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La Malédiction de Judas

Console : PC
Éditeur : Micro Application
Développeur : Artematica
Date de sortie : 13 avril 2007
Multijoueurs : non
Public : 12 ans et +

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Posté le Mardi 12 Juin 2007 par ennissay



Il fut un temps où le genre des point 'n click florissait. Chaque éditeur se devait d'avoir son propre jeu d'énigme dans un milieu où Lucas Arts dominait clairement les autres par le génie et l'humour de ses créations. Puis le genre a peu à peu disparu avec l'apparition et la démocratisation de la 3D dans les jeux vidéo pour le plus grand malheur des fans du genre. Ceux-ci peuvent depuis peu sécher leurs larmes car ces dernières années le genre du point 'n click, c'est à dire les jeux d'énigmes jouables exclusivement à la souris, a ressuscité de ses cendres d'une manière assez spectaculaire. Entre la série des Run Away et la réapparition de Sam & Max, il semble que le jeu d'aventure de la belle époque ait retrouvé ses lettres de noblesse. Quelques éditeurs modestes s'engouffrent donc dans la brèche pour essayer de s'installer dans une niche où les gros producteurs de jeux d'action ou de RPG ne les atteindront pas. C'est le cas de l'éditeur Micro Application qui avec les services des petits gars d'Artematica nous proposent un jeu d'énigme à l'ambiance sombre, La Malédiction de Judas.


Un complot pas très catholique

On dit d’eux que leur puissance au combat est inégalable, que leur charge groupée suffirait à anéantir des milliers d’hommes, les trésors qu’ils ont pu amasser lors de leurs périples défie l’imagination. C’est en tout cas la réputation que portent depuis longtemps les Templiers, l’ordre ecclésiastique fondé par l’Eglise de Rome dans le cadre de la lutte pour la terre sainte, les Croisades. Toutes sortes de légendes tournent autour des Templiers et des trésors inestimables qu’ils ont pu cacher, on dit d’ailleurs que certains peuvent révéler le sens de la vie. Le 10 juin 1194, la cité de Chartres et sa somptueuse cathédrale gothique sont incendiées par une branche extrémiste d’hérétiques cathares. On raconte que la cathédrale abritait un morceau de la robe de Marie mais les Templiers étaient heureusement là pour secourir le bout de tissu moisi avant qu’il ne soit réduit en fumée. Depuis ce jour, on se sait pas où réside ce fragment. C’est à cette histoire teintée de légende chrétienne que Jonathan Dante, journaliste américain, sera mêlé bien malgré lui. Alors qu’il s’apprêtait à interviewer un cardinal de Rome, les services britanniques de Scotland Yard l’appellent d’urgence et lui demandent de se rendre à Londres. Sur place il apprend que son oncle, qu’il croyait décédé depuis 10 ans, vient d’être assassiné. A partir de là, le cher Jonathan va être entraîné dans un tourbillon d’événements qui lui donneront un sérieux mal de crâne.


Petite virée touristique à coups de clics

Vous l’aurez sûrement remarqué, le scénario de la Malédiction de Judas a le goût et l’odeur de Da Vinci Code. Organisations secrètes, meurtres mystérieux, trésors des Templiers, énigmes dans de nombreux lieux célèbres de la chrétienté, à première vue, tout est là pour nous faire passer un petit moment sympathique dans cet univers de polar sombre. Le tout a certes un arrière-goût de réchauffé mais il faut bien avouer qu’on se plonge sans problème dans l’ambiance du jeu dès les premières minutes. Les développeurs ont optés pour un environnement entièrement modélisé en 3D pré-calculée. Les plans sont donc fixes mais nous permettent de jouir d’une grande finesse graphique et de jeux de lumières plus sophistiqués. Les différents lieux de l’action comme la cathédrale de Chartres ou le Vatican sont d’ailleurs assez fidèlement retranscrits même si on peut leur reprocher de manquer un peu de vie et d’animations. De quelques clics avisés, on peut alors mener notre personnage dans ces différents environnements à la recherche d’indices ou d’objets clés. L’affaire n’est d’ailleurs pas toujours des plus aisée, les changements de plan sont parfois assez déroutants et il n’est pas rare d’être un peu perdu dans le décor. Le reste est assez instinctif, clic gauche et clic droit vous permettent d’observer ou d’utiliser les différents objets qui parsèment votre chemin et le tout s’exécute sans trop de mal. Il est à noter que les observations importantes que relèvent le personnage sont directement notées dans votre petit carnet. On doit alors utiliser ces petites notes pour résoudre quelques énigmes notamment en les partageant avec l’un des collègues qui nous accompagnent durant l’aventure (un communicateur à l’utilisation assez peu ergonomique est réservé à cet usage). Dans l’ensemble, si la prise en main n’est pas sans faille, on s’y fait assez rapidement, on regrette toutefois la lenteur de certaines actions.


Musiques envoutantes et jeux d'acteurs monoexpressifs

En tout cas, l’ambiance n’en pâtit pas trop, la musique est d’ailleurs là pour soutenir l’atmosphère sombre et mystérieuse du jeu. Tantôt énigmatique, tantôt oppressante, le travail de composition est ici assez remarquable et nous immerge sans mal dans le monde sombre de cette aventure. Les musiques sont de plus assez variées, en tout cas suffisamment pour ne pas être trop redondantes. Les dialogues, quant à eux, ne jouissent pas vraiment de la même qualité. Entièrement doublées en français, les répliques manquent souvent de percussions et le jeu des acteurs manquent de vie et d’émotion. Les visages des différents protagonistes sont d’ailleurs quasiment inexpressifs ce qui n’arrange rien au tableau. Les plaisanteries de ce fanfaron de Jonathan tombe trop souvent à plat et les dialogues manquent de rythme dans l’ensemble. A vrai dire, le bougre s’en tire beaucoup mieux lorsqu’il est seul et qu’il aborde les situations improbables auxquelles il est confronté d’un ton très désinvolte et assez comique. Sans pour autant être catastrophique, le jeu des acteurs est donc au final tout juste crédible.


La Malédiction de Judas, ou comment résoudre une énigme avec une boîte de biscuits

Au niveau de l’ambiance, la Malédiction de Judas ne s’en tire donc pas trop mal et parvient sans trop de difficultés à nous immerger dans son histoire. Toutefois, le tableau ne fait que s’obscurcir au fur et à mesure que l’on progresse dans le jeu.
Le défaut récurrent des jeux d’énigme à la souris est une trop grande linéarité et un choix trop limité des actions. Ici le soft d’Artematica atteint le summum du vice. Jamais dans mon expérience de joueur (et croyez-moi, je suis un grand fan du genre) je n’ai été confronté à une si grande rigidité. On n’a pour ainsi dire aucun choix. Chaque action doit être effectuée dans un ordre précis sans quoi vous risquez d’être coincé un bon moment. Il est par exemple impossible de ramasser certains objets tant qu’une certaine action n’a pas été réalisée auparavant. Aberrant. On est donc souvent contraint à tourner en rond sans cesse en cliquant une énième fois sur le même endroit en espérant que cette fois-ci un événement se déclenchera. La possibilité de jouer avec plusieurs personnages en parallèle aurait sans doute pu palier à cette trop grande linéarité. Elle l’aggrave. On doit en effet parfois coopérer entre les personnages en s’échangeant des informations via le communicateur. L’idée initiale était plutôt bonne mais là encore pèche par sa trop grande rigidité. Pour exemple, il peut arriver que des personnages indispensables à l’avancement de l’histoire apparaissent simplement si un des protagonistes a pu envoyer les informations nécessaires à son acolyte. Il n’y a trop souvent aucun lien logique entre les actions qu’on effectue et les conséquences qu’elles occasionnent. Pour couronner le tout, il n’est aussi pas rare d’être coincé simplement parce qu’un objet indispensable à l’avancement a échappé à votre vigilance. Je ne résiste d’ailleurs pas à vous faire part d’un exemple complètement aberrant. Vers la fin du jeu, vous êtes en possession d’un fragment de la robe de Marie et vous découvrez qu’en la plongeant dans un mélange alchimique vous pourrez y faire apparaître une inscription. Il vous faut pour cela de l’eau, de l’amoniac et du mercure. Pour l’amoniac, vous devrez vous rendre dans un aéroport privé pour trouver une bouteille de détergent dans une poubelle. Pour trouver le mercure, vous devrez vous rendre dans l’appartement d’un de vos amis assassiné pour y trouver un thermomètre dans sa chambre à coucher. Et enfin, pour trouver l’eau vous n’aurez pas d’autres possibilités que d’aller la chercher à une fontaine publique d’un quartier malfamé de Londres alors qu’un de vos collaborateurs vous attend dans son grand manoir. Manque de pot, on a oublier d’y installer des robinets. Le plus risible reste néanmoins le récipient de ce mélange qui ne peut être qu’une boîte de biscuits vide en métal et absolument rien d’autre. Vous voilà donc en pleine nuit dans un quartier malsain de Londres à faire votre petit mélange alchimique dans une boîte de biscuit. La situation est surréaliste. Le plus rageant dans tout cela, c’est qu’absolument aucune réflexion logique vous permet de trouver ces éléments. Trop souvent, les énigmes ne sont pas logiques et peu cohérentes. Les autres sont trop faciles.


Manque de moyens

Rajoutez à cela un scénario qui ne tient pas toujours debout et très mal ficelé et l’addition commence à être sacrément salée pour la Malédiction de Judas. Certaines scènes semblent même avoir été carrément coupée, on a parfois donc du mal à comprendre pourquoi on est à un tel endroit et ce qu’on y cherche. Tout cela traduit un évident manque de moyens du studio d’Artematica. La réalisation des cinématiques laissent par ailleurs franchement à désirer et flirte souvent avec le mauvais goût. Il en est de même pour l’animation des personnages qui laisse trop souvent un goût d’inachevé et de travail bâclé.

Bref, le bilan est finalement clairement négatif pour La Malédiction de Judas. Le jeu proposait pourtant une ambiance convaincante et dans les premières minutes de jeu on se laisse guider sans mal dans l’aventure qui s’annonce assez intéressante. Cependant, un manque de logique et de cohérence dans les énigmes ternissent rapidement le tableau. Couplé à des graphismes moyens et à une intrigue parfois mal ficelée, le jeu commence déjà à battre sérieusement de l’aile. La conclusion de l'histoire complètement ridicule l'achève définitivement (intervention de Jésus en personne et de sa voix virile, la classe...). Je ne peux donc pas vous conseiller d’acheter ce jeu, pas même si vous le trouvez à prix réduit. Le soft est loin de rivaliser avec ses concurrents, je ne peux donc que conseiller aux fans du genre de se rabattre sur le dernier Run Away ou bien sur le prochain Sam & Max qui devrait voir le jour dans nos rayons à la fin des vacances d’été.

VERDICT

Avantages

-Ambiance polar
-Intrigue à la Da Vinci Code
-Musiques envoutantes

Inconvénients

-Enigmes trop souvent illogiques
-Linéarité à toute épreuve
-Réalisation technique qui laisse franchement à désirer
-Dialogues manquants de vie et de conviction
-Conclusion de l'histoire à mourir de rire

Graphismes
3 étoiles
6.0 / 10
La 3D précalculée offre un rendu fin mais qui manque de vie. La modélisation et l'animation des personnages manquent par ailleurs de finition.
Jouabilité
4 étoiles
7.5 / 10
Ni mauvaise ni excellente, la jouabilité demande un petit temps d'adaptation.
Durée de vie
3,5 étoiles
6.5 / 10
Comptez environ 6 heures au grand maximum pour finir l'aventure, un temps de jeu par ailleurs rallongé par des énigmes trop illogiques.
Bande Son
3 étoiles
6.0 / 10
Les musiques collent parfaitement à l'ambiance sans être trop redondantes mais les dialogues pèchent par leur manque de rythme et de crédibilité.
Scénario
3 étoiles
6.0 / 10
Le scénario part plutôt bien mais est par la suite terni par quelques raccourcis déroutants.
Note Globale
2,5 étoiles
5.0 / 10
C'est avec la moyenne que s'en tire la Malédiction de Judas mais c'est plutôt pour souligner les efforts faits au niveau de l'ambiance générale du jeu que je ne descends pas plus bas. Encore une fois, de grosses carrences de logique et une linéarité absolue des énigmes m'interdisent de vous conseiller ce jeu. Le choix dans le genre est de plus assez vaste pour y trouver beaucoup mieux.
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Commentaires

12 Jun. 2007 | 18h56


ennissay
je sais pas si vous étiez au courant, mais en fait Judas a survécu depuis près de 2000 ans, il était en fait le prêtre de la cathédrale de chartres...pfff comment gacher un scénario!

12 Jun. 2007 | 19h06


Guillaume
Rien que le titre ne donne pas envie d'acheter le jeu... j'avoue que j'ai bien quelques petites préférences pour les genres de jeu mais un "point 'n clik" n'a jamais fait fureur dans le monde vidéoludique. Il est vrai que le soft semble très linéaire, les graphismes sont quant à eux médiocres et je me demande ce que doit être la bande-son... au final donc, La Malédiction de Judas a plutôt l'air d'un titre pour les Kevin qui aiment bien claquer du fric. (beau test enni ^^)
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