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Invité

Ninja Gaiden 3

Console : Playstation 3
Éditeur : Tecmo Koei
Développeur : Team Ninja
Date de sortie : 22 mars 2012
Multijoueurs : oui
Public : 18 ans et +

Note des membres
4 votes (2.25 / 5)
Posté le Mercredi 25 Avril 2012 par Zefi
Quand je regarde quelques années en arrière, je remarque que par moment ma critique envers une œuvre s’avère peut-être un poil trop sévère. En ayant, à l’époque de la rédaction de l’article, certainement en tête que les quelques bavures d’une production disparaitront avec la venue d’une énième suite. Avec le recul, l’avis soit disant « marqué dans le marbre à jamais » diffère de la vision actuelle. Alors lorsque l’on découvre cette fameuse suite, on comprend que l’on a raté le coche quelque année précédente. Ninja Gaiden 2 ne méritait certainement pas un tel traitement de ma part.

Mes souvenirs remontent et les sensations reviennent, je garde en mémoire un triste aspect de Ryu Hayabusa dans sa « seconde » aventure, celui d’un univers et d’une ambiance tristement ratée. Comment peut-on avoir si mauvais gouts concernant tous les aspects esthétiques d’une œuvre si sauvagement assassinée visuellement par un manque d’inspiration ? Je ne saurais vous le dire pourtant avec l’arrivée de cette nouvelle aventure, l’espoir de voir un jour Ryu dans un environnement transpirant la classe diminue drastiquement. Ninja Gaiden 3 manque de charisme à l’image de son prédécesseur, le design comme à l’accoutumé obscurcit de sa monstruosité une direction artistique réellement déplaisante. L’époque durant laquelle se déroulent les événements n’aidant pas, je possède encore et toujours cette impression que la Team Ninja s’obstine à choisir une mauvaise ère pour mettre en avant les folies du Ninja.

Je propose un univers se rapprochant du Japon féodale pour une éventuelle suite !



Se situant dans un monde très proche de nous malgré quelques grosses fantaisies et un aspect futuriste, la banalité des décors et le manque évident d’intérêt pour proposer une ambiance très personnelle ne font qu’enfoncer un monde peu attirant de base dans le désintérêt total. Cette déception déjà liée à Ninja Gaiden 2 se perpétue tel une tradition ou plutôt une malédiction affectant constamment le clan Hayabusa. Afin de soulager ma peine, Ryu s’avère toujours aussi classieux même si cela s’avère être une très maigre consolation ! Cependant, autre que cet aspect repoussant, la technique pure et dure ne rattrape aucunement la facilité des développeurs à offrir des panoramas résolument modernes mais décevants. Pour camoufler ces nombreux défauts comme la présence de texture simplistes et à la fois affreuses, Ninja Gaiden 3 offre une mise en scène explosive ! Néanmoins difficile de fermer constamment les yeux quand on se coltine des environnements sans âmes durant la totalité de l’histoire. Rien ne semble aller dans le bon sens notamment quand on s’attarde sur les différents effets graphiques tout justes passables pour la plupart et par moment un peu trop foisonnant.

Même en essayant de diversifier les lieux que Ryu parcourt, la sauce ne prend pas et l’on assiste impuissant à une vision froide, peu créative et dont le manque d’imagination dans la représentation des décors accentuent fortement la faiblesse graphique du titre. Heureusement, la fluidité des joutes ne porte pas à nouveau préjudice aux yeux. Une aubaine lorsque l’on sait la difficulté et la précision demandées par cette série d’habitude. Pourtant Tecmo en a décidé un peu autrement avec ce nouvel opus puisqu’ils souhaitent avant tout diversifier leur cible et donc d’intéresser de nouveaux consommateurs apeurés par la réputation de la licence. Pour arriver à leurs objectifs, les développeurs s’alignent sur cette tendance qui consiste à faciliter considérablement leurs productions. Un peu de mauvaise foi ne fait pas de mal et j’avoue que c’est bel et bien ce que je suis en train de faire car Ninja Gaiden 3 propose également pour les plus aguerris d’entre-nous un mode cauchemardesque certes plus aisé qu’auparavant mais susceptible de provoquer encore et toujours quelques crises de nerfs ! Un faux procès à l’encontre de Tecmo donc, tout du moins selon moi mais dont les critiques ont le mérite d’avoir du sens !

Une trahison envers les fanatiques !



Ninja Gaiden 3 mérite cependant quelques agressions plus justifiables! Notamment en terme de game-design, qui sans s’éloigner considérablement de son prédécesseur, régresse en terme de plaisir de jeu occultant quelques rouages pourtant parfaitement adaptés. Il faut le voir pour le croire, Ryu Hayabusa se débarrasse de ses adversaires humanoïdes, mécaniques ou mystiques seulement à l’aide de son épée. La diversité des armes disparait au profit d’une seule et unique façon de combattre (l’épée légendaire et chère au Ninja) . Une régression quand on se rappelle les sensations très différentes attachées à chaque moyen de destruction (neuf en tout et pour tout). Un choix pour le moins particulier qui se justifie par l’arrivée prochainement d’un arsenal alternatif sous forme de DLC gratuits pour deux d’entre elles mais peut-être pas pour toutes… La question se pose également pour les magies autrefois plus conséquentes puisque l’on en compte plus qu’une seule dorénavant (à la puissance démesurée et dont la seconde caractéristique consiste à soigner totalement Ryu en augmentant également sa barre de vie). Difficile d’imaginer un refus de l’éditeur concernant l’idée d’ajouter des éléments (enlevés volontairement ?) «nouveaux » en faisant payer une nouvelle fois le consommateur.

Je ne vais pas m’arrêter en si bon chemin car ce n’est pas les seules idioties qui pullulent au fur et à mesure des découvertes : La violence marque de fabrique notamment depuis son prédécesseur s’exprimait à travers une avalanche de sang mais également de membres tranchés. Résultant des ennemis certes affaiblis mais à la hargne toujours présente. De nombreuses fois, pensant avoir éliminé mon ennemi je me jette corps et âme sur une nouvelle proie, à ma grande stupeur (la barre de vie ne me remercie pas non plus), le bougre m’attaque une ultime fois farouchement. Au point de se suicider en explosant à ma face. Malgré une jambe en moins, l’adversité ne lâchait pas prise quitte à ramper jusqu’à moi pour un baroud d’honneur. Une véritable donnée à prendre en compte tout comme la symbolisation que représenté un bras ou une jambe annonçant la possibilité de finir son adversaire avec classe à l’aide enchainement cinématographique agréable. Avec Ninja Gaiden 3, on ne retrouve quasiment rien de cela, pourtant le sang gicle certainement plus qu’auparavant malgré la disparition des amputations. Logique ?

Une aventure parsemée de cadavres !



Ryu Hayabusa excelle dans l’art du meurtre depuis la nuit des temps, pourtant il atteint ici un niveau exceptionnel. Il enchaîne les morts de manière naturelle toujours à l’aide de combinaisons de coups mais encore plus grâce à Finish Move des plus sanglants mais également bien plus destructeurs. Une hérésie. On peut les multiplier d’un ennemi à l’autre quasiment automatiquement. En pressant le bouton triangle, certes dans le mode de difficulté normal cela se ressent énormément mais même lorsque l’on progresse avec une difficulté supérieure ce point reste un peu trop présent. Que dire des QTE lors de ses tueries ? La nervosité de ses séquences affecte la lisibilité à l’écran et donne le tournis. A force de vouloir rendre leur bébé plus attractif, les développeurs accouchent d’une suite bancale. Contrairement à son prédécesseur, il n’existe aucun moyen pour savoir s’il est possible d’asséner un enchainement irréparable, rendant les affrontements encore plus bourrin mais spectaculaire. Finalement c’est un peu ce que l’on retiendra de ce nouvel Opus, les combats sont plus nerveux (grâce à l’apport d’une glissade décidément un peu trop performante), mieux rythmés mais également plus spectaculaire. Ces caractéristiques dénoncent d’eux-mêmes une volonté d’en mettre plein la vue au détriment d’une compréhension totale de ce qui se passe à l’écran mais aussi d’un gameplay bien moins affuté que précédemment. La lame s’émousse avec le temps !

Dire que l’on ne s’amuse pas dans Ninja Gaiden 3 serait faux, tout du moins si l’on garde en tête qu’attendre de cet opus une précision aussi diabolique que son prédécesseur n’est que rêverie ! Dénaturant les bases même de la licence, ce dernier né ne réjouit pas totalement à cause de séquence sans intérêt demandant aux joueurs d’appuyer en « rythme » sur trois boutons afin de faire grimpette sur un mur à l’aide de deux petites kunaïs. Un apport ridicule coupant de trop nombreuses fois la cadence imposée par le titre. Autre hérésie abominable, l’utilisation de l’arc, bien qu’autrefois pas toujours facile à utiliser, n’apporte plus aucune sensation et le maniement de cette arme à distance se limite à presser deux boutons sans viser. On met en joue la cible même si elle se trouve derrière nous à l’aide d’une gâchette, le jeu choisit automatiquement quels adversaires éliminer puis l’on décoche sa flèche grâce à une autre. Entre NG 2 et sa suite, on passe d’un extrême à l’autre et finalement ce choix afin d’éviter tous désagrément concernant l’arc dans NG 3 ne s’avère pas des plus complaisants !

Tentative de scénario dans un Ninja Gaiden… résonne avec gameplay poussif !



Tout cela participe à une descente aux enfers pour les fans qui savent pertinemment que Ninja Gaiden « nouvelle-génération » se concentre d’avantage sur un gameplay parfaitement huilé au détriment d’un scénario digne de ce nom. En voulant changer la donne, cette « troisième » itération développe un peu plus son Ninja infatigable à travers un scénario plus personnel. Accentuant son côté plus humain à travers des scènes mettant plus le joueur dans une position de spectateur malgré qu’il contrôle le mouvement de son protagoniste. Le joueur possède à de trop nombreuses occasions l’obligation de tuer des ennemis s’étant rendus ou attendant patiemment leur mort sans vous attaquer. Le tout avec un Ryu lent dont la caméra et le maniement du ninja nous joue de très vilains tours, à l'image de la malédiction qui oblige Hayabusa à se mouvoir très lentement en assénant des coups imprécis. Ce genre de séquences laissent pantois au point de se demander très rapidement l'intérêt de ces dernières mais également pourquoi en avoir tant abusé. Pourtant l’histoire se densifie un tant soit peu même si elle reste anecdotique. Finalement, à trop vouloir en faire quitte à dénaturer l’âme de la série, la Team Ninja se plante dans quasiment tous les domaines. Heureusement que contrôler Ryu Hayabusa procure encore et toujours un certain plaisir notamment lorsque l’on se penche sur la liste des combos disponible ! Le voir virevolter, trancher et se déplacer avec aisance malgré de nombreux problèmes de caméra et de bugs parfois frustrants sauve le titre du naufrage complet.

Le gameplay n’atteint pas la richesse de son prédécesseur, les contre plus permissifs qu’autrefois vont de pair avec l’absence d’items soignant les blessures occasionnées. Cette dernière se régénère toute seule dorénavant et à de très nombreuses reprises évitant les écueils que provoquaient l’absence d’objets de soins (préalablement achetés chez un marchant) lors de passages éprouvants. Un choix qui en laisse plus d’un dubitatif et qui facilite grandement la progression. Quelques nouveautés complexifient un game-design décevant vu les concessions occasionnées. La première ne fera pas que des émules car elle concerne la seule et unique magie. Son utilisation dépend d’une jauge se remplissant au fur et à mesure des coups distribués. Quand à la seconde, il s’agit d’une charge dévastatrice comme on en voyait déjà avec son prédécesseur mais cette fois-c, il n’existe qu’un niveau de charge au lieu de trois. Cependant, elle dépend d’une aura rouge qui apparaîtra autours du bras de Ryu lors des boucheries. L’obligation d’absorber les sphères délaissées par les morts adverses pour accélérer le processus de charge, ne répond donc plus présent. Tout comme les améliorations qui concernaient autrefois notre armement. Je finirais avec une intelligence artificielle par moment déplorable qui varie d’une séquence.

Moins viscérale que par le passé tout en étant plus sanglant, Ninja Gaiden 3 renie ses ainés afin de convenir à de nouveaux joueurs. Que ça soit n’importe quels compartiments de jeu, les changements parfois draconiens décevront tous les fanatiques de la licence. Les fondements même de la saga passent à la trappe, par moment l’impression d’avoir à faire à un God Of War du pauvre, certes plus technique mais tellement plus mauvais dans la mise en scène et l’univers, saute aux yeux. Quand on sait que Ninja Gaiden Black et le second opus représentent une branche bien à part d’un genre si prisé tel que le Beat'em all, la déception est à la hauteur d’une œuvre finalement dépassée par des ambitions pourtant revues à la baisse. Les racines pourtant si bien implémentaient par ses prédécesseurs semblent être coupées, espérons qu’elles ne le soient pas définitivement…

Je tiens à signaler que je suis dans l’incapacité de tester le multijoueur puisque ce dernier utilise comme beaucoup d’autres titres, un code débloquant les fonctionnalités en ligne ! Ne m’en veuillez pas.

VERDICT

Avantages

Des affrontements nerveux
Plus accessible qu’auparavant
Un protagoniste principal transpirant la classe absolue !
Des bruitages plus que convaincants !
Fluide (sauf à deux moments bien précis)

Inconvénients

Un design détestable
Une réalisation datée et manquant d’ambition !
Un système de jeu moins sophistiqué que celui de son prédécesseur
De très nombreux défis en DLC payants !

Graphismes
3 étoiles
5.5 / 10
Graphiquement passable, le design et l’ambiance contribuent également à cette mauvaise copie.
Jouabilité
2,5 étoiles
5.0 / 10
Moins technique, plus simple que par le passé, d’une richesse amoindrie, le gameplay en pâti considérablement. Une régression douteuse et cela ne réussit clairement pas à cette désillusion dénommée Ninja Gaiden 3 !
Durée de vie
3,5 étoiles
7.0 / 10
Plus court que par le passé (comme si les défauts n’étaient pas déjà suffisants !), 8 à 9 heures de jeu seront tout de même nécessaire pour en voir le bout, une normalité pour un jeu d’action moderne ! Quelques défis peuvent éventuellement prolonger le plaisir si on le souhaite.
Bande Son
3 étoiles
6.0 / 10
Je ne retiendrais absolument rien des musiques distillées à travers cette œuvre contrairement aux bruitages violents mais parfaitement en symbioses avec les événements se déroulant à l’écran !
Scénario
2 étoiles
4.0 / 10
Un scénario minimaliste malgré une volonté de mettre en avant un Ryu Hayabusa plus humain que jamais… Une tentative dont on ne peut que louer l’intention à défaut de réussir pleinement.
Note Globale
3 étoiles
5.5 / 10
Déconseiller de s’y intéresser un minimum ne serait pas convenable surtout si l’on ne connait pas la licence. Ninja Gaiden 3 semble pourtant complètement dépassé par une volonté de convenir à tout le monde. Un triste jour pour les fans de la série qui n’attendait pas un tel tournant de leur saga fétiche.
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Commentaires

26 Apr. 2012 | 12h05


Vinz
C'est un peu le constat que l'on m'en a fait récemment :/

26 Apr. 2012 | 13h12


Ayame
Ce n'est pas très folichon....

29 Apr. 2012 | 09h41


itokiry
C'est bien dommage qu'il soit si décevant, car Ninja Gaiden n'avait jusqu'alors jamais fait de faux pas...
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