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Silent Hill 2

Console : Playstation 2
Éditeur : Konami
Développeur : Konami
Date de sortie : 23 novembre 2001
Multijoueurs : non
Public : 16 ans et +

Note des membres
2 votes (4.75 / 5)
Posté le Mercredi 23 Novembre 2011 par itokiry
Magnifique voyage dans les ténèbres paru en 1999, le terrifiant, et non moins poétique, Silent Hill sur Playstation première du nom, nous prouva qu'il était possible d'allier la peur véritable à une histoire bien écrite et des personnages attachants. Exceptionnel en son temps, et faisant partie des jeux qui ont le mieux vieilli parmi les titres de la console de Sony, cet alliage habile de tout ce que l'on avait aimé dans le Survival Horror engendrait deux ans plus tard un second opus, évidemment très attendu. Comptant parmi les titres sortant peu après la Playstation 2, puisque quasiment un an ultérieurement, un poids important pesait sur ses épaules. En outre, cette masse imposante était alourdie par les parutions de deux très bons Survival la même année, Alone in the Dark : The New Nightmare et Resident Evil : Code : Veronica X. Leur qualité respective ne laissait rien présager de bon quant à celle de cet épisode, forcé de placer la barre très haut pour espérer les surpasser afin de ne pas passer inaperçu. Voyons comment Konami s'y est pris pour faire de ce Silent Hill 2 l'opus le plus aimé de toute sa série.


Une claque graphique pas évidente


Ce que l'on retient de l'aspect visuel du premier opus, c'est en particulier son ambiance assez sombre, ainsi que sa capacité à vieillir aussi bien qu'une bonne bouteille de « St émilion » à la cave. D'ailleurs, en parlant de vin, difficile de ne pas remarquer le délicieux level design, ainsi que le superbe bestiaire, tous deux aussi délectables qu'un bon verre au coin du feu, cigare au bord des lèvres. Mais ne nous écartons pas du droit chemin, car si certains coteaux passent les années avec une aisance remarquable, d'autres, au contraire, se transforment en de véritables piquettes sans nom, à l'arrière goût amère de vinaigre. Et c'est justement ce qui était craint à l'annonce de ce numéro deux, que l'on pointait du doigt en accusant de ne pas pouvoir faire aussi bien, si ce n'est mieux, que son aîné, faute de temps pour les développeurs, et constatant l'innovante ambiance visuelle d'un Silent Hill encensé par la critique deux ans auparavant, difficilement égalable. On s'imaginait mal les équipes de Konami nous sortir de derrière les fagots un design repensé et aussi savoureux que le premier. Puis le verdict est tombé, à la sortie du jeu. Certes, la nouveauté que certains espéraient dans la construction graphique n'est pas vraiment au rendez-vous, mais force est de constater que saveur il y a, de surcroît aussi plaisante que dans l'opus précédent. Si l'on conserve une image très proche, sa qualité est toutefois bien supérieure, changement de console oblige.

Peu de jeux, dans les débuts de la Playstation 2, nous avaient asséné une claque graphique aussi déroutante. Alors que dans un premier temps, on sera subjugués par la cinématique d'introduction, éblouissante en son temps, tant par le grain de l'image superbe que par la mise en scène digne des meilleurs films de genre, bien qu'elle ne dure que peu de temps, dès que le soft nous plonge dans un univers fondu avec un moteur 3D qui servira tout le reste de l'aventure, l’émerveillement s’accroît. Puis le jeu commence vraiment, et l'on a en main un James Sunderland qui bouge de manière aussi réaliste que ce pouvait être le cas sur le support en cette époque lointaine. Avec ses mouvements parfois saccadés, il nous rappelle que le soft est tout de même sorti en 2001, mais n'attise pas la fibre de notre pitié, bien au contraire. Car si la console est aujourd'hui enterrée, elle n'a pas à rougir de son palmarès, alors même qu'un Silent Hill 2 sorti en ses débuts arrive encore à nous impressionner. James n'est pas le seul a avoir été soigné, puisque le bestiaire est tout bonnement exceptionnel, bien qu'un peu léger, jouant avec le malsain, le sinistre. Les animations des ennemis n'ont pas à pâlir, car malgré leur aspect brut et saccadé, lui aussi, on ne peut absolument rien leur reprocher, cela étant totalement fait exprès, pour les rendre encore plus étranges et cauchemardesques. Le titre prend le pari osé de renouveler le bestiaire, et s'en sort avec les honneurs.

Cela étant, quelques minutes après avoir commencé le jeu, on peste une première fois devant son écran. Le détestable, mais non moins délectable, brouillard du premier opus a été conservé dans celui-ci. Cris de haine, manette dans le mur d'en face, rien n'y fera, il est là et le restera. Cependant, si dans le premier épisode elle était extrêmement proche du personnage joueur, et de surcroît très handicapante dans ses déplacements en ville, ici la brume aura pris un léger recul, offrant une vision plus large, tout en s'étant apaisé quelque peu. En un mot, cette vapeur sur laquelle nous venons de cracher à l'instant, n'est autre que la meilleure invention de la série dans la catégorie : frousse accentuée. Ne pas voir son ennemi approcher, et pourtant entendre clairement la radio hurler, voilà qui constituera une part importante de nos sorties en ville, et qui nous fera stresser bien malgré nous. On est constamment surpris par des monstres ou en attente de l'être. Mais s'en plaindre serait une erreur, car Silent Hill 2 réussit là quelque chose que son aîné n'avait pas mené jusqu'au bout, c’est-à-dire nous faire peur, le mot n'est pas trop fort. On a certes l'impression de ne rien voir dans les débuts, mais très vite on s'habitue à cette demie vision pas si gênante que cela, et on prend un malin plaisir à se faufiler dehors, dans ce brouillard qui constituera bientôt la plus grosse marque de l'identité visuelle de la série de Konami.


Survival Horror : ergonomie es-tu là ?


Sans mauvaise foie, aucune, il est de notoriété publique que le Survival Horror est un genre qui connu des débuts difficiles en matière d'ergonomie. Un fort souci de déplacement, ainsi qu'un personnage trop lourd, cela n'aidait vraiment pas les titres classés comme tel. De Resident Evil, à la visée non automatique et aux protagonistes difficilement maniables, à Alone in the Dark, doté d'une ergonomie discutable, il est difficile de trouver un quelconque point positif à la jouabilité des vieux Survival Horror, qui, bien que précise et, une fois terrain conquis, ne laissait planer aucun réel problème de prise en main, demandait un temps d'adaptation conséquent. Silent Hill premier n’échappe évidemment pas à cela, et se retrouve pourvu des mêmes soucis, bien qu'il soit un poil plus maniable toutefois. Les rares problèmes subsistants, tel qu'un personnage lourd et un système de combat pas top, étaient heureusement gommés par une ambiance et une qualité générale qui mangeait littéralement tous les défauts, même les plus gros. De plus, les quelques ajouts ravirent ceux qui s'attardèrent devant les combinaisons de touches, constatant que le titre de Konami était bel et bien mieux conçu qu'un Resident Evil quelques années auparavant. Comme les deux gros Survival concurrençant ce second opus l'année de sa sortie, il était dotés d'un gameplay très similaire ; impossible de se faire des cheveux gris, il ne pouvait que faire aussi bien, si ce n'était mieux.

Les ajouts ne sont pas très nombreux, mais sont de taille, même s'ils ne le paraissent pas sur le papier. Notre bon James Sunderland n'est toujours pas capable d'effectuer un simple tour rapide sur lui même, mais il pourra recadrer la caméra d'une simple pression sur R2. Il lui faudra tourner lentement pour pouvoir se diriger dans la direction opposée, ce qui peut être handicapant lors de combats contre des boss. Heureusement que les ennemis ne sont pas coureurs olympiques au cent mètres, sinon le pauvre aurait un mal de chien à s'évader de leurs griffes. Par contre, et là on ne peut pas dire que la série susnommée puisse vraiment rivaliser, il pourra effectuer des pas sur le côté, très pratiques en combat. James est, de surcroît, plus léger et souple que l'était Harry Mason dans l'opus Playstation, ce qui confère au soft une meilleure maniabilité, plus instinctive, facile d'accès. Le principe reste le même, c'est à dire avancer dans ce couloir très large, comprenant un environnement assez vaste, en trouvant toutes les clés et mécanismes permettant de passer au niveau suivant. La difficulté a été revue à la hausse, sans pour autant être insurmontable. Les plus masochistes pourront s'essayer aux modes de difficulté très élevés (Difficile et Extra Hard), proposant, eux, un challenge démentiel. Cela vaut par la difficulté de certaines énigmes, déjà pas évidentes en Normal et Facile, et plus complexes que dans un Resident Evil par exemple (il n'y a pas de mal !), la résistance comme la puissance des ennemis (boss ou adversaires basiques), et le relatif manque de soins disséminés.


Mary, Where are you ?


Si Silent Hill premier nous contait déjà les aventures d'un homme ayant perdu une femme, en l’occurrence de Harry Mason qui avait perdu sa fille, Cheryl, ce second opus restera dans le même registre. Mary est, ou plutôt était, la femme de James Sunderland, désespéré de la retrouver un jour, après avoir reçu une lettre d'outre tombe le conduisant à Silent Hill. Ne sachant trop quoi penser ce ce bout de papier pour le moins intrigant, il refuse de se laisser abattre et se décide à s'enfoncer dans la brume recouvrant la ville et ses environs. Sur place, il rencontrera quelques survivants à la transformation de l'endroit en une sorte d'enfer. Ce Silent Hill 2 brille, comme le précédent, par un scénario finement tissé, au rythme assez mou mais aux tenants passionnants. Jusqu'au bout on se demande ce qu'il va advenir du pauvre James, et l'on est soit surpris, soit aux anges, soit les deux. Différentes fins sont accessibles, des très simples à obtenir à des beaucoup plus compliquées, et s'avèrent quasiment toutes intéressantes. Ce détail influe aussi grandement sur la durée de vie du soft. Car si le joueur lambda mettra une dizaine d'heures (douzaine maximum) à le terminer, il recommencera sans doute une partie pour découvrir une autre fin, jusqu'à les connaître toutes. L'ambiance comme le scénario sont incroyablement prenants. Rien que par son histoire excellente, Silent Hill 2 vaut le détour, et mérite l'étiquette du meilleur de la série.

VERDICT

Avantages

- Un scénario exceptionnel
- Un grand nombre de fins
- Des finals grandioses
- Réalisation excellente
- Bestiaire effrayant
- Ambiance très malsaine
- Bande son proche de la perfection
- Plutôt long
- Gameplay plus ergonomique
- Personnage plus léger
- Des personnages attachants
- De nombreux changements dans le jeu lorsque terminé une première fois
- Le meilleur épisode de la saga Silent Hill

Inconvénients

- Combats pas très bien pensés

Graphismes
4,5 étoiles
9.0 / 10
Si la Playstation 2 évolua après la sortie de Silent Hill 2, on peut dire qu'en 2001 le titre impressionnait par sa réalisation éblouissante. Outre une ville à la modélisation réussie et aux jeux de lumières plutôt jolis, le soft était pavé, en extérieur uniquement, de cette fameuse brume aveuglante, qui n'avait jusqu'alors jamais parue aussi vraisemblable et jolie. En plus de cela, les animations se veulent le plus réaliste possible, et les cinématiques ébahissent de beauté. Silent Hill 2 vieilli très bien.
Jouabilité
4,5 étoiles
8.5 / 10
Survival Horror était à une époque synonyme d'une certaine lourdeur dans le gameplay. Ce Silent Hill 2 n'y échappe guère, mais force est de constater que la recette marche mieux que dans l'opus précédent sur Playstation, et que les déplacements sont vites instinctifs. Reste un souci de rapidité durant les combats, mais on lui excusera, car ce titre n'a aucunement été pensé comme un jeu d'action.
Durée de vie
3,5 étoiles
7.0 / 10
Comptez une douzaine d'heures maximum pour terminer le jeu une première fois dans le mode de difficulté normal. Une fois arrivés aux crédits, une envie pressante de relancer une partie se fait sentir, dans un niveau de difficulté plus élevé. En somme, on ne se lasse pas de ce Silent Hill 2 qui, même s'il ne propose pas de véritable bonus en fin de jeu, est doté d'un potentiel de rejouabilité élevé, puisque pourvu d'un certain challenge, et surtout d'un grand nombre de fins très différentes, que l'on se plaira à découvrir une à une.
Bande Son
5 étoiles
9.5 / 10
On connaît tous ce grésillement de radio qui nous indique qu'un ennemi se terre non loin de nous. Flippant jusqu'au bout, ce son quasiment monocorde sera accompagné d'autres bruits d'ambiance, particulièrement réussit pour la grande majorité. En parallèle, quelques musiques d'ambiances ainsi que certains silences viendront rendre les phases d'exploration particulièrement angoissantes. Et pour se caler au plus près de la perfection auditive, Konami nous offre des doublages en anglais d'une excellente qualité, bien que souvent un peu mous, pour coller à l'ambiance globale.
Scénario
4,5 étoiles
8.5 / 10
Cet opus possède tout bonnement le meilleur scénario de toute la série. De nombreux intervenants auront un temps d'antenne plus ou moins long dans le jeu, et certains réussissent même à être attachants ou à nous toucher. James est de ceux qui arrivent, sans trop savoir pourquoi, à créer de l'empathie chez le joueur. Le nombre de fins, quasiment toutes intéressantes, est juste ahurissant.
Note Globale
4,5 étoiles
9.0 / 10
Silent Hill 2 est, sans exagération, l'épisode le plus réussit de toute la saga de Konami. Se plaçant historiquement à l'époque où le Survival Horror prenait son envol pour obtenir une place importante parmi les genres vidéo-ludiques, il possède une identité propre, se démarquant quelque peu de celle de son prédécesseur, qui lui confère un charme certain, et surtout un siège de choix au dessus des jeux vidéo jouant dans sa catégorie. C'est un véritable « must have » que nous livrait en 2001 la firme nippone, ne faisant pas dans la demie mesure. Tout est réunit pour, cette année là, nous faire oublier les deux autres très gros Survival Horror de la machine, c'est à dire Resident Evil : Code : Veronica X et Alone in the Dark : The New Nightmare. De sa réalisation technique à sa bande sonore, en passant par son gameplay et son scénario bien plus abouti que ceux de tous les Survival Horror jusqu'à lui, ce Silent Hill 2 écrase sans scrupule la concurrence et présage un avenir radieux pour la saga qui engendrera un film et de nombreux épisodes.
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Commentaires

23 Nov. 2011 | 20h13


Yonnix
L'un des plus grands survival horror de tous les temps !

23 Nov. 2011 | 20h25


itokiry
Je confirme ;) De surcroît le meilleur Silent Hill :D
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