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Resident Evil

Console : PSone
Éditeur : Capcom
Développeur : Capcom
Date de sortie : 1996
Multijoueurs : non
Public : 16 ans et +

Note des membres
6 votes (4.42 / 5)
Posté le Mercredi 05 Décembre 2012 par itokiry
Si je vous dis : Zombies ! Alors vous hurlez sans aucun doute à la mort : Resident Evil !! Non ?.. S'il est une série vidéoludique qui a démocratisé les goules, alors c'est bien celle-ci, et c'est certainement l'une des raisons qui fait de son premier opus un jeu mythique. De même que l'aide énorme qu'il apporta à la démocratisation mondiale du Survival Horror, qui ne connaît pas un franc et abondant succès auparavant. Difficile de faire un bon en arrière en replongeant dans les années Playstation et le premier opus de la saga, seize ans après sa sortie. D'autant qu'il y a peu, c'était tout de même le sixième qui enflammait les rayons HD, dans un registre totalement différent. Finalement pas si désagréable de se remémorer les années lointaines de Capcom et son plus beau bébé, époque révolue et regrettée qui ne laissait pas imaginer si facilement un avenir si action...

Tout en finesse



Resident Evil c'est un univers particulier, une construction qui l'est tout autant, et un mélange de divers médias qui ne semblent alors pas si proches qu'on le constate aujourd'hui. Cinéma et jeu vidéo n'étaient alors que deux lointains cousins qui, ici, se marient pour obtenir une crème totalement innovante et d'une fraîcheur exaltante ! C'est à dire que le film influence directement l'art ludique, notamment en ce qui concerne l'apparition étrange d'acteurs dans la cinématique de départ, et celles de fin. Inconnues au bataillon, ces têtes qui ont pourtant marqué une génération de gamers ont certes l'air ridicules dans leur tenues ringardes à souhait, mais apportent un cachet inégalable à ce premier épisode. Qu'on l'aime ou pas, l'introduction en noir et blanc des plus risibles annonce tout de même clairement la couleur avec ses effets de caméra très typés films de genres (et nanar pendant qu'on y est). Les effets spéciaux sont aussi de la partie, avec quelques tirs dans le sol par exemple, de quoi épater Steven Spielberg... Enfin on se moque, mais pour l'époque l'ensemble luis d'une aura nouvelle, annonçant un vent violent sur le monde du jeu vidéo qui ne lui fera pas de mal. S'ancrer dans des mécanismes trop mous et carrés tels que ceux rythmant Alone in the Dark en 1996 n'était certes pas déplaisant, mais force est de constater que l'innovation a ici du bon !

Les personnalités que ce premier épisode installe lui forgent la propre sienne, et se révèlent très intéressantes malgré quelques clichés qui sautent aujourd'hui aux yeux. Jill Valentine et Chris Redfield, les deux protagonistes dont on peut décider lequel sera jouable, semblent tous deux tirés d'un film de Vandame, au même titre que ce bon vieux Albert Wesker et son collègue Barry Burton. Les années 90 et leurs modes étranges, peut-être à l'époque les cheveux gominés faisaient rêver les jeunes filles, allez savoir ! Toujours est-il que les looks de nos petits personnages de pixels ne font pas particulièrement envie, même celui du blond ténébreux (WTF ?!). Pour autant, ils collent parfaitement avec l'ambiance posée, de même qu'avec leurs rôle et le scénario. Tiens, parlons en d'ailleurs de celui là ! Elle fait débat aujourd'hui l'histoire des Resident Evil, car à n'en point douter elle n'a plus rien d'intéressant. Celle du six... N'en parlons pas ! Ici on n'ira pas jusqu'à dire que tout était rose, loin de là même, mais on constatera que les années n'ont rien arrangé à des défauts d'origine qu'on retrouvera par la suite. Comme par exemple ce côté cheap, seconde zone, qui ne déplaît finalement pas, tant il offre à la série un cachet inimitable. Dans l'ensemble, le cauchemar des S.T.A.R.S. qui s'aventurent dans le manoir n'est pas inintéressant, parfois même captivant, mais les différentes fins et les embranchements multiples y sont pour beaucoup.

Marquant à bien des égards



Comme pour un Final Fantasy par exemple, série aussi marquante sur Playstation première, il ne faut pas s'attarder sur l'aspect technique pur de ce Resident Evil, quoique impressionnant, mais plutôt sur ses choix artistiques. Car les personnages ont beau être en 3D, ils évoluent dans un environnement pré-calculé de tableaux magnifiques et colorés. Chaque pièce est d'une beauté effarante, le détail n'étant pas restreint puisque tout étant dessiné de base et que rien n'est plus à définir une fois la partie lancée. De surcroît le jeu est découpé en trois parties bien distinctes aux designs bien éloignés, ce qui lui offre un perpétuel renouvellement très appréciable. Dommage par contre que la dernière soit un poil moins variée et un peu trop terne, cela émèche l'ambiance globale pourtant sympathique. Cependant, à l'instar de la série de RPG nippone citée plus haut, il faut avouer ici que l'incrustation des personnages dans ces décors ne se fait pas d'une manière particulièrement plaisante, le pixel ne se fondant pas à la perfection dans l'environnement. Les effusions de sang choquent aussi par leur aspect carré très prononcé, mais c'est juste avant que l'année de sortie nous revienne en tête : 1996 ! Rien de moche dans ce cas, ni de particulièrement remarquable non plus sur le plan technique (quoique le jeu s'en tire très bien), mis à part quelques cinématiques véritablement impressionnantes de finesse.

Dans l'ensemble, les prises de position de la caméra et la façon dont le jeu se construit visuellement restent aussi très cinématographiques dans l'idée. Certains plans ne sont pas sans rappeler des scènes de films de genre, et il arrive aussi que des passages nous fassent clairement penser à ces mêmes œuvres puisqu'en réempruntant tous les codes, de belle manière de surcroît ! Peu de jeu peuvent se targuer d'être en si belle osmose avec le septième art à l'heure actuelle, alors imaginez un peu l'avant-gardisme de cet épisode ! Sans doute exagéré de le voir ainsi, idolâtré, mais tout de même on est en face de quelque chose se voulant à l'époque novateur et l'est totalement. Dommage que les doublages n'aient pas suivi cette voie, allant plus vers le nanar navet (pléonasme) que vers le cinéma de genre réussi, avec une inexpressivité sans pareille et des plus risibles. À l'époque on ne fait pas la fine bouche, rares sont les titres pourvus de dialogues doublés, mais tout de même force est de constater que les acteurs sont aussi crédibles qu'un violeur cul de jatte ! Les musiques font cependant forte impression. Elles ont certes une fâcheuse tendance à tourner en rond assez vite, mais clairement elles instaurent un climat de tension et d'angoisse des plus réussis, et contribuent à ce que l'ambiance soit si particulière et plaisante. Encore aujourd'hui, les morceaux inscrits sur le CD sont merveilleux et d'une beauté certaine.

Le Survival old school, du passé comme son nom l'indique !



Il est loin le temps où le Survival ressemblait à ça, c'est à dire à un personnage ultra rigide qui bouge lentement et maladroitement aux pressions effrénées des touches directionnelles rustiques... Dit de cette façon cela semble une bonne chose que Dead Space ait remplacé ce type de jeu, mais il est encore une communauté qui regrette le bon vieux temps, les années Playstation, et évidemment ce Resident Evil avec toutes ses mécaniques oubliées. Si les protagonistes, Jill et Chris, sont bel et bien très rigides, voire lents de surcroît, cette façon de se déplacer n'était pas tant un défaut puisqu'obligeant le joueur à calculer ses trajectoires. Cela augmente grandement la tension et l'angoisse qui règnent durant toute l'aventure, car on a vite fait de s'emmêler les pinceaux et de finir mordu sans le vouloir (qui le voudrait ?!). Et pour les plus gros réfractaires, l'habitude vient vite. Sa construction plus ou moins ouverte se révèle encore aujourd'hui particulièrement plaisante. Elle permet de choisir son chemin dès le début, quoiqu'il n'y en ai pas beaucoup, nombre de portes étant fermées. La progression se fait donc aussi simplement que cela : on cherche des clés et on avance. Pas un défaut en soi, car il n'est pas compliqué de trouver où aller malgré la bonne taille du manoir et ses alentours accessibles, et cela permet une linéarité qui n'est finalement pas déplaisante. La mise en scène n'en est que plus captivante, certes scriptée, mais ne débandant pas d'un pouce du début à la fin.

Le plus gros point fort de ce Resident Evil, outre sa capacité innée à imposer son climat d'angoisse et de stress exceptionnel, est sa grande faculté de rejouabilité. Refaire l'aventure en essayant de jouer au mieux, au plus vite, ou les deux est sans doute le reflex qui a animé tout ceux qui se sont donné la peine d'aller jusqu'au bout. Mais il n'y a pas que cela, car selon le personnage que vous choisissez, alors l'aventure est totalement différente. Plus difficile avec Chris, mais aussi plus longue et intéressante ; mieux vaut bien réfléchir dès le début à ce que l'on attend d'un jeu vidéo plutôt que de choisir bêtement le bonhomme qui paraît plus costaud et résistant. Bref, tout ça pour dire que c'est véritablement un soulagement de constater cela lorsque l'on connaît la durée moyenne d'une partie, entre cinq et huit heures selon le niveau de chacun. Prendre son temps est conseillé, grappiller tout ce qui peut l'être, et surtout ne pas aller chercher d'astuces sur le net (dans les magasines à l'époque !), sous peine de se gâcher tout ! D'autant que les énigmes disséminées dans l'aventure n'ont rien de bien compliqué, toutes assez basiques, se résumant souvent à l'utilisation d'un objet ou à la disposition de statues. Dommage dans un certain sens, car la difficulté et l'intérêt en pâtissent.

VERDICT

Avantages

- Angoissant
- Jolis environnements
- Magnifique musique
- Doublages... existants !
- Immersif
- Un bon Survival au gameplay old school comme on en fait plus...

Inconvénients

… mais un poil rustique toutefois
- Trop court
- Incrustation de la 3D moyenne à certains égards

Graphismes
4 étoiles
8.0 / 10
Techniquement parlant, Resident Evil n'était peut-être au top level lors de sa sortie, mais il n'avait pas à rougir non plus. On l'adulera surtout pour la beauté de ses environnement fixes, magnifiquement dessinés, contrastant certes un peu avec les personnages et quelques objets incrustés en 3D.
Jouabilité
4 étoiles
8.0 / 10
Rustique certes, mais diablement efficace. Seul réel reproche possible, hormis une construction un poil linéaire, la banalité de ses énigmes qui se résument souvent à trouver un objet ou à pousser une statue.
Durée de vie
3 étoiles
6.0 / 10
Finir l'aventure d'une traite avec un des deux personnages jouables de base demandera entre cinq et huit heures de jeu. C'est assez court, mais heureusement l'envie de refaire une partie avec un autre personnage ou dans une optique de perfection est présente dès la cinématique de fin.
Bande Son
4,5 étoiles
9.0 / 10
Les doublages sont vraiment kitch, mais au moins ils sont là ! Musicalement parlant, le titre impose une angoisse et une tension inimitables, encore aujourd'hui palpables et appréciables.
Scénario
3,5 étoiles
7.0 / 10
Mythique pour certains, kitch pour d'autres, les avis sont partagés. Il est vrai que dans le fond l'histoire de ce premier opus est aussi plate qu'une Raie Manta, mais elle a pour elle sa mise en scène très cinématographique et immersive.
Note Globale
4 étoiles
8.0 / 10
Bien qu'imparfait, Resident Evil est l'un des meilleurs Survival Horror de la Playstation, et sans nul doute l'un des plus appréciés de la série. Premier épisode et loin d'être le dernier, il pose les bases solides de ce que Capcom construira par la suite, permettant à la fois une ouverture sur le scénario et l'envie croissante de connaître la suite. Enfin il fait parti des indispensables de la première console de salon de Sony, se devant de figurer dans toute ludothèque qui se respecte.
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