété, de renouvellement !
Sonic the Hedgehog is back in 2D !

Mis à part cela,
Sonic Generations se défend plutôt bien visuellement, avec des décors assez léchés, et un arrière plan en trois dimensions du plus bel effet. Les animations des deux héros, comme des boss, n’ont pas à rougir non plus. Mais le titre pêche, c’est une habitude sur la portable de
Nintendo, par une sous utilisation de la 3D auto-stéréoscopique. Cette dernière ne sert à rien, c’est bien le cas de le dire, car en plus de n’offrir aucun avantage de précision, comme ce pouvait être le cas de
Pilotwings par exemple, la désagréable impression que l’image est un peu trop floue plane dans l’esprit du joueur tenant la machine. Et encore et toujours, si l’on active la 3D en jeu, on aura tendance à bouger un peu, ce qui, comme la
3DS est plus ou moins mal conçue, empêchera de voir correctement tout le temps. On aurait pu croire que dans les étapes spéciales en trois dimensions, dans lesquelles il faut récupérer les
Chaos Emeralds, cet outil aurait pu amener un quelconque gain d’impression de vitesse, mais ce n’est aucunement le cas ! Enfin, on déplorera aussi le fait que notre adversaire en VS soit représenté par une icône étrange, et non par un véritable
Sonic, ce qui nuit quelque peu au plaisir du multijoueur. Au moins, on n’enlèvera pas à
Sega son désir de combler les fanatiques invétérés de la saga, en faisant en sorte que le soft soit classique au maximum, tout en comblant aussi les jeunots avec un design plus récent, en 3D, de surcroît plutôt jolie. Ça aurait nettement pu être pire !

Musicalement là encore, le titre partagera la foule. Encore une fois les vieux de la vieille seront des plus heureux de retrouver les thèmes d’antan, à commencer par le plus connu d’entre tous : Green Hill. Les autres, à qui
Sega a dédié les phases avec le nouveau
Sonic, plus vieux, ne seront peut-être pas du même avis. Les morceaux, quels qu’ils soient, sont trop répétitifs, on a la fâcheuse impression tout du long des niveaux qui deviennent de plus en plus copieux au fil du jeu que le disque tourne en boucle. Heureusement que la vitesse du petit hérisson nous fera un peu oublier cela ! Pour une fois,
Sonic et les autres personnages,
Tails et
Docteur Robotnik/ Eggman, auront droit à une voix. Certes, les dialogues ne sont pas doublés, et leurs répliques ne serviront qu’à les égayer, mais quand même, ça fait du bien d’entendre ces personnages mythiques piper mot. De plus, le travail, entièrement réalisé en français, est d’une qualité tout à fait honnête. Pour en finir avec ce
Sonic Generations, parlons brièvement du scénario… Brièvement car il ne reste pas beaucoup de place dans ce test, et aussi parce que cette histoire est tout ce que l’on fait de plus basique et inintéressant, comme ce fut le cas dans chaque
Sonic qui inclut un semblant d’histoire. En gros, enfin pas si gros que ça d’ailleurs, le
Docteur Robotnik a mis la main sur une bêbête capable de séparer temps et espace, et à cause de lui le
Sonic et le
Tails du passé se retrouvent dans le présent du
Sonic et du
Tails du futur… C’est niais, c’est sans saveur, et ça ne mérite pas d’être noté, mais comme on est sympa mais un peu sadiques sur les bords, on va se faire une joie quand même d’attribuer un joli petit chiffre, très petit d’ailleurs, à cette trame sans saveur ni intérêt !