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Okamiden

Console : Nintendo DS
Éditeur : Capcom
Développeur : Capcom
Date de sortie : 18 mars 2011
Multijoueurs : non
Public : 12 ans et +

Note des membres
2 votes (4.25 / 5)
Posté le Lundi 21 Mars 2011 par enihprom
Parfois, il y a des titres qui restent à jamais gravés dans la tête des joueurs. Okami en fait indiscutablement parti. Sorti en début d’année 2007 sur le monolithe noir de Sony, le sublime titre de Clover, devenu aujourd’hui Platinum Games, avait connu un succès d’estime impressionnant. Toute la presse spécialisée de l’époque c’était mis d’accord sur le fait que ce jeu, c’est sûrement ce que le jeu vidéo a de meilleur à nous offrir. Poétique, enchanteur, magnifique, tant sur la beauté extérieure qu’intérieure, et bien d’autres encore, Okami n’a pas rencontré le succès commercial escompté. Pourtant, Capcom, l’éditeur, a donné une seconde chance aux joueurs en confiant au studio Ready At Down les rennes d’un portage sur la Nintendo Wii, console populaire s’il en est. Décidemment, le sort s’acharne sur le soft qui, une fois n’est pas coutume, ne fit pas le bonheur financier des producteurs. Pas découragé pour autant, Capcom, toujours l’actuel détenteur des droits d’exploitation de la licence, met en chantier une séquelle nommée Okamiden. Exclusive à la vieillissante Nintendo DS, cette suite est sans doute un moyen pour les hommes en costard de la société nippone de tâter un peu le terrain. Si Okamiden marche, Okami 2 verra sûrement le jour. Alors, la vraie question n’est pas de savoir s’il faut craquer pour le jeu, mais plutôt s’il a les épaules assez solides pour supporter le lourd poids de son aîné.

Avant toute chose, il y a un point que j’aimerai bien éclaircir. Peut-être la part de subjectivité de ce test, mais il faut bien que ça sorte à un moment ou à un autre, donc autant prendre les devants. Bref, Capcom veut que le titre marche commercialement pour qu’une hypothétique « véritable » suite à Okami voit le jour. Jusque là, tout va bien, et on ne peut qu’encourager l’initiative. Seulement voilà. Pourquoi il faut toujours qu’il y ait quelque chose qui vienne ternir le tableau ? Le jeu, dans sa version française, n’est pas traduit dans la langue de Molière. Certes, ce n’est pas une nouveauté puisque la nouvelle a été relayée depuis un bout de temps déjà, mais à partir de là, un paradoxe énorme naît : l’éditeur veut que le soft marche, mais ne s’en donne pas non plus les moyens. Je n’ai pas de soucis particuliers avec l’anglais que je maitrise assez bien pour finir le jeu sans difficulté de compréhension, mais Capcom ferme l’univers d’Okami à bon nombre de joueurs Français anglophobes ou ne maitrisant pas spécialement la langue de Shakespeare. Et pourtant, beaucoup d’entre eux aimeraient bien goûter au plaisir ludique de ce jeu culte s’il en est en commençant par la version Nintendo DS, faute d’avoir trouvé la version PS2 ou Wii d’Okami. Voilà, petit « billet d’humeur » pour vous dire que si vous comprenez l’anglais, ne vous privez surtout pas d’un tel titre.

La DS ? Sérieusement ?


Finalement, le plus improbable n’était pas de voir arriver une séquelle à Okami car, même si les chances que la saga soit relancée étaient infimes, les gamers avaient envie d’y croire. Et les plus fans d’entre nous y croyaient dur comme fer. Donc pour eux, ça ne faisait aucun doute qu’une œuvre de l’ampleur d’Okami ne puisse être laissée à l’abandon tel un cadavre putride dans les cartons de Capcom. Non, le plus « bizarre », c’est que le come-back de la série se fasse sur Nintendo DS. S’il n’y avait aucune chance de la voir arriver sur console de salon haute définition ou sur la quasiment décédée PlayStation 2, on aurait bien vu la suite spirituelle d’Okami débarquée sur la Nintendo Wii. Déjà parce que le portage du premier opus avait été réalisé sur cette même console et surtout parce qu’on ne voyait pas d’autre support capable d’encaisser sans rompre l’univers poétique japonais d’Okami. Donc imaginez un peu le scepticisme de certains joueurs quand l’annonce de la console arriva. Honnêtement, le doute était légitime. Voir arriver une série telle que celle-ci sur un support dont la réputation, fondée ou non fondée d’ailleurs, « for children » avait de quoi inquiéter quant à la qualité globale de cet Okamiden.

Et pourtant, vous pouvez d’ores et déjà ranger vos doutes au placard et le fermer à double tour puisque Capcom a trouvé la parade, l’unique moyen de mettre tout le monde d’accord. En effet, l’éditeur, au lieu d’avoir l’arrogance monstre de faire un portage bête et méchant qui aurait sans nul doute été bancal autant graphiquement que dans sa jouabilité, a simplement revu ses intentions à la baisse pour offrir à la DS un titre qui n’a certes pas l’ampleur de son prédécesseur, mais qui peut se targuer de proposer un univers au moins aussi enchanteur et poétique, renvoyant ainsi six pieds sous terre les Zelda et consorts du même support. Mais là où Capcom fait vraiment très fort, c’est qu’il arrive à faire cohabiter les fans de la série avec les novices. De fait, ceux qui ont fini 42 fois Okami premier du nom ne seront pas déboussolés par le titre et ceux qui y touchent pour la première fois, de près comme de loin, se retrouveront émerveillés par l’univers enchanteur proposé. Le point étant fait autour d’Okamiden, passons au titre en lui-même.

Toujours aussi enchanteur et poétique


Pour proposer un univers aussi fourni, les équipes de développement n’avaient pas d’autre choix que de proposer un moteur graphique extrêmement convaincant. Si nous avions eu quelques brouillons concernant la 3D cell-shadée sur DS, à l’image d’un Dragon Quest Monsters : Joker, nul doute qu’Okamiden le surpasse allègrement. Proposant du début à la fin des décors d’une rare intensité visuelle, seules quelques régions ont été tronquées pour le passage de la DS à la PS2. Même s’il n’est pas question ici de comparer les deux supports car, bien qu’à l’agonie, la PlayStation 2 reste tout de même plus puissante sur le papier que la modeste console portable de Nintendo, il est à noter que les différences graphiques entre les deux machines se font bien évidemment ressentir comme le clipping assez présent sur DS, mais ne sont pas si flagrante que l’on aurait pu le penser. Outre cet aspect purement graphique, les musiques proposées sont, au même titre que le visuel, d’excellentes factures. En référence constante avec le titre de Clover, les développeurs n’ont pas dénaturé les orchestrations réalisées pour ce dernier, rendant par la même occasion, un vibrant hommage aux musiciens d’Okami version PS2 durant toute l’aventure. Bref, tout a été mis en œuvre pour que les joueurs se sentent immédiatement chez eux dans l’univers Okamiesque.

D’ailleurs, l’histoire emprunte quelque peu au premier titre. Ce qui est logique après tout, puisqu’étant une suite directe, ou du moins spirituelle, Okamiden se devait de proposer une certaine continuité entre les deux titres. Ce que les scénaristes ont réussi à faire à la perfection en proposant comme personnage principal un louveteau Chibiterasu. Ce dernier, et accessoirement l’être que l’on contrôlera, a été envoyé sur Nippon pour y ramener la paix. En effet, le mal a encore frappé et a tout bonnement ôté la beauté des paysages. Kawaii à l’extrême, le petit Chibiterasu sera épaulé dans son honorable quête par cinq petits enfants, aussi mignons les un que les autres, qui possèderont chacun leur propre caractère. Vous devrez donc parcourir Nippon avec un bambin sur le dos tout en éradiquant le territoire des démons. Défaut ou qualité ? Honnêtement, les deux. Le côté trop mignon pourra en agacer certains tandis que le fait qu’ils aient chacun une personnalité bien ancré nous permet de s’y attacher plus facilement. Sur ce point-là, l’appréciation du scénario dépendra grandement de la sensibilité du joueur.

Le Pinceau est de retour !


Au niveau du gameplay, peu de différences sont à noter. Il sera toujours question de terminer des donjons, un peu à la manière d’un Zelda, en résolvant des énigmes et en combattant les forces du mal avec, en prime, le sempiternel boss de fin. Seulement, pour le différencier de la concurrence directe, le titre propose à nouveau l’utilisation d’un pinceau. Magique, ce dernier permet, à l’aide du stylet, de tracer divers dessins sur le pavé tactile de la console. De fait, vous pourrez redonner vie à certains paysages, comme des fleurs ou des arbres colorés selon le croquis que vous aurez effectué. Toutefois, n’espérez pas faire n’importe quel dessin dès le début du jeu puisqu’il faudra les débloquer. D’ailleurs, ce sont les petits marmots et non les divinités, qui vous les fourniront. Utilisable à l’extérieur, ils le seront également lors des phases de combats. Malgré tout, Chibiterasu pourra se défendre autrement grâce à trois armes qui pourront être upgradées par un marchand spécifique en échange de quelques pièces. Malheureusement, la diversité de l’arsenal n’empêche pas la redondance des combats qui est l’un des défauts majeurs d’Okamiden.

Jusqu’ici, on pourrait croire que le dernier-né de chez Capcom n’est pourvu d’aucun défaut, si ce n’est la répétitivité des affrontements. Eh bien non, détrompez-vous. Le jeu, comme tous les autres, possèdent des défauts et assez handicapants. Tout d’abord, support oblige, certaines options qui contribuaient à l’immersion dans Nippon sont passées à la trappe. Exit donc le cycle temporel, la pêche, la nage ou encore, le rapport privilégié avec les différents animaux. En effet, le côté exploration est réduit à sa plus simple expression, rendant ainsi l’aventure linéaire. Si ce n’est pas un drame en soi, la durée de vie en pâtit forcément. Sans les quêtes annexes, l’aventure principale peut grandement varier selon la vitesse, mais le constat tournerait plutôt vers la douzaine d’heures, ce qui fait bien peu. Ceci dit, les joueurs pourront bien évidemment se laisser entraîner par les missions secondaires, comme jouer les concierges pour les habitants de Nippon en allant récupérer leurs objets, auquel cas, la durée peut s’allonger jusqu’à une vingtaine d’heures. Plus honnête, mais pas pour autant faramineuse, la durée montre bien que Capcom n’a pas misé un rond sur le côté exploration, préférant exploiter à fond la carte de l’émotion scénaristique de par les dialogues remplis d’humour et bourrés de sensiblerie.

Place à la coopération !


Etant donné que Chibiterasu aura toujours un enfant sur son dos, il était logique que les liens affectifs unissant les deux personnages soient mis à contribution pour servir le gameplay. Grosso modo, celui-ci se résume à déplacer les petits à l’aide du stylet et déplacer le louveteau grâce au D-Pad. Chaque personnage possède donc un don qui lui est propre et servira l’aventure. Par exemple, un d’entre eux pourra nager sur les flots tandis qu’une autre pourra faire fondre les blocs de glace. Autre exemple de progression coopérative, la traversée d’endroits quelque peu fébrile. Chibiterasu étant un peu trop lourd pour certains passages, il faudra envoyer les mômes à sa place qui n’auront aucun mal à traverser un pont peu solide. Bien loin de n’être qu’un simple gadget, cette coopération sera obligatoire pour se défaire de certains boss. A noter que la solution sera donnée après quelques échecs si jamais vous n’arriviez pas à utiliser correctement les possibilités qui vous sont offertes.

Par ailleurs, la jouabilité au stylet se révèle par moment être catastrophique. Si certains jeux arrivent à cumuler les mouvements au stylet et au pad directionnel, Okamiden hésite toujours entre les deux. Le vrai problème n’étant pas l’utilisation du stylet en lui-même lors des phases spécifiquement dédiée à celui-ci, mais plutôt la fréquence à laquelle il est utilisé. En effet, une fois servi, le reflexe est de le ranger dans la case adéquate. Pourtant, le titre peut nous demander de le ressortir quelques minutes plus tard, alors on le déplace de son encoche pour le remettre quelques secondes après. Cela passe trois, voire quatre fois, mais au bout d’un moment, cette gymnastique commence à mettre les nerfs en pelote. Pourtant, malgré ses défauts clairement handicapants, Okamiden reste un titre magique à plus d’un titre et il serait clairement dommage de passer à côté si vous n’êtes pas kawaii-o-phobe. D’autant plus qu’il s’agit très certainement d’un des derniers gros titres de la souffreteuse Nintendo DS.

VERDICT

Avantages

- Une réalisation à couper le souffle
- Énormément d'humour
- Durée de vie honnête pour le genre
- Très mignon....

Inconvénients

- .... voire un peu trop
- Enchainement stylet/sans stylet parfois pénible
- Où est le français ?!

Graphismes
4,5 étoiles
9.0 / 10
Autant le dire d'emblée, on n'a sans doute pas vu mieux sur DS à l'heure actuelle. Alors certes, nous sommes loin de la véritable 3D, celle qui explose tout sur son passage, mais Capcom nous gratifie d'un superbe cel-shading fidèle à l'oeuvre originale et, de surcroît, ne dénature pas ce qu'avait réussi à instaurer Clover. Il est tout de même à noter que la beauté des graphismes résulte plus de l'ambiance générale absolument magnifique que de la technique pure. Mais peu importe, puisqu'au final, Okamiden est clairement une réussite esthétique comme on en voit pas assez.
Jouabilité
4 étoiles
8.0 / 10
Si l'on veut chipoter un peu, on peut dire que l'utilisation du stylet n'est pas optimale, mais se serait rabaisser le jeu pour pas grand chose puisque ce dernier ne souffre d'aucune lacune particulière au niveau de la maniabilité. Petit plus agréable, la caméra, dirigée automatiquement, se place sans fausse note.
Durée de vie
3,5 étoiles
7.0 / 10
Petit point faible du titre puisqu'il ne vous faudra pas plus d'une dizaine d'heures pour arriver au bout de l'aventure principale. Néanmoins, il serait dommage de se priver de toutes les quêtes qu'il est possible d'effectuer. Ainsi, vous pourrez facilement doubler votre temps de jeu si vous voulez vraiment le finir complètement.
Bande Son
4,5 étoiles
9.0 / 10
Ceux qui ont l'ouie fine découvriront que les principaux thèmes d'Okamiden font référence directe avec son aîné. Donc ceux qui ont eu la chance d'écouter l'OST du premier épisode savent à quel point les musiques proposées sont d'une rare finesse.
Scénario
4 étoiles
8.0 / 10
Imaginatif, drôle et enfantin, le scénario laissera pourtant de marbre ceux qui n'accrochent pas spécialement aux univers un peu trop kawaii.
Note Globale
4,5 étoiles
8.5 / 10
Qu'on se le dise, Okamiden est une réussite, une vraie. Reprenant les très bonnes bases d'Okami premier du nom, les équipes en charge du développement ont réussi à offrir aux joueurs une excellente version de poche du titre de Clover. Alors certes, aux vues du support, il est très difficile de retranscrire exactement les sensations que l'on peut avoir en jouant à son aîné, mais Okamiden lui tient tête de bien belle manière en proposant une aventure amoindrie, mais rafraîchissante au plus au point. Le seul défaut véritable, d'où la note un peu "sévère", est la non-traduction. A ce niveau là, autant dire que ça ne pardonne pas et il y a fort à parier qu'Okamiden, à l'instar d'Okami, ne trouvera jamais le succès commercial. Mais si vous maîtrisez la langue de Shakespeare, ne vous privez pas d'un jeu d'une telle trempe. D'autant plus qu'il s'agit probablement d'une des dernières grosses sorties sur Nintendo DS.
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