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Invité

Metal Gear Solid

Console : PSone
Éditeur : Konami
Développeur : Kojima Productions
Date de sortie : 1999
Multijoueurs : non
Public : 16 ans et +

Note des membres
3 votes (4.83 / 5)
Posté le Mercredi 04 Juillet 2012 par itokiry
Évoquer le nom Metal Gear Solid aujourd'hui c'est s'exposer à des hurlements de fans, des cris d'amour pour une saga vidéoludique reconnue comme la référence côté infiltration/action quelque soit le support. Si tout débuta sur Nintendo Nes avec deux opus qui n'ont plus grand chose à voir avec ce que l'on connaît de la série à l'heure actuelle, on peut aisément dire que c'est sur Playstation première du nom qu'elle prit tout son sens, et par la même s'offrit une notoriété qui ne cessa depuis de prendre de l'ampleur. Revenons sur cet opus qui ouvrit la marche à une saga aujourd'hui adulée !

Le serpent est vicieux



L'une des principales qualités de la série Metal Gear Solid, ou tout du moins qu'on lui connaît à l'heure actuelle, est sa narration. Et si le nom de Kojima n'est pas méconnu sur ce projet, c'est que le japonnais à l'ambition certaine a contribué avec beaucoup de talent à la création de l'univers servant Metal Gear, à tel point qu'on ne retient que le sien et à juste titre. Du coup, Solid Snake est l'un des personnages vidéoludiques les plus célèbres à travers le monde, et ce n'est pas seulement pour sa classe certaine. C'est aussi car ses aventures ont fait des émois sur tous les supports qui eurent le privilège d'accueillir un épisode contant ses aventures. Et en regardant de plus prêt l'opus Playstation, premier de la série à s'ouvrir à une notoriété à échelle planétaire, on comprend mieux comment cette saga renommée a pu en arriver là où elle en est aujourd'hui. Aussi étonnant que cela puisse paraître, la narration de cet épisode est bel et bien aussi palpitante et différente de la majorité des jeux vidéos que ne le sont celles des opus ultérieurs. Avec sa mise en scène très cinématographique, Metal Gear Solid est d'ailleurs un titre totalement innovant à l'heure de sa sortie. Aucun autre jeu vidéo ne réussissait alors à tant réduire l'écart qui sépare son monde de celui du septième art. Contribuant à cet effet, les cinématiques fondues dans le même moteur que tout le jeu se servent d'effets de caméra dynamiques et tentent d'être aussi pêchues et intéressantes que possible. Pour ces raisons, on peut affirmer que cet épisode était bel et bien en avance sur son temps !

Pour faire un bon Metal Gear Solid il faut une poignée de personnages au charisme certain, et si possible suffisamment intéressants sur le plan psychologique pour que le joueur s'identifie à l'un deux, pas forcément le gentil héros. Il faut aussi une histoire complexe et particulièrement évolutive, captivant tout gamer se lançant dans une partie dès lors qu'il a attrapé sa manette. Et pour finir, il faut un climat de tension au sein d'un contexte réaliste, voire même contemporain si possibilité il y a. Vous l'aurez compris, pas besoin de faire un dessin, Metal Gear Solid allie donc un scénario bien ficelé à une ambiance captivante, et au maximum de l'immersion. En effet, une fois rentré dans le jeu, on ne peux plus en ressortir. Même une fois la mission achevée, l'envie de repartir se fait largement sentir. Pourtant, il faut avouer que cet opus ne s'est pas vu doter d'une fin plus attrayante que cela. Au contraire même, en plus de ne laisser présager aucun avenir à la série à cause de sa quasi totale absence d'ouverture, elle se révèle plutôt décevante sur le plan scénaristique. Heureusement, ce n'est en aucun cas la même chose pour l'ensemble de l'histoire de cet épisode, et il ne faut surtout pas que la connaissance de cet achèvement moyen rebute les joueurs avertis. Au contraire, ils ne seront que plus heureux de lui donner du sens avec un second opus plus abouti dans sa trame. Et si l'on met de côté ce léger point négatif, on peut dire que Metal Gear Solid excelle aussi bien dans sa mise en scène innovante que dans son histoire grandiose et palpitante. Bref, même si rien ne le laisse présager, l'avenir de la saga ne pouvait qu'être radieux !

Quand la Playstation donne tout ce qu'elle a



En 1999, année de sortie européenne de cet opus, la Playstation a déjà bien vécu. Déjà cinq années qu'elle est commercialisée sur le sol français, et la machine a atteint des sommets de magnificences qu'on ne lui soupçonnait absolument pas. Et le moins que l'on puisse dire, même si cette entrée en matière ne laisse aucune place au suspens, est que Metal Gear Solid ouvre de nouveaux horizons avec sa beauté enchanteresse. Dans un premier temps, c'est surtout la finesse de sa 3D qui épate, alors que cette dernière est trop souvent pixelisée à outrance sur le support. Ici, certes on constate que le pixel n'a pas encore été suffisamment raffiné pour ne plus être visible à l’œil nu, mais on a tout de même droit à quelque chose de particulièrement bien construit. A tel point qu'on en oublie vite que tout ça est fait de carrés de couleur grossiers, pour se laisser bercer par une beauté qui surprend encore bien des années après. On sera aussi surpris devant une telle stabilité, tout le jeu étant fondu dans un moteur 3D du plus bel effet, et n'étant pourvu que de très rares défauts ou bugs visuels, jamais agaçants. Le seul que notre œil reteindra vraiment est le fameux carré noir qui apparaîtra sous le personnage lorsque l'on passera en vue subjective. Rien de bien méchant donc, d'autant qu'il disparaîtra rapidement. Mais Metal Gear Solid ne se contente pas d'exceller dans la généralité, il le fait aussi dans les détails, même les plus insignifiants à cette époque. A commencer par l'animation, qui n'avait pas besoin d'un traitement particulier, et qui en a pourtant reçu un la rendant aussi réaliste que la Playstation en est capable.

Que les cinématiques du jeu soient fondues dans le même moteur que l'aventure est finalement une bonne chose. Certes, du coup elles n'atteignent pas un niveau de détail et de beauté similaire à celles des Final Fantasy par exemple, mais cela leur permet de ne pas faire fluctuer l'immersion, qui ne cesse d'augmenter au fur et à mesure que l'on s'enfonce dans les couloirs du complexe Shadow Moses. Elles ont tout de même d'épatant leur stabilité, elles aussi, puisque dotées d'une caméra qui aime le mouvement et se révélant très souvent pêchues, et pourtant n'affichant aucun ralentissement, lag ou bug visuel. L'excellence est aussi de rigueur côté bande sonore, avec des doublages qui ont deux mérites indiscutables. Le premier est leur simple présence, car on a beau en avoir l'habitude aujourd'hui, en 1999 ce n'était pas monnaie courante. Le second est leur langue. En effet, contrairement aux épisodes ultérieurs, ce premier-ci a été entièrement doublé en français, pour le plus grand plaisir de nos oreilles francophones. Alors certes cela donne lieu à quelques caricatures, comme la voix bourrue du héros musclé américain, mais en même temps on ne peut leur reprocher de produire la même chose que la version originale qui l'était tout autant. Et de surcroît, même si l'on aurait préféré les voix anglaises, celles françaises sont tout bonnement excellentes et pleines de vie. Cet épisode Playstation est le premier à nous faire découvrir une poignée de musiques mythiques que l'on retiendra, voire que l'on entendra dans les suivants. Leur qualité est tout bonnement exceptionnelle. Enfin, attardons nous quelque peu sur les bruitages, qui méritent des applaudissement pour leur qualité. Si ceux des armes et autres basiques sont réalistes, c'est surtout les bruits de pas que l'on retiendra, puisque permettant de situer l'ennemi dans l'espace. Bien fichu, et repris par la suite !

Dual Shock rime-t-il avec plaisir ?



Sur Nintendo Nes, les premiers Metal Gear étaient en quelque sorte des modèles de jouabilité, malgré la relative limitation du pad et de la console. Heureusement, la Playstation a bien plus de possibilités à offrir à un jeu tel que celui-ci, et sa manette aussi... Enfin, plutôt ses manettes d'ailleurs, si l'on compte la basique et celle dotée de deux sticks analogiques, dont le modèle sera repris sur la seconde Playstation. On préférera la deuxième d'ailleurs, malheureusement plus onéreuse à l'époque, puisqu'offrant une précision dans les déplacements bien supérieure grâce à son stick gauche, remplaçant la croix directionnelle moins ergonomique. C'est la seule différence qu'il y ait vraiment avec la première manette de la console, mis à part les vibrations qui n'apportent pas grand chose puisque assez en retrait et rares pour être retenues. Enfin quel que soit le modèle possédé et utilisé, il faut bien avouer qu'encore une fois Metal Gear Solid excelle totalement. En plus d'être particulièrement complet dans son système de jeu, tout a été pensé de manière à être le plus ergonomique possible, quelle que soit la situation. Les armes sont à droite sur l'écran, ainsi que sur les gâchettes, et une simple pression sur R2 mettra le jeu en pause le temps de choisir ce qui convient le mieux à la situation. Idem pour les objets, qui seront, eux, à gauche. Que ces deux menus effectuent une pause in game ne casse en rien l'immersion, et est quelque part bénéfique à l'action puisque la rendant un peu moins difficile. Cependant, la jouabilité ne sera pas immédiatement imprimée dans la tête des joueurs, et nécessitera quelques minutes d'entraînement. Ça tombe bien, car un tutoriel entièrement jouable et plutôt bien conçu a été inclus au menu.

Et il faut bien l'avouer, cette difficulté pourra rebuter le néophyte complet, qui fera mieux de choisir le mode facile au début de l'aventure. Le joueur confirmé, ayant confiance en ses capacités, devrait plutôt choisir le mode normal, lui, pour profiter à fond d'une aventure certes exigeante, mais aussi palpitante. Cette complexité fait en effet du bien à l'immersion, créant de véritables sueurs froides lors de passages un peu plus ardus que d'ordinaire, voire dans les combats contre des boss. Ces derniers sont d'ailleurs, comme le restant du jeu, particulièrement inventifs, avec chacun une arène différente et une façon d'y échapper et de le descendre bien à lui. Que l'on ait fait ou non le jeu d'ailleurs, on en connaît quelques uns, comme le mythique et non moins fourbe Psychomantis, capable de lire les pensées du joueur. Bonne chance face à un tel ennemi, qu'il ne sera possible de vaincre qu'en étant plus intelligent que lui. Dans l'ensemble, Metal Gear Solid est donc très intéressant dans son système de jeu, sa progression et sa construction. Innovant est le maître mot de cette aventure qui alors a le monopole de l'infiltration/action sur Playstation. Il utilise des outils encore jamais vu, et qui seront bien utiles, comme le radar, qui permettra de voir les déplacements et le champ de vision de ennemis. Et bien entendu, lorsque l'on est repéré, ce dernier se brouille. Mais cela n'est pas sans explication. En effet, tout dans le jeu a une explication qui se veut logique au sein du scénario. Ici, c'est parce que ce radar est fragile et qu'une forte résonance harmonique l'empêche de fonctionner. Ce n'est certes pas l'explication à laquelle on s'attendait le plus, mais elle a le mérite d'être existante, et de surcroît d'être la même quel que soit l'épisode. On applaudira donc la cohérence globale entre tous les opus, et pas seulement à ce sujet.

VERDICT

Avantages

- Culte !
- Magnifique
- Une 3D fine et stable
- Une bande son exceptionnelle
- Ergonomique
- Un tutoriel complet et jouable
- Une histoire complexe et prenante
- Des personnages surprenants
- Une mise en scène dynamique et très cinématographique

Inconvénients

- Pourquoi ne dure-t-il pas plus longtemps ?!

Graphismes
5 étoiles
9.5 / 10
Ce premier épisode est pourvu d'une technique renversante, et use d'une 3D particulièrement stable. Le réalisme des animations et des décors est impressionnant pour de la Playstation, tout comme la finesse des textures et la variété dans les environnements. L'ensemble est cohérent, malgré la taille du complexe à visiter, et la mise en scène très cinématographique n'en est que plus percutante.
Jouabilité
4,5 étoiles
9.0 / 10
Metal Gear Solid brille par une jouabilité ergonomique et particulièrement bien pensée, quoique longue à prendre en main. Outre le concept intéressant, les possibilités d'action sont tout bonnement effarantes pour un titre Playstation. On peut d'ailleurs dire que cet opus innove par bien des aspects. Enfin, l'IA est intelligente et donnera du fil à retordre à Snake.
Durée de vie
3,5 étoiles
7.0 / 10
Terminer une première fois la mission de Solid Snake sera l'affaire d'une douzaine d'heures bien tassées. Une fois ceci fait, on prendra du plaisir à la recommencer pour découvrir ou redécouvrir toutes les subtilités du jeu, et faire le tour du complexe assez vaste. On remarquera de surcroît une difficulté plutôt élevée et bienvenue.
Bande Son
5 étoiles
9.5 / 10
Si les doublages sont inégaux et parfois caricaturaux, on reconnaîtra tout de même l'effort fourni dans la localisation du jeu, puisque ceux-ci sont entièrement en français. A cela s'ajoute une foule de morceaux mythiques à juste titre, tous plus beaux et en accord avec leur situation les uns que les autres. Enfin, c'est aux bruitages que la palme d'or est décernée, puisque non seulement réalistes mais aussi permettant de situer l'ennemi dans l'espace.
Scénario
4,5 étoiles
8.5 / 10
Kojima ne se doutait peut-être pas que la série en arriverait là où elle en est aujourd'hui, voilà pourquoi la fin de cet opus n'est pas aussi renversante que ce à quoi on était en droit de s'attendre. Toutefois, le restant de la mission de Solid Snake est tout bonnement palpitante, les révélations sont nombreuses et les retournements inattendus de situation aussi. De plus, Metal Gear Solid est doté d'une mise en scène novatrice, réduisant considérablement l'écart entre le cinéma et le jeu vidéo. Pour sûr, on prend beaucoup de plaisir à suivre les cinématiques bien pensées de ce titre, même si elles se révèlent par moment moins percutantes à cause d'un doublage parfois caricatural.
Note Globale
4,5 étoiles
9.0 / 10
Si Metal Gear Solid ne laisse pas entrevoir l'avenir de la série puisque doté d'une fin moyennement fermée, il est tout de même l'épisode qui déclencha tout, grâce à une inventivité certaine et à un scénario passionnant, merveilleusement bien écrit et mis en scène de manière très cinématographique. Tout dans cet opus, de sa réalisation à son gameplay, frôle la perfection, mis à part une durée de vie dans la moyenne. En tout cas, on comprend en jouant à cet opus comment la série en est arrivée là où elle en est, et surtout pourquoi le bébé d'Hideo Kojima est aujourd’hui si apprécié à travers le monde. Et aussi on perçoit les raisons qui ont poussé les joueurs et la critique à coller l'étiquette « culte » sur ce premier épisode. Un jeu à terminer absolument !
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Commentaires

05 Jul. 2012 | 18h12


TeddyWayne
Un des meilleurs jeu de toute ma culture vidéoludique !

05 Jul. 2012 | 19h41


itokiry
L'un des meilleurs jeux de la Playstation tout du moins ^^

09 Jul. 2012 | 11h12


Zefi
Je dirais tout court même !
Il a marqué tellement de joueur qu'il ressortirait aisément comme l'une des 5 expériences majeurs d'une majorité ayant eu l'âge autrefois d'y jouer sur PS1.

10 Jul. 2012 | 12h22


itokiry
Pas faux ;)
Dans mon cas c'est une découverte malheureusement un peu tardive, mais tout de même incroyable. Je ne m'attendais pas à quelque chose d'aussi prenant et inventif, à cause de l'âge sans doute, et je fus surpris en bien. Pour moi cette expérience se place au dessus de la grande majorités des jeux PSX, mais je ne dirais pas tous pour ne pas faire d'erreurs, même si c'est peut-être bien le cas ^^
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