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Oddworld : La fureur de l'étranger

Console : Xbox
Éditeur : EA Games
Développeur : Oddworld Inhabitants
Date de sortie : Inconnu
Multijoueurs : oui
Public : 12 ans et +

Note des membres
4 votes (3.88 / 5)
Posté le Dimanche 03 Avril 2005 par BlueHunter
Ouin ouiiiiiiiin ouiiiiiiin… Soleil de plomb, ruelles désertes, herbes séchées qui traversent les routes de terre battue, juste cet air lancinant d’harmonica qui vous trotte dans la tête et le claquement de vos éperons à chaque pas. Un petit coup d’œil en coin, un volet qui se ferme, sur un visage apeuré. Nul doute que votre capital sympathie n’est pas au plus haut lorsque vous débarquez en ville avec vos santiags, votre chapeau, votre vieux poncho râpé et votre arbalète taille XXL… Vous, vous êtes un chasseur de prime, vous avez une tête patibulaire, vous ressemblez à un lion mal rasé, vous avez le regard noir, vous boycottez les armes à feu, vos seuls amis sont les bestioles que vous ramassez ça et là, vous êtes rongé par un mal intérieur, vous êtes l’ETRANGER.



Un Oddworld CA ? Vous êtes sûrs ?

C’est un peu la réaction de tous les fans de la monumentale saga Oddworld en constatant avec un dédain certain le virage à 90° effectué par les développeurs.
Mais à y regarder de près tous les changements opérés ont pour but de suivre la mouvance actuelle du marché et à séduire de nouveaux joueurs, tout en satisfaisant les aficionados du « salut, suis-moi… »

D’abord l’univers, passant des usines Glukkons et des civilisations Mudokons aux vallées désertiques de type Far West permet d’apporter une dimension totalement nouvelle en prouvant à la face du monde que la planète d’Oddworld est vaste, très vaste et que les paysages sont aussi divers que variés.
Cet environnement est également l’occasion de nous sortir une toute nouvelle palette de couleur et d’effets et accessoirement de prouver que le nouveau moteur graphique en a dans le bide ! Si le jeu n’était pas si prenant on s’arrêterait volontiers au bord d’une falaise, juste pour le plaisir d’admirer un coucher de soleil dans la vallée en contrebas…

Le second élément qui frappe est le renouvellement quasi-total des races familières de la série à commencer par les Mudokons ! Et oui pour ceux qui ne seraient pas encore au parfum ni Abe, ni Munch, ni les Glukkons, ni les Sligs ne sont de la partie. Et si l’on croise çà et là une tête connue (Fuzzle, Vikkers, slog…) il faudrait dans l’ensemble composer avec un bestiaire complètement nouveau, mais largement aussi riche que le précédent !
Là encore ce fut un formidable défi pour l’équipe créative qui s’est donnée l’occasion de justifier leurs rôles au sein de la team (et par la même occasion leurs paies…)

Loin du frêle Abe et de l’handicapé Munch, compères du précédent opus, l’Etranger est une brute épaisse, un solitaire, pour lui pas de blagues vaseuses, pas de communauté étouffante ou étouffée et pas de pouvoirs de télékinésie !

Car au-delà de nouveaux persos et univers, ce qu’apporte cette Fureur de l’Etranger à la saga c’est un véritable nouveau Gameplay !


Mais oui ma bonne dame, un vrai de vrai !

C’est en effet dans le fondement même du jeu que le titre se démarque et se rattache paradoxalement à la série.
Explications : Autrefois vous contrôliez un perso faible et un peu naïf devant faire fonctionner à plein régime sa matière grise de façon à résoudre plein d’énigmes toutes plus tordues les unes que les autres. Vous évoluiez dans des tableaux fermés devant atteindre la sortie de chacun d’entre eux pour passer au suivant et ainsi de suite jusqu’au dernier.
Conscients que ce système commençait à devenir ringard et quelques peu étouffant pour le joueur, les levels designers ont inauguré une présentation bien plus dans l’air du temps : La liberté d’action.
Ola, je vous arrête tout de suite nous ne tenons pas là le jeu qui va inventer la « liberté d’action » au sens large ! En réalité les tableaux à compléter sont toujours présents, mais englobés dans des niveaux plus généraux, plus vastes et sans temps de chargement.
Dans la pratique vous êtes à peu près libre de vous balader dans différentes villes, de converser avec les villageois, de passer dans les magasins, etc…
Cependant pour faire progresser l’histoire il est impératif de passer au bureau des chasseurs de prime afin de vous faire assigner une mission.
Et c’est là qu’on prend mesure de la limite du système de jeu, car si plusieurs missions vous sont proposées à chaque fois on fini de toute manière par toutes se les taper, ce n’est qu’une question de temps.
Dommage également que la manière de les choisir ou de les résoudre n’influe pas sur le scénario, mais bon ne soyons pas trop gourmand…
Ah le scénario tient ! Comme d’hab’, chez Oddworld inhabitant, c’est une merveilleuse histoire qui nous est contée au travers de magnifiques scènes cinématiques (en image de synthèse pour les plus importantes) bourrées d’humour et d’action.
Sur ce point on sent parfaitement la filiation avec le reste de la série et si l’histoire pleine de rebondissements prend place dans des contrées bien éloignées de celles d’Abe, on remarque que la problématique et les thèmes chers aux scénaristes refont surface dans ce Far West alternatif.
Le profit avant tout, l’obstination crasse, la mise au rebut des peuples pacifistes, la dérision de soi-même, le racisme… Tout dans la fureur de l’étranger semble familier et confus à la fois, de là à affirmer que les développeurs nous servent leur vision personnelle de la société américaine, il n’y a qu’un pas…
L’autre point sur lequel la Fureur ne peut renier ses origines reste l’ambiance ! Complètement décalée et cynique, elle nous plonge réellement dans un autre univers, dans un autre monde que l’on prend plaisir à découvrir et à arpenter.
Cette sensation est en très grande partie due aux personnages. Tous plus charismatiques les uns que les autres ils sont tous identiques et uniques à la fois, ils sont adorables et haïssable à la fois, ils sont improbable et réalistes à la fois, ils sont tout simplement le sel du jeu !
Prenons la ville par exemple. Les poulets se déplacent et papotent entre eux d’une manière tout à fait naturelle. Jusque là rien de bien nouveau, mais leurs réactions sont réellement surprenantes. Approchez vous de l’un d’eux et appuyez sur la touche d’action, votre perso posera alors une question bateau portant sur votre objectif actuel comme dans n’importe quel jeu d’aventure à la Shenmue mais au lieu de vous indiquer bravement le chemin le quidam se fera un malin plaisir de vous rétorquer une phrase bien cassante ne vous aidant absolument pas !
Et toute l’ambiance du jeu tourne autour de ce contraste entre une histoire assez sérieuse et conventionnelle autour de laquelle gravite un monde complètement loufoque !
Il en va de même pour les ennemis (cons comme leurs pieds) qui imitent bien le stéréotype des méchants bien crétins mais qui sortent des répliques fines et réfléchies ne collant pas du tout avec leur caractère !


Bon mais alors c’est un jeu de réflexion comme avant ?

Oui et non, si cette fureur de l’étranger se présente sous forme d’un jeu d’action ce n’est pas pour rien.
D’abord c’est pour éviter le côté « réflexion pure » qui, à en croire la contre performance de Munch n’est plus un genre aussi vendeur qu’avant.
On incarne donc son héros à la troisième personne avec possibilité de switcher en vue à la première personne (FPS) à tous moments pour se servir de l’arbalète.
Mais les jeux Oddworld ont toujours su se démarquer des productions simplistes par des ficelles de jeu très subtiles et la Fureur de l’Etranger ne fait pas exception !
Si on regarde bien les niveaux on se rend compte que rien n’a été placé au hasard, chaque ennemi, chaque élément du décor a fait l’objet d’une attention toute particulière et que foncer dans le tas comme dans n’importe quel FPS ne marchera plus passé 2-3 missions. Il faudra alors observer, analyser et agir en conséquence : ici un tonneau explosif fera voler en éclat trois ennemis, là bas un interrupteur activera un mécanisme tuant quatre autres méchants etc…
Et dans cette optique la Fureur de l’Etranger retrouve un côté casse tête vraiment sympa !
L’arbalète, arme principale du jeu, et ses munitions vivantes en est la preuve ultime !
Attirer, repousser, immobiliser, affaiblir, assommer, aucun type de munition (pas même les chauves souris) ne permet de faire le ménage d’une manière puissante et efficace, il faut alterner les munitions, tenter sa chance, observer la réaction de chaque ennemi…
Ce n’est vraiment pas de tout repos d’autant que si la marche a suivre est plutôt transparente dans les premiers niveaux, la suite du jeu demande réellement de se creuser le ciboulot.



D’un point de vue purement technique…

…C’est assez remarquable bien qu’inégal !

D’abord le moteur graphique, réellement propre et soigné il laisse transparaître une modélisation très correcte et une maîtrise totale des effets (lumière, particules, réflexion, eau…).
On pourra par contre reprocher quelques approximations, un désagréable bug sur les ombres et un léger manque de détails sur certains objets, mais ces menus détails sont éclipsés par la richesse des décors et la sensation de vie qui s’en dégage. Une réussite dans l’ensemble.

Il en est de même pour les animations. Globalement très soignées on s’étonne de voir des barricades disparaître en deux étapes lorsque l’on tire dessus, ou d’autres éléments qui disparaissent carrément !
Cependant là encore on observe un vrai soucis du travaille en finesse sur certains éléments précis comme la démarche du héros.

La jouabilité se retrouve avec le même défaut : un ensemble qui répond au doigt et à l’œil, c’est très simple et très instinctif mais pourquoi les saut sont-ils si « étranges » ? Et pourquoi le perso s’arrête-il de courir dès qu’il y a une pente à 0.05% ?
Cependant on retiendra le système de gestion des munitions très bien pensée et agréable à manipuler à l’aide de la croix directionnelle.

Côté son c’est juste du pur bonheur avec une excellente gestion du 5.1 qui fera trembler vos voisins, des musiques vraiment entraînantes, des sons d’ambiance très riches et précis et surtout, un jeu d’acteur plutôt réussi pour de la VF qui contribue à donner un ton juste aux nombreux et passionnants dialogues qui alimentent le scénario.

VERDICT

Avantages

- Ambiance et Scénario formidables
- Graphismes monstrueux
- Dialogues croustillants
- Graphismes monstrueux

Inconvénients

- Quelques conventions
- Un peu trop linéaire
- Pas de réel révolution

Graphismes
4,5 étoiles
8.5 / 10
Tout simplement énormes ! Si la modélisation n’est pas la plus fine à ce jour, l’ensemble enchante le joueur ébahi par des paysages de rêve et par des effets de lumière explosifs.
Jouabilité
4,5 étoiles
9.0 / 10
Presque parfaite, on rentre très facilement dans le personnage, les déplacements et sélections ne posent pas de problèmes majeurs, seuls les sauts nécessitent un petit temps d’adaptation. Fin bon c’est pas non plus un jeu de plateforme…
Durée de vie
4 étoiles
7.5 / 10
N’espérez pas une durée de vie de RPG japonais... Ici c’est peut être pas excessivement long, mais c’est sans temps mort ;-)
Bande Son
5 étoiles
9.5 / 10
Tout bonnement excellente avec les bruitages réussis les musiques typées, les dialogues convaincants, du bonheur quoi ! Les possesseurs de 5.1 pleureront de joie.
Scénario
4 étoiles
8.0 / 10
Simple, efficace et plein de rebondissement fort bien amenés : un pur scénar de Western !
Note Globale
4,5 étoiles
8.5 / 10
Loin d’être parfait la fureur de l’étranger excelle dans un domaine ou bien peu de développeurs osent encore s’aventurer : la créativité. Et rien que pour ça il mérite l’investissement.
Doté d'une technique au gout du jour, d'un scénario inventif, d'une jouabilité sans faille et d'une ambiance accrocheuse il assume le rôle clef de la série dans le monde de l'aventure/action/reflexion. On frôle le chef d’œuvre.
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Commentaires

04 Apr. 2005 | 18h35


Vinz
Il me semble plutot bien réussit :)

10 Apr. 2005 | 21h15


nainator
J'ai vu le test à la télé et il est pas mal mais trop linéaire

Grraphiquement, il est bien mais seul la linéarité gache pour moi

12 Apr. 2005 | 18h40


poyo
ca a l'air d'etre un jeux assez moyen

18 Jul. 2005 | 21h13


Zefi
Bonjour je suis nouveau. Le jeu est fabuleux sur beaucoup de points mais le seul problème est peut être qu'il est assez dure mais surtout qu'il est linéaire. Cela ne m'a pas gêné du tout, vu que on se prend facilement au jeu. La fluidité n'est pas toujours très bonne mais rattrapé par des graphismes superbes, et un characters design sympathique.

01 Sep. 2005 | 15h22


Gomo
Poyo, t'es trop fort :D
En ce qui concerne la linéarité du jeu, elle est surtout présente la première partie du jeu... Après le rebondissement conscéquent, le change^^. Enfin bon c'est un jeu comme on en fait plus...

26 Oct. 2005 | 11h29


Zefi
C'est un chef d'oeuvre pour moi, un jeu qui a lui tout seul vous fait acheter une console. On peut le rajouter à la liste avec Halo, Panzer Dragoon Orta, Halo 2, Jade Empire, Kotor...

04 Dec. 2006 | 19h21


antoinusitos
heu il y a une érreur il n'est pas multijoueur mais solo
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