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Resident Evil 0

Console : GameCube
Éditeur : Capcom
Développeur : Capcom
Date de sortie : 6 Mars 2003
Multijoueurs : non
Public : 16 ans et +

Note des membres
6 votes (3.33 / 5)
Posté le Mardi 01 Novembre 2011 par itokiry
Parmi la longue, que dis-je, la très longue liste des Resident Evil, peu se targuent d'avoir inventé quelque chose, comme un mécanisme de gameplay. Il y a le numéro quatre, bien évidemment, avec son inédit tir à la troisième personne, et en dehors de celui-ci les grosses innovations ne sont pas forcément flagrantes... Oh, mais attendez, si ! Il y a bien sûr l'opus Zéro, prémisse de l'histoire originelle ! Ce dernier se vantait en effet à l'époque de sa sortie d'avoir « inventé » un système de coopération entre deux personnages, pouvant être joués tous les deux. Ce n'est certainement pas très clair formulé comme ça, mais rassurez vous, ce test est là pour éclaircir les zones d'ombre planant autour de ce jeu pour lequel les avis étaient, et restent, mitigés. Suivez le guide !


Avant la Gamecube


Même si, pour beaucoup, le meilleur épisode de la saga est, et restera, le remake du premier opus sur Gamecube, sobrement intitulé Resident Evil, certains nostalgiques affirment, peut-être avec raison, que l'âge d'or de la série de Capcom s'est éteint avec la Playstation. C'est d'ailleurs à cette époque aimée du jeu vidéo que devait initialement sortir Resident Evil Zéro, sur une console que l'on regarde aujourd'hui avec la fibre nostalgique vibrante : la Nintendo 64. Aussi étrange que cela puisse paraître, c'est la plus pure vérité, même si cette sortie fut annulée pour des raisons obscures. La suite, on la connaît tous, ce titre fera partie de la gamme de jeux Gamecube et se vendra très bien, puisqu'affublé d'un « Resident Evil » accrocheur. Mais à bien regarder les screens de la version 64, et le soft concret tourner, quelque chose saute aux yeux. C'est le même jeu, doté des mêmes environnements, des mêmes angles de caméra, des mêmes personnages et du même bestiaire, mais la différence de puissance entre la Gamecube et la 64 a engendré quelque chose de très positif : une refonte graphique ! Évidemment, monsieur Capcom, même si roi du recyclage avoué, n'aurait pas balancé sur le cher cube de Nintendo un jeu visuellement largement dépassé (enfin pas sans le lifter un peu quoi). Et par dessus le marché, le moteur utilisé est celui du remake Resident Evil, soit un épisode incroyablement beau vieillissant très bien, aux effets de lumières à l'apogée de la magnificence à l'époque de sa sortie. Proche de la perfection sur le plan technique et visuel (mais pas que), s'il n'avait pas pu transmettre une partie de son charme et de sa beauté à cette prémisse, elle aurait sans doute revêtue un intérêt moindre.

Du coup, avec ce lifting bienvenu, le titre gagne une prestance impressionnante, pour un résultat visuel une seconde fois hors du commun. On passe de décors léchés flamboyants de couleurs, aux teintes un peu kitsch, à des plans toujours aussi fixes (bien que la caméra suive parfois l'avancée du personnage) mais bien plus tendances, jolis et sombres. Aux ordures les tapisseries rouges, oranges et jaunes pétantes, et bonjour aux couloirs glauques aux odeurs pas fameuses, refermant une peur plus puissante, moins timide. Les effets de lumière sont toujours aussi magnifiques, et constituent à eux seuls une véritable prouesse technique pour la Gamecube, avec leurs reflets et autres ombres qui laissaient sans voix les plus impressionnables des joueurs. Bien entendu, Capcom n'a pas pris le soin d'innover en termes de graphiques, puisque le moteur de Resident Evil était toujours ancré dans l'actualité. Du coup, mis à part quelques décors mouvants en début de jeu, dans le train en marche, rien de nouveau à signaler de ce côté. Les animations des personnages comme du bestiaire sont restées exactement les mêmes, avec les mêmes lourdeurs et les mêmes tics. Ce qui peut choquer par contre, c'est que malgré que le moteur soit resté le même, les décors sont moins plaisants. Il n'en retourne évidemment pas de ce dernier qui rempli son rôle admirablement, mais plutôt du manque d'inspiration des Game Designers, qui ont sût rendre les environnements cohérents entre eux, mais pas aussi variés dans leurs ambiances que par le passé. De plus, la construction des niveaux est elle aussi moins inspirée, plus linéaire et moins espacée que pouvait l'être celle de Resident Evil, ce qui en soit déçois après cette mythique claque vidéo ludique.


Mangez moi !


On ne change pas une équipe qui gagne, et évidemment Capcom le sait mieux que quiconque, lui le roi du recyclage dans le milieu du jeu vidéo. Ce qui signifie, en plus clair, que le principe n'a pas changé depuis le précédent opus : il s'agit une fois de plus d'un Survival Horror basique, avec son lot de bébêtes peu accueillantes et ses énigmes moyennement intéressantes. Mais ne voyez pas à travers le mot « basique » une expression signifiant que le jeu en lui même est totalement identique au précédent, utilisant la même recette au gramme près. Affirmer cela serait insulter le remake du premier opus. Comme vous le savez sûrement, ce Resident Evil Zéro introduit un élément de gameplay nouveau dans la série, sensé rajouter un intérêt ludique à l'aventure horrifique, je veux bien sûr parler de la coopération. Ne vous emballez pas trop non plus, on ne parle pas d'une collaboration entre deux personnages joueurs. Non, ce serait trop beau. Il s'agit juste d'un système permettant de changer de personnage à tout moment. D'un œil contemporain, cette « innovation » n'est ni plus ni moins qu'une tentative de redonner vie à une série ne manquant pas de souffle, en l'axant plus grand public que par le passé, cela apportant de surcroît une trop grande facilité au titre. Le but sera évidemment de résoudre des énigmes en se servant des deux, Billy et Rebecca, mais le fait est qu'à la seconde même où l'on pose le doigt sur le bouton de switch on sait que quelque chose cloche. On change, pour se retrouver dans la peau du beau brun ténébreux tatoué, mais rien. Pas d'excitation, pas de changement de prise en main... Cette nouveauté ne servira donc qu'à résoudre des énigmes encore plus simplettes que par le passé... Génial !

Restons d'ailleurs dans le pessimisme avec THE défaut du jeu : l'absence de coffre. Vous vous souvenez forcément si vous avez joué à un opus antérieur à celui-ci, que des coffres étaient disséminés aux quatre coins du jeu. Leur but était simple : nous débarrasser de tous les objets inutiles, ou que l'on savait utile mais pas dans l'immédiat. Et comme le jeu vidéo est bien fait (contrairement à la nature), ces mêmes coffres étaient reliés par une sorte de fil magique et invisible, qui permettait de retrouver dans n'importe lequel d'entre eux le bazar qu'on avait laissé dans un autre. Avec la nouvelle possibilité de switcher entre les deux personnages, les développeurs ont cru bon de supprimer ce poncif essentiel à tout bon Resident Evil old school. Logique dans leur tête, puisqu'il suffit de s'échanger des objets entre camarades. Et lorsque l'on a plus de place, ce qui arrive fréquemment, on a qu'à poser à terre et revenir chercher plus tard... Sauf que faire ça sans arrêt pendant les cinq heures que dure le mode principal c'est juste horripilant. On s'arracherait presque les cheveux à force de faire des allés et retours dans les environnements labyrinthiques du titre qui nous perd parfois malgré la présence d'une carte et la linéarité des environnements. Sinon, mis à part ce détail crucial pour la santé mentale de ceux qui veulent s'essayer au jeu, la maniabilité n'a pas changé depuis Resident Evil, ce qui signifie que les deux protagonistes sont assez lourds, mais qu'une fois bien en main on n'a plus aucun mal à les diriger. On dénotera seulement de nouvelles armes (très rares), ainsi que la possibilité de « customiser » certaines d'entre elles (sous-exploité).

De la chair fraîche ?



Oui, en quelque sorte on peut dire que cet opus apporte son lot de chair fraîche, mis à part le nouveau système de switch controversé. On a droit à plusieurs personnages tout nouveaux, dont Billy Coen, le second protagoniste, prisonnier en fuite, ou le grand méchant boss de fin effrayant dans ses débuts, et presque transparent par son manque de charisme à la fin du jeu. Mais le gros du gros, c'était surtout les promesses de révélations poignantes au sujet d'Umbrella Corporation et autres facteurs des infections de morts vivants décrites dans les épisodes chronologiquement futurs. Malheureusement, là encore Capcom a produit un contenu certes « nouveau », mais loin d'égaler l'éloge pas modeste pour un sous qu'il en faisait. En bref, Resident Evil Zéro nous fait incarner Rebecca Chambers, membre des S.T.A.R.S. et médecin dans son équipe de gros bras qui se sépare au début du jeu pour retrouver un certain Billy Coen, prisonnier militaire transféré vers une prison militaire et désormais en fuite. En cherchant, la jeune femme découvre un train à l'arrêt qui semble abandonné dans la nuit. Comme elle a du temps à perde (a moins que ce soit parce qu'elle trouve plausible que Billy se soit caché dedans), elle rentre dans ce train avec la ferme intention d'en ressortir ce soit disant tueur de sang froid. Mais évidemment, les choses ne se passent pas comme prévu. Le train est rempli de morts qui se mettent peu à peu à prendre vie autour d'elle, et une fois qu'elle est arrivée à ses fins, elle est obligée de s'allier avec l'homme qu'elle devait ramener en cellule pour survivre et se sortir de ce cauchemar.

Si cette histoire manque de quelque chose, c'est sûrement d'intérêt. En effet, on attend tout le long des cinq interminables heures que dure Resident Evil Zéro en mode normal que l'on nous fasse des aveux ou des déclarations changeant à jamais notre vision du monde imaginé par Capcom, mais rien. Les fameuses révélations qui nous ont tant fait saliver n'étaient en fait que de purs mensonges, on aura beau les chercher, les trouver est irréalisable. Enfin n'exagérons rien non plus... Il y a effectivement quelques informations qui nous sont dévoilées... Mais de un : on n'en a que faire ; et de deux : elles sont mal amenées. De plus, l'aventure n'est pas aussi prenante que celle de Resident Evil, et nous perd dans des explications de faits dont on se contrefiche éperdument, ainsi que dans des bons sentiments répugnants de manque de cohérence avec l'univers horrifique de la saga. L'histoire originelle n'avait pas pour but premier d'être crédible, mais celle-ci bat des records, ce qui la rend encore moins intéressante. La mise en scène a aussi subi des changements qui n'ont pas lieu d'être, afin de rendre certaines séquences plus touchantes (façon de parler hein!). Et encore une fois, c'est une mauvaise pioche pour Capcom qui enterre encore un peu plus cet opus déjà pas sur le haut du panier. Et pour l'achever dignement, rappelons juste que la difficulté est complètement dérisoire dans cet opus, qui se terminera bien trop vite, et que l'on n'aura aucunement envie de remettre les mains dessus une fois les crédits visionnés, malgré la présence d'un mode à débloquer (Leech Hunter, sans intérêt lui aussi).

VERDICT

Avantages

- C'est du Resident Evil
- L'univers historique est un peu agrandi
- Peu de Survival Horror sur Gamecube
- Très beau
- Bons doublages

Inconvénients

- Histoire manquant d'intérêt
- Les grosses révélations ne sont pas là
- Prise en main difficile
- Level Design peu inspiré
- Personnages mous
- Gameplay mou
- Durée de vie courte
- Mode bonus inintéressant
- Système de coop mal pensé
- Plus de coffres
- Manque de challenge

Graphismes
4,5 étoiles
8.5 / 10
Si le moteur rempli admirablement son contrat, tout comme c'était le cas dans Resident Evil sur le même support, les environnements sont toutefois moins délicieux et dotés d'une construction peu intelligente. Reste des animations un peu lourdes mais suffisantes, et des effets de lumières éblouissants encore des années après.
Jouabilité
3,5 étoiles
6.5 / 10
Les néophytes devront apprivoiser les déplacements difficiles et lourds des personnages, mais une fois assimilés aucun réel problème ne subsiste. Par contre, on se demande pourquoi les coffres ont disparu et pourquoi Capcom s'est borné à nous pondre un système de coopération plus inadapté pour le Survival Horror qu'un sparadrap pour une migraine.
Durée de vie
3 étoiles
5.5 / 10
Il ne vous faudra pas plus de cinq à six heures en mode normal pour terminer le jeu, ce qui s'avère être plus court que les précédents opus. La faute à des énigmes simplettes et à une difficulté globale revue à la baisse. Un conseil : ne choisissez surtout pas le mode Facile, vous risquez de vous ennuyer à cause du fort manque de challenge.
Bande Son
4 étoiles
7.5 / 10
Bien évidemment, puisque nous sommes dans un Resident Evil, les doublages sont excellents, bien qu'assez caricaturaux. Ils remplissent leur contrat à la lettre près, tout comme les musiques, plutôt timides et pas transcendantes. Les bruitages sont malheureusement un poil moins réussis, avec notamment les coups de feu qui manquent encore de crédibilité.
Scénario
2 étoiles
4.0 / 10
Ok, l'histoire dans les Resident Evil n'a jamais été des plus fameuses. Mais l'univers construit autour d'Umbrella et de quelques protagonistes déchaîne encore aujourd'hui les foules, et les fans attendaient réellement de cet opus une qualité scénaristique éprouvante... Malheureusement, les promesses de « grosses révélations » n'ont pas été réellement tenues, ce qui signifie que l'on se retrouve avec une trame pas très intéressante et n'apportant pas grand chose à l'univers.
Note Globale
3,5 étoiles
6.5 / 10
On nous avait tant promis au sujet de ce Resident Evil Zéro, tant de révélations et un système de coopération entre les deux personnages des plus intéressants, que la chute en est vertigineuse. Rien de tout cela ne viendra en effet titiller nos sens durant les cinq à six heures que dure le mode principal, manquant du petit quelque chose qui avait fait du remake du premier opus, lui aussi sur Gamecube, un jeu extraordinaire. Au final, la coopération est des plus basiques, ne correspondant pas vraiment à l'image de Survival Horror qu'avait jadis la saga, et surtout ce point comme l'absence de challenge dans les énigmes rendent le soft beaucoup trop facile. De plus, la trame inintéressante ne cache pas de mise en scène exaltante, cette dernière étant des plus flasques. C'est en effet une véritable promenade digestive que l'on nous propose là, avec son lot de bancs pour s'asseoir et surtout une marche molle. Bref, cet opus est à réserver uniquement aux inconditionnels de la saga de Capcom, ne loupant pas un épisode. Les autres, outre le fait que, s'ils ne connaissent pas bien l'univers, ils risquent de ne pas saisir toute l'histoire et les allusions aux autres Resident Evil (pourtant simplettes), les pauvres n'y trouveront aucun intérêt ludique.
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