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Metal Gear Solid 2 : Sons of Liberty

Console : Playstation 2
Éditeur : Konami
Développeur : Konami
Date de sortie : 8 Mars 2002
Multijoueurs : non
Public : 16 ans et +

Note des membres
7 votes (4.57 / 5)
Posté le Vendredi 06 Juillet 2012 par itokiry
Après la claque qu'était le premier sur Playstation, nombreux étaient les joueurs qui attendaient impatiemment le retour de Solid Snake sur le devant de la scène dans un Metal Gear Solid 2. Et après trois ans de suspens insoutenable, l'Europe put enfin tâter de cette suite directe. Mais les fans n'en revinrent pas lorsqu'ils découvrirent, au bout d'à peine deux heures de jeu, que ce n'est pas avec leur bon vieux Snake préféré qu'ils termineraient cette nouvelle mission. Faut-il pour autant jeter la pierre à ce second opus ?

Un nouveau départ



Il faut bien le dire, la fin du premier Metal Gear Solid était plutôt fermée. Sans en divulguer plus qu'il n'en faudrait, avouons tout de même que l'on n'imaginait pas forcément voir Solid Snake reprendre du service après avoir terminé cet épisode. Scénaristiquement parlant, la boucle semblait bel et bien bouclée, et on se serait bien contenté d'en rester là, même si cette fin laissait à désirer pour sa qualité légèrement en deçà du reste. Mais c'était sans compter sur Hideo Kojima, son ambition et ses projets d'avenir pour cette série qui deviendra bientôt une référence mondiale en terme d'infiltration/action. Il fallu donc créer un nouveau contexte, et inventer un avenir à Snake. Et bien évidemment, tout va tourner, une fois de plus, autour d'un de ces chars d'assaut nouvelle génération qu'on nomme Metal Gear. Tout débute dans le feu de l'action, plongeant notre héros aux gros bras, rescapé des incidents de Shadow Moses, dans les prémices d'une histoire qui prendra une ampleur folle plus tard. C'est sur le bateau dans lequel il s'infiltre que tout va se jouer pour lui et pour le nouveau modèle de Metal Gear entreposé dans la cale. Ici, il va retrouver une tête qui lui est familière. Une tête que l'on rencontrera dans chacun des épisodes numérotés d'ailleurs. Et bien évidemment, alors que Snake avait simplement l'intention de prendre des photos de l'engin pour les divulguer à la presse, tout va mal tourner. Au final, le bateau coule, et on présume ce héros de guerre mort. Mais ça ne s'arrête pas là, car on en profite pour lui mettre la disparition de l'équipage et du navire sur le dos. Et qui est ce « on », ça c'est encore autre chose. Mais finalement, ce n'est pas le cadet de nos soucis en ce début de partie. Snake disparaît, et le bateau coule... Que pourrait-il arriver maintenant, après à peine deux heures de jeu ? Eh bien la réponse est simple : il se passe deux années, et il arrive un nouveau personnage. Un nouveau protagoniste même !

Raiden, ou Jack pour les intimes, est en quelques sortes un bleu. C'est en effet sa première mission sur le terrain sous les ordres de Foxhound, l'unité sous laquelle servait Solid Snake quatre ans auparavant, lors des incidents de Shadow Moses dont on va beaucoup entendre parler ici. Mais cela ne veut pas dire pour autant qu'il n'a pas l'étoffe d'un héros, la carrure d'un battant, c'est pourquoi on lui confie une mission de la plus haute importance : sauver le président des États Unis en personne. Encore une fois, le pitch de départ n'est pas particulièrement compliqué, ni même captivant. Le peu de temps que l'on passera dans la peau de Snake ne l'est pas plus que les débuts de Raiden. Toutefois, tout comme dans le premier épisode, tout ceci va rapidement prendre de l'ampleur. On en saura largement plus au bout de quatre heures de jeu qu'au tout début, mais on se posera aussi beaucoup plus de questions. Car la grande force de Metal Gear Solid, en plus de proposer une mise en scène très cinématographique, est sa trame évolutive, amenant le joueur à douter de tout et de tout le monde. C'est encore plus flagrant dans cet épisode-ci, qui se termine d'ailleurs d'une façon bien plus ouverte que le précédent, et contraint tout joueur à se poser une multitudes de questions. Mais contrairement au premier épisode, celui-ci a quelques défauts dans sa trame. Le premier est l'utilisation abusive de la communication par Codec. On passera plus de temps à écouter ce genre de dialogues qu'à regarder de jolies cinématiques, ce qui devient agaçant à la longue. Les nouveaux personnages ne sont pas tous aussi percutants que ne l'étaient les anciens. Et enfin, ce n'est qu'une question de point de vue, mais il est difficile d'accepter le changement de protagoniste, cassant littéralement l'immersion pendant un bon moment.

Let's play Playstation 2 !



On a bien vu de quoi étaient capable les équipes en charge de Metal Gear Solid sur la première Playstation. Et il faut bien avouer que le résultat était tout bonnement bluffant. Stable et raffiné, et de surcroît entièrement fondu dans une 3D impressionnante de détails. Et par dessus cela, il était doté d'animations particulièrement réalistes pour son support, et ses effets du type explosions et autres n'avaient rien de risible... Bref, il était évident qu'on attendait avec beaucoup d'impatience de savoir à quoi ressemblerait le deuxième épisode. On espérait bien qu'il serait aussi magnifique et renversant que le premier. Et sur ce plan Metal Gear Solid 2 : Sons of Liberty ne déçoit en rien. 2002, ce n'est pas si éloigné des débuts occidentaux de la Playstation 2, console l'accueillant. Et pourtant, avec cet opus on a vraiment l'impression d'avoir fait un bon dans le futur, jusqu'à sa fin de vie. Mais ce n'est pourtant pas le cas, c'est pourquoi son design ultra réaliste, servi par une 3D tout bonnement sublime, épate au plus haut point. Difficile, même en le regardant avec des années de recul, de ne pas être ébloui devant autant de détails sur cette machine qu'on ne croyait alors pas capable de tant (à l'instar de sa grande sœur). Et de surcroît, le jeu est doté d'animations au summum du réalisme, ou tout du moins au summum des capacités de la console. Les cinématiques sont toujours tournées de la même manière, c'est à dire très cinématographiquement, et toujours dans le même moteur que le jeu. Ce n'est pas pour nous déplaire, une fois de plus, car cela évite tout ralentissement et contribue beaucoup à l'immersion du joueur, malheureusement moindre par rapport au premier.

Cependant, contrairement à son grand frère, cet opus n'est pas exempt de défauts. En effet, si techniquement parlant il est irréprochable, certains choix de la part des développeurs sont peu compréhensibles, voire regrettables. Le premier, et non des moindres, et ce flou dans les cinématiques. Peut-être est-ce pour cacher quelques misères, ou peut-être pour accentuer leur dynamisme, mais toujours est-il que ce n'est pas très agréable à regarder. Heureusement, cela n'est pas valable pour toutes ces vidéos, et on s'y habitue très bien. Cependant, on digérera moins bien le trop peu de variété dans les décors et teintes que proposent le bateau au début du jeu, puis le complexe Big Shell. Heureusement que cela est largement excusé par la technique impressionnante. Côté bande son maintenant, on ne pourra qu'être surpris de constater que les voix françaises du premier on laissé place aux voix anglaises. Alors qu'en temps normal c'est plutôt l'inverse, traduisant la fainéantise des développeurs, on avait été bien surpris de découvrir des dialogues entièrement doublés dans la langue de Molière dans l'opus Playstation. Et s'ils étaient inégaux, parfois caricaturaux, on s'y était quand même attaché, et devoir faire une croix définitive dessus n'est pas aisé. Mais le deuil ne nous prendra pas plus de quelques secondes, tant ces nouveaux-ci sont excellents. De plus, bien moins caricaturaux, et beaucoup plus vivants et émouvants. En quelque sorte, on a gagné au change ! On retrouve quelques musiques connues, réorchestrées pour l'occasion, faisant leur petit effet. De même que les nouvelles, ayant un style bien à elles. Et si les bruitages avaient retenus notre attention dans le premier, ici ils sont toujours aussi bons, mais un peu en retrait, en particulier les bruits de pas.

Raiden l'acrobate



Le premier épisode avait d’étonnant dans sa prise en main la souplesse du héros, et les vastes possibilités qui lui étaient offertes. Et il est vrai que retrouver le même mélange à la virgule près n'aurait pas posé problème sur Playstation 2, qui n'avait alors pas encore connu plus grandiose. Eh bien ce n'était pas l'intention des développeurs, qui étaient bien décidé à rendre plus riche et jouable ce deuxième épisode. Première nouveauté, qui paraîtra anecdotique à ceux qui n'ont pas touché à Metal Gear Solid, est la possibilité de faire une roulade ou roue sur le côté (le mouvement dépend du personnage) afin d'éviter les tirs ennemis ou tout simplement d'être vu. Il faut bien avouer que cette nouveauté, facile d'utilisation de surcroît, sera bien utile lors d'affrontements contre des boss ou des adversaires basiques, et évitera souvent à Raiden de mourir lamentablement ou d'être vu. La deuxième nouveauté, ici véritablement anecdotique, est l'apparition d'un mode Very Easy, pour ceux qui ont une dent contre l'infiltration la plus basique, et ont vraiment besoin d'une difficulté au minimum pour réussir à voir le bout de l'aventure... A vrai dire, ce serait une erreur, quel que soit son niveau, de choisir ce mode, ainsi que le Easy. Le challenge n'est en effet pas le même que dans l'opus Playstation, et on arrivera au bout sans peine. On préconisera donc de se lancer sans se poser de questions dans le mode Normal, encore un peu trop facile malheureusement. Enfin, la dernière nouveauté que l'on retiendra est le développement du corps à corps, qui s'est étoffé de quelques mouvements. Si la partie innovation s'arrête là, ce n'est pas pour autant que cet opus ressemblera trait pour trait au premier. Il n'est absolument pas doté de la même construction ni même progression, malgré quelques ressemblances étranges mais expliquées.

Soyons clairs et justes : le gameplay de ce Metal Gear Solid 2 : Sons of Liberty est quasiment parfait, comme l'était celui de son grand frère, et malgré un faible nombre de changements notables. Mais cela n'excuse pas les rares erreurs commises par les développeurs, dont la première est une progression rébarbative. On ne cesse de faire des allés et retours dans des parties de Big Shell pendant tout le jeu, et à la longue c'en est ennuyeux à mourir. On attend avec une impatience folle un changement de décors qui n'arrive qu'à la fin de l'aventure, et ne dure pas très longtemps. De surcroît, les situations sont un poil moins variées que dans le premier. Ensuite, les boss sont moins nombreux qu'auparavant, ce qui est plutôt ennuyeux une fois encore, puisque ces derniers étaient particulièrement intéressants dans Metal Gear Solid premier du nom. Ils venaient de surcroît re-dynamiser la mission de Solid Snake à des moments où elle commençait à ralentir. Mais ici, force est de constater que les développeurs ont mit l'accent sur l'aventure et l'infiltration, au détriment de ces bouffées d'air frais. Mis à part les deux confrontations finales, dont la première est loin d'être palpitante contrairement à la seconde, il n'y a que cinq véritables boss durant tout le jeu, et de surcroît assez courts, et moins inventifs et inspirés que ne l'étaient ceux de l'épisode précédent. De surcroît, ils sont bien plus simples à mettre au tapis ou à esquiver. Heureusement que la mission de Raiden est tout de même captivante, au point de nous faire oublier ces soucis. Enfin, la durée de vie est similaire au premier opus, c'est à dire une douzaine d'heures bien tassées. Cela reste correct.

VERDICT

Avantages

- Superbe !
- Encore un scénario palpitant
- Des personnages intéressants
- Une bande son sublime
- Un gameplay quasi parfait
- Une mise en scène cinématographique du plus bel effet

Inconvénients

- Un certain flou lors d'un grand nombre de cinématiques
- Une durée de vie qui n'a pas augmenté

Graphismes
5 étoiles
9.5 / 10
Encore une fois c'est du grand art. Si on reprochera aux cinématiques un certain flou, le jeu n'en est pas moins d'une beauté improbable. Que ce soit dans ses effets de lumières, ses animations ou ses décors regorgeant de détails, Metal Gear Sold 2 nous émerveille du début à la fin. Dommage toutefois que l'environnement et les teintes ne se renouvellent pas suffisamment.
Jouabilité
4,5 étoiles
9.0 / 10
Prise seule, la jouabilité de cet épisode est quasiment parfaite. Cependant, couplée à un manque d'inventivité dans la progression, les situations et les boss, ainsi qu'une trop faible difficulté, la note doit être légèrement revue à la baisse. Dommage, car MGS 2> est doté d'un grand nombre d'atouts, dont une ergonomie similaire au premier.
Durée de vie
3,5 étoiles
7.0 / 10
Comme son prédécesseur, cet opus se bouclera en une douzaine d'heures bien tassées. Une fois ceci fait on pourra refaire le jeu dans un mode de difficulté plus difficile que l'on aura débloqué, ou s'atteler au mode Boss Survival, qui nous fait affronter chacun des boss un après l'autre. Ce n'est pas très intéressant, mais ça occupe une petite demie heure de plus, non négligeable.
Bande Son
4,5 étoiles
9.0 / 10
Un poil moins bonne que celle du premier épisode, la bande son de ce second-ci est loin d'être mauvaise pour autant. Réorchestrant avec brio certains morceaux découverts précédemment, et en introduisant de nouveaux excellents, il berce nos oreilles tout du long de son aventure. Les doublages, qui n'ont pas été traduits en français, sont d'une qualité bien supérieure à tout ce que l'on connaît alors. Et enfin, les bruitages restent excellents, même si certains, dont les bruits de pas, restent en retrait.
Scénario
4 étoiles
8.0 / 10
Si l'histoire à rebondissements de cet opus est tout aussi palpitante et surprenante que ne l'était la précédente, et de surcroît la complète avec beaucoup de talent, on regrettera une progression quelque peu ennuyeuse. On déplorera aussi une trop grande utilisation du Codec, supérieure aux cinématiques dynamiques, bien plus intéressantes que de simples dialogues sans action.
Note Globale
4,5 étoiles
8.5 / 10
Ce second opus marche sur les traces de son prédécesseur, réussissant à poursuivre une histoire que l'on pensait terminée, et de surcroît de belle manière. Cependant, si son gameplay et sa réalisation sont excellents, la narration use beaucoup trop du dialogue par Codec, et la progression à base d'allés/retours est vite ennuyeuse. Il s'agit tout de même d'un jeu excellent qui, une fois encore, réduit l'écart immense qu'il existe entre cinéma et jeu vidéo. Un indispensable pour sûr, malgré ses quelques défauts, mais que l'on ne comprendra pas si l'on n'a pas dores et déjà terminé le premier épisode.
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Commentaires

08 Jul. 2012 | 02h02


TeddyWayne
Un jeu a refaire plusieurs fois pour tout comprendre mais la complexité du scénario avec les Patriot' apportent tellement de charme et de réfléxion sur le jeu !!!! Le 2 est mythique, c'est l'un de mes préférés de la saga :)

10 Jul. 2012 | 12h24


itokiry
Compliqué certes, d'autant qu'il ouvre la voie à une suite qui s'annonce logiquement bien plus complexe. Et pour ce qui est de l'étiquette "mythique", je pense que chaque épisode numéroté en est affublé ^^
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