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Invité

Max Payne 3

Console : Playstation 3
Éditeur : Rockstar Games
Développeur : Rockstar Studios
Date de sortie : 18 mai 2012
Multijoueurs : oui
Public : 18 ans et +

Note des membres
4 votes (4.38 / 5)
Posté le Mardi 12 Juin 2012 par Zefi
Max Payne revient sous le giron de Rockstar, ayant fait ses adieux à Remedy, c’est donc le créateur de Read Dead Redemption qui reprend le flambeau. Une raison évidente tant l’aspect cinématographique qui ressort des titres tels que Grand Theft Auto, démontre un talent bien particulier. Pourtant, les développeurs de cette troisième itération, offrent un titre résolument moderne tout en conservant la pate « Max Payne » d’autrefois. Ce mélange sera-t-il suffisamment convaincant pour s’attirer les faveurs des fanatiques de la série ?

Rockstar sublime-t-il un personnage si particulier ?


Max de son nom Payne, a littéralement plongé dans l’alcool. Le joueur le retrouve bien des années après sa seconde aventure, noyé dans un déluge de regrets. Son visage en témoigne, la vieillesse le rattrape de manière inéluctable, et malgré ses nombreuses rides qui parsèment un visage à la fois fermé et mélancolique, son adresse n’a rien perdu de sa superbe. Tout comme sa capacité à se déplacer et à enchaîner les sauts, comme si le temps n’impactait aucunement son agilité. Sa quête de vengeance terminée, suite au meurtre de sa femme et de son enfant. Max semblait terminer sa vie tel un ivrogne, shooté aux cachets jusqu’à ce que cette addiction l’emporte une bonne fois pour toute.

Pourtant, ce personnage à la fois cynique mais terriblement touchant (autrefois), reprend une nouvelle fois du service mais cette fois-ci en tant que garde du corps. Etant engagé à protéger une famille richissime au Brésil, Max Payne sera entrainé dans une affaire qui le dépasse totalement. Si je me réserve de développer plus en profondeur un scénario qui démarre réellement sur le tard, la déception liée à l’histoire de manière globale prône malheureusement. Heureusement, la justesse des dialogues, l’écriture habile et terriblement efficace, donne un peu plus de profondeur à un scénario bien moins entraînant que par le passé. Si le début ennuyeux laisse rapidement place à une intrigue s’élançant dans une direction positive. La fin tombe comme un cheveu sur la soupe. D’une telle finalité, les développeurs dévoilent un personnage principal, désolant. Un détail que les fanatiques se seraient définitivement passé, et qui relate d’un manque flagrant d’inspiration au niveau du récit. La noirceur qui se dégage de ce troisième récit, sans atteindre le degré de qualité d’une première aventure exaltante sur ce point, réserve son lot de passage sordide et de violence accrue à défaut de convaincre scénaristiquement parlant.

La démesure de la violence, peut-elle déranger ?



Un penchant pour le sang qui lorgne également du côté du gameplay. Puisque ce liquide rougeâtre ne cessera de couler durant la dizaine d’heures, qu’il faudra pour avoir le fin de mot de l’histoire. A l’image du bullet time qui répond – de manière obligatoire – à l’appel. Un procédé naturelle pour la licence certes, mais qui témoigne d’une violence extrême. Puisqu’à certaines occasions, l’action ralentira et un zoom dévoilera les dégâts causés par nos balles. En plus de gerbes de sang le plus souvent bien intégrées, l’impacte des balles entraînera des « trous » dans la peau. Formant des « champignon » ensanglantées dérangeants. Un réalisme prononcé offrant une excellente pub à une production résolument adulte dans son traitement visuel.

Si bien que certaine scènes peuvent réellement déranger. A défaut de l’interdire complètement à des jeunes gens non majeurs, comme il est proscrit sur la jaquette, avoir conscience d’un monde virtuelle aussi cohérent que parlant n’est pas une mauvaise chose. On se rapproche à grand pas de sensations que l’on pourrait ressentir lors d’un film à caractère aussi macabre. Un degré d’authenticité dans la douleur, la perception de cette dernière et dans sa représentation. On passe une étape supplémentaire selon moi. Je ne dénigre aucunement ce choix puisque j’en étais conscient bien avant le lancement du jeu, mais certaine scène abondent un peu trop dans le « sensationnel ». Un moyen de mettre en exergue certaines séquences violentes un peu trop gratuites. Sans réel fond et intérêt, juste pour se donner une image de jeu vidéo « noir ». Comme si le jeu vidéo « adulte » devait en passer par là, pour conquérir sa notoriété.

Max Payne se tournerait-il vers du cinéma interactif ?



Rockstar accouche d’une production élevé au rand cinématographique. Une inspiration de tous les instants autant dans sa mise en scène que le traitement visuel. A commencer par l’aspect le plus flagrant, les cinématiques. Le découpage de ces dernières offre plusieurs perspectives, comme la représentation de deux personnages dans des lieux différents. Une présentation qui laisse à désirer à cause de filtre particulièrement malhabiles. Durant toute l’aventure, l’impression de regarder une succession d’image et vidéo saturées écœurent bien trop rapidement. Au point de se poser la question dés la seconde séquences non-jouables, si cela continuera durant tout le long. Pour ne rien arranger, lors de ces moments toujours plus appréciables dans leur mise en avant cinématographique, différent mots apparaitront pour accentuer un propos, d’un personnage par exemple. Le meilleur moyen pour détourner le joueur et le faire complètement ressortir de l’action à l’écran. Que dire de la caméra, qui enchaine les prises de vue à une vitesse incroyable, donnant rapidement une impression de confusion. A trop vouloir en faire, l’immersion en pâti.

Un reproche récurrent dans le jeu vidéo moderne œuvre également sur Max Payne 3. La multiplication des séquences injouables. Si l’on comprend parfaitement, cette envie de proposer constamment des cinématiques dévoilant les dessous d’un scénario sans saveurs, difficile d’accepter certaines décisions pour le moins curieuses. Pour des événements anodins comme monter à une échelle, Rockstar gratifie le consommateur d’une mise en scène hollywoodienne, avec commentaires à l’appuie. Une incompréhension qui tranche avec l’excellente idée, d’introduire un narrateur interne à l’histoire, et qui joue son rôle lors de véritables séquences de gameplay. Sans oublier qu’au lieu de parfaire le rythme, l’enchainement de phases hors-jeu nuit au déroulement. Pourtant le titre possède quelques bonnes idées parfaitement exploitée, notamment avec certaines transitions entre les cinématiques et les phases In-Game. Max saute, glisse ou court au ralentit et le joueur dirige uniquement le viseur pour parfaire ses Headshoots dans un laps de temps bien précis. Ces états de fait bénéficient d’un soin particulier et qui ont du sens. Leur présence parfaitement espacée, contribuent à un effet de réussite lors de chaque séquences utilisant ce procédé interactif.

Le gameplay change-il par rapport à ses prédécesseurs ?



Max Payne 3 dépoussière par petite touche un game-design autrefois efficace, à commencer par l’intégration d’un système de couverture comme il est de coutume aujourd’hui. Rien de bien nouveau à l’horizon, mais cette donnée change radicalement la perception de l’action. De la même manière, cette possibilité laissera certains fans sur la touche, à l’image de votre serviteur. Moins acrobatique et finalement plus statique que par le passé, Max abusera des murs et autres cachettes pour tenter de survivre à une difficulté relevée même en normal. Le level design est construit autours de cette vision et non de la succession de sauts aux ralentis. Pire que cela, il n’est pas rare de mourir en tentant un plongeon, pistolet à la main, puisqu’à de très nombreuses occasions, le terrain de jeu se limite à un environnement très étroit. Une ultime solution qui devient une descente aux enfers. Le seul bon point réside dans l’animation de Max qui généralement fait des merveilles. A l’image des collisions avec les environnements du décor et de la réaction qui s’ensuit. Bien qu’il se relève constamment comme si rien n’était. Un travaille d’orfèvre poussé jusqu’aux moindres détails.

Un degré de réussite également visible au niveau des environnements aussi variés qu'agréables. On n’atteint pas un niveau équivalent de certains autres TPS, mais l’on se régale face à tant de spectacle. L’ambiance absolument succulente sublime un rendu visuel tonitruant, hors cinématiques. Bien que la destruction du décor fait pâle figure par sa présence bien trop limitée, difficile de faire la fine bouche face à une telle réussite. Voir les fusillades élevés des dizaines de papiers à chaque impact, dans un bureau, ne peut qu’augmenter l’immersion. Un traitement cinématographique qui lorgne également des phases de tirs avec des ralentis, démontrant la fin d’un adversaire. Le joueur peut continuer à tirer, et apercevoir ses balles rentrées en collisions avec son opposant. Se limitant de manière générale au dernier adversaire se trouvant sur le lieu, cette particularité évite une redondance définitivement fatale. Une justesse appréciable qui tranche avec certains autres choix décrits juste au-dessus. Un dernier mot sur la jouabilité qui manque de souplesse globalement, avec quelques petits accros lorsque la fusillade s’intensifie et que la menace se déplace. Si la possibilité de s’accroupir s’oubliera rapidement, la possibilité de continuer à tirer à même le sol suite à un saut se veut bénéfique. D’autant plus que l’intelligence artificielle se défend, sans forcément surprendre. Par moment un peu trop suicidaire ou au contraire sans véritables intentions de nous déloger, elle utilise constamment les mêmes tactiques d’assauts ou de défense. Pourtant la précision diabolique des hommes armés, et le niveau de santé qui se régénère à base de cachet (à ramasser) offre un challenge plus que positif. Même si le joueur peut éventuellement regretter un dosage peu convaincant. Si par moment on en possède bien trop, certaines séquences méritaient un nombre de « soin », un poil plus conséquent.

Un multi convaincant ?



Outre l’histoire solitaire s’étalant sur une dizaine d’heures de jeu, un mode arcade donne un second souffle à l’aventure, pour les amateurs de scoring. New York Minute, une variation du mode précédemment cité, offre une minute de jeu et à chaque ennemi éliminé, le compteur se voit agrémenter de quelques secondes supplémentaires ! Pour les amateurs de compétitions, Rockstar intègre dans sa nouvelle production un mode multi particulièrement riche. Si dans l’ensemble, on aperçoit des modes de jeu classiques, d’autres se montrent plus entreprenant. Le plus intéressant met en scène deux joueurs aux commandes de Max et de son fidèle compagnon de fortune, Passos, contre d’autres joueurs. Un aspect survie efficace. D’autres tels que Gang Wars diversifient les manches au nombre 5, en mélangeant différents objectifs à atteindre pour les deux équipes composées de huit joueurs. Un système de clan est également intégré et l’évolution de ce dernier dépend des résultats des « abonnées », sous une forme d’expériences acquises. Un bon moyen de se tirer dessus dans la joie et la bonne humeur en somme !

Verdict : Efficace de manière globale, je n'adhère pas complétement à la vision de Rockstar au niveau de l'action. J'y perds ce qui faisait le charme de cette série mais ce n'est pas pour autant que Max Payne 3 s'avère mauvais. Loin de là. Pourtant le traitement du titre sur certains points ne me convainc pas totalement, de prime abord les cinématiques par moments inutiles et cette volonté d'imposer une image saturée lors de ces séquences. Aussi maladroit que rapidement déplorables, j'apprécie cependant une mise en scène par moment bancale mais réjouissante dans l'ensemble. Un excellent jeu mais un Max Payne aussi particulier qu'un minimum décevant.

VERDICT

Avantages

-Visuellement très appréciable
-Le bullet-time
-Les transitions entre cinématiques et séquences à peine jouables
-Un multi très riche
-Max Payne, un personnage hors du commun.

Inconvénients

-Filtre visuel décevant
-Des cinématiques inutiles
-Trop de dialogues pour une histoire peu entraînante.
-Une fin, burlesque.
-Le système de couverture trop présent

Graphismes
4,5 étoiles
8.5 / 10
Un rendu détaillé dans des environnements qui différent suffisamment. L’animation régale mais le bémol vient de la surenchère lors des cinématiques à base de filtres rapidement dérangeants !
Jouabilité
4 étoiles
8.0 / 10
Les fondamentaux répondent bien présents mais restent dorénavant en retrait, pour introduire différents concepts qui dénaturent un minimum l’esprit de la licence. La lourdeur des déplacements cause à quelques moments, des regrets bien fâcheux. Cela reste néanmoins efficace !
Durée de vie
4 étoiles
8.0 / 10
Une longévité conséquente, un rythme soutenue, un mode multi qui conviendra à beaucoup de joueurs. Une durée de vie convaincante !
Bande Son
4,5 étoiles
9.0 / 10
Des voix d'exceptions qui donnent de la crédibilité à des personnages malheureusement pas suffisamment bien traités. Cependant, les musiques apportent également satisfaction.
Scénario
3,5 étoiles
7.0 / 10
Les dialogues savoureux ne suffisent pas à éviter au récit de tomber dans de sérieux travers. Une histoire que l'on suit plus par ses conversations aussi graveleuses qu'appréciables.
Note Globale
4 étoiles
8.0 / 10
Un retour sous le feu des fusils qui ne passe clairement pas inaperçu.
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Commentaires

12 Jun. 2012 | 14h20


TeddyWayne
Le jeu est dur et demande de la patience mais l'ambiance est géniale :)
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