Au moins, ce que l'on ne pourra enlever au lancement de la Nintendo 3DS c'est une diversité dans les jeux proposés en day one. De la baston, de la plateforme, de l'infiltration, de la simulation... Et deux jeux de course automobile : Asphalt et Ridge Racer. Si le premier découle d'une licence pas très fameuse de Gameloft, ne présageant rien de bien captivant, le second fait au moins partie d'une série appréciée pour l'amusement qu'elle procure, puisque donnant dans l'arcade pur et dur. On se doute que Ridge Racer 3D ne sera pas en tête de liste des jeux à posséder de la console, mais il a sans doute le mérite d'être assez amusant pour occuper quelques soirées mornes ou voyages à longue durée.
Auto-stéréoscopie

La grande question le jour même de la sortie de la console était en rapport à l'effet de profondeur que propose la
Nintendo 3DS, autrement appelée
3D auto-stéréoscopique. Le résultat va-t-il être à la hauteur des espérances ? Cela ne va-t-il pas faire trop mal aux yeux au bout de quelques dizaines de minute de jeu ? Et enfin, la meilleure d'entre toutes, et celle qui n'a toujours pas trouvé de réponse précise : A quoi sert cet effet en jeu ? Si l'on peut lui attribuer du crédit lorsqu'il permet une meilleure appréciation des distances comme dans
Pilotwings Resort, on ne peut toutefois pas vraiment lui trouver un réel intérêt en dehors de cela. Et le problème, c'est que le 25 mars 2011 cela se ressentait dans la gamme de jeux proposés !
Street Fighter s'en sortait plutôt bien,
Pilotwings aussi, mais tout le reste ne proposait rien de bien convaincant. Et dans « tout le reste » j'inclue bien évidemment ce
Ridge Racer 3D qui aurait largement pu faire mieux. L'impression de vitesse n'étant pas vraiment appréciable, puisque quasiment inexistante, on s'attendait forcément à ce que le titre en jette plus une fois le curseur 3D poussé au maximum. C'est le cas, mais cela se mesure très faiblement. De surcroît, lorsque l'on joue à un jeu de course on a parfois tendance à tourner légèrement la console par reflex (en voilà un reflex complètement idiot!) et par conséquent à voir l'écran se flouter, puisque, bien sûr,
Nintendo a réalisé un travail approximatif sur la console, et il faut la tenir bien droite pour que la magie opère. On remarquera toutefois les efforts faits pour rendre cette 3D intéressantes, avec quelques effets d'eau, de poussière ou d'étincelles qui viennent se cogner contre l'écran.

Mis à part cette relative déception malgré les efforts fournis, au sujet de cette fonctionnalité ne surfant que sur la vague 3D de ces dernières années pour vendre, on ne peut pas reprocher grand chose techniquement à
Ridge Racer 3D. Mais cela ne signifie pas pour autant qu'il est parfait, c'est d'ailleurs loin d'être le cas. Les véhicules sont plutôt réussis, et les effets de lumière sur leur carrosserie, même s'ils sont quelque peu risibles par moments à cause d'une forte pixellisation, sont sympathiques. Les circuits sont un peu bateau, pas très inventifs, mais l'effet de profondeur leur donnera un léger relief assez appréciable. Par contre, les arrières plans sont bien souvent immondes, très pixelisés et donnent l'impression d'être d'un autre temps. Enfin, il sera possible d'observer les voitures sous toutes les coutures, ce qui, je vous l'accorde n'a pas beaucoup d'intérêt pour le commun des mortels, mais peut amuser le fanatique de la mécanique.
Ridge Racer 3D est toutefois surprenant dans sa bande sonore, car outre des bruitages répétitifs et un peu trop bruyants, il propose un très grand nombre de morceaux de genres plus ou moins différents. Six CD de cinq thèmes chacun, allant du rock qui a la pêche à l'électro/techno un poil bourrin. Certes, cela paraît très anecdotique, mais au contraire c'est une des forces du jeu. Il a le mérite de ne pas nous lasser musicalement, en étant varié.
Dérapages et contre braquages !
Ridge Racer est l'exemple parfait de la licence construite sur des mécanismes de conduite simples mais efficaces, qui font sa force. Bien sûr, ils sont très arcades, et en théorie ils ont la pêche... Enfin en théorie seulement, car dans la pratique il s'avère que
Ridge Racer 3D est un peu mou, même une fois que l'on joue dans les niveaux experts avec des voitures allant extrêmement vite. C'est l'un de ses plus gros défauts, et on comprend pourquoi, car une course dans ce type de jeu (comme dans les autres) n'est pas supposée nous endormir. Et pour ce qui est des mécanismes, ils ne sont pas difficiles d'accès, effectivement, mais s'avèrent quelque peu redondants, puisque tout le jeu est construit autour. Le premier est le dérapage, qu'il faudra maîtriser à la perfection pour arriver au bout du mode solo. Plusieurs méthodes seront disponibles pour déraper, comme appuyer sur le bouton de frein ou relâcher l'accélérateur, et tout ceci est réglable directement avant la course ou dans le garage pour chacune des voitures. Et ici on tient l'un des points forts du titre : le nombre effarant de réglages et d'options. Rarement dans un jeu de course arcade on a autant vu de moyens de personnaliser sa conduite, et à vrai dire c'est assez jouissif que de pouvoir paramétrer tout de A à Z, du dérapage à la nitro. De plus, on constatera de réelles différences en fonction des choix que l'on effectuera pour chacune des voitures, dont le nombre est correct sans être exceptionnel.

Les circuits sont plus ou moins adaptés aux dérapages, et parfois on pestera devant leur grande exigence. Il faut souvent anticiper un virage et avoir un très bon timing pour réussir à le passer parfaitement sans se vautrer lamentablement. Le jeu est doté d'une difficulté progressive, mais devient très vite aussi exigent que ses parcours, ce qui rebutera le néophyte dès la seconde vague de niveaux dans le mode carrière. Pour arriver au bout il faudra bien s'accrocher. Heureusement d'ailleurs, car si le menu principal donne l'impression d'être bien rempli, il s'avère en réalité que le jeu est assez court et manque de contenu. De plus, s'il est doté d'un multijoueur à quatre en local, ce
Ridge Racer n'a point eu droit à quelconque amusement en ligne. Dommage !! Pour arriver au bout du mode solo, en ligne droite, il faudra environ huit à dix heures, tandis que si vous vous acharnez et voulez gagner chacun des championnats, il faudra quelques heures de plus. Mais on n'a vite plus envie de se taper chacun d'eux si cela ne nous fait pas avancer plus que cela, car le principe ne changeant pas du tout et le faible nombre de circuits ennuie bien vite. Au final, ce
Ridge Racer perd assez vite tout intérêt ludique, car le joueur est agacé de voir tout le temps les mêmes décors et d'effectuer tout le temps les mêmes actions.