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I Am Alive

Console : Playstation 3
Éditeur : Ubisoft
Développeur : Ubisoft Shanghai
Date de sortie : 4 avril 2012
Multijoueurs : non
Public : 18 ans et +

Note des membres
2 votes (3.75 / 5)
Posté le Jeudi 12 Avril 2012 par Yonnix
D'aucuns disent que le genre Survival-Horror ne se porte pas au mieux. En ce qui concerne l'Horror, on ne se prononcera pas ici. A l'inverse, pour ce qui est du Survival, Ubisoft nous certifie le contraire en nous en servant un diablement efficace. Il s'appelle I Am Alive : résultat inespéré d'un tumultueux projet annoncé en 2008 jusqu'alors appréhendé comme « plus Dead que Alive ».

Juillet 2008. Los Angeles. Les organisateurs de l'E3 tentent de redonner ses lettres de noblesses à celui qui s'était quelque peu perdu par manque d'ambition, un an plus tôt. Participant à « l'effort de guerre », Ubisoft lève le voile de l'un de ses plus originaux projets : I Am Alive, que l'on découvre par le biais d'un trailer subjuguant. La vidéo donne le ton, la survie d'un homme, lorsque toute institution sociale a disparue, lorsque le comportement d'un individu n'est plus régi et régulé par la pression que lui incombe la société, lorsque la sécurité que cette même société est sensée lui conférer n'est plus assurée ; tel est le thème au cœur du projet I Am Alive. Les hommes, livrés à eux-mêmes, ne luttent plus ensembles, et rentrent dans la « guerre du chacun contre chacun » (Hobbes, « Théorie du contrat social »). Qu'il soit organisé en bande, ou seul face à l'adversité, une simple bouteille d'eau - comme l'illustre fort bien le trailer évoqué plus haut, qui donne une bonne vision de ce à quoi le titre devait aboutir idéalement - représente un sésame assez primordiale pour lequel tuer l'un de ses congénères n'est qu'obsolète. La proposition, ludique et - on l'espère - scénaristique, est on-ne-peut-plus intéressante. Cependant, le soufflet va retomber, et notre excitation deviendra appréhension : janvier 2009, Darkworks - initialement au commande du développement - est dessaisi de l'affaire, Ubisoft Shangai prend alors le relais. En cause la qualité hypothétique du soft. Puis, le silence radio. Pesant. Est-il mort ? Non, ressortie sans crier gare de la tombe que la presse et les joueurs lui avaient creusés, I Am Alive sortira, en téléchargement sur PSN et Xbox Live. Pas très rassurant, mais l'on s'en contentera, se dit-on alors. Et maintenant qu'on l'a terminé, le constat est clair : il aurait été dommage que I Am Alive nous passe sous le nez.

Impétueuses ascensions


Le jeu se lance. D'entrée, l'introduction et son ambiance poisseuse nous saisit à la gorge. Le fond de l'air est dur. Terni par la rudesse des temps. Le héros apparaît à l'écran, se nomme Adam, et vient de passer la pire année de son existence. L'année qui a suivi le Choc. Épouvantable évènement. Celui responsable de l'état du monde. Celui depuis lequel Adam n'a de cesse de courir à travers les États Unis, à la recherche de sa femme et de sa fille. Mais aujourd'hui, il touche au but, il en est certain : il va les retrouver. C'est dans ses conditions que l'on s’installe dans la peau de l'homme, et nous plongeons dans l'Amérique dévastée d'I Am Alive. Directement, le filtre graphique impose sa patte, salissante, gorgée de particules, l'atmosphère est lourde. Vient le moment d'escalader l'un des pics qui composent la structure d'un pont. Rien de bien compliqué, les contrôles semblent, et sont, simples. Et puis la bande son se fait plus menaçante, plus angoissante. On ne l'avait pas remarqué jusqu'alors, mais notre jauge d'endurance a considérablement diminuée. Le stress s'empare de nous, et le sort nous incombe de très vite faire en sorte que notre personnage parvienne rapidement sur une plate-forme stable. Oui, les séquences de grimpettes du titre d'Ubisoft ne seront à aucun moment des instants de sérénité, mais bien d'intenses montées où la mort, due à une trop grande fatigue, nous menacera sans relâche.

La mort, dans I Am Alive, ne doit pas être prise à la légère, comme dans la plupart des jeux de nos jours. Lorsqu'il lui arrive de succomber, le joueur doit, pour recommencer au dernier point de passage, se délester de l'une de ses « tentatives ». Et si par malheur il les utilise toute : il doit repartir de zéro, purement et simplement ! De base, trois de ces tentatives nous sont octroyer. Il sera possible au cours de la progression d'en récupérer, en fouillant un peu partout. Chaque point de passage nous rehausse notre compteur à trois tentatives, si tenté que nous les avions perdu. Inutile de dire que l'implémentation de ce système fait de I Am Alive un jeu éprouvant : le genre de titre où l'on y réfléchit à deux fois avant de réaliser une action. Qui plus est en « mode Survie », où les points de passages n'ont plus les mêmes effets salvateurs. En effet, notre jauge d'endurance, lorsque l'on effectue un effort, se vide comme peau de chagrin, et lorsqu'elle en arrive à son terme, nous laisse réaliser un « ultime effort » non sans conséquence, car consumant sa capacité même de contenance. Capacité qui ne retrouvera sa taille initiale qu'au moyen de provisions, de médicaments et autres kits de survie, dénichés dans la douleur au préalable, car littéralement distillés au compte-gouttes par les développeurs. Ces derniers, ont également fait en sorte que l'on trouve de temps à autres des pitons, ustensiles bien utiles car permettant de marquer une pause dans notre ascension, ainsi que de regagner l'intégralité de notre endurance. Plus encore que pour calmer nos nerfs, pourtant bien à vifs, cela instille un zeste de stratégie dans nos moments de grimpettes. Ai-je la force d'escalader cette façade ? Cela en vaut-il vraiment la peine ? Pour sur, ces questions : vous vous les poserez. Et mieux vaudra peser le pour, et le contre, consciencieusement. L'essence même d'un Survival.

Dangereuse société


Dans le monde dévasté de I Am Alive, chacun s'est organisé comme il le pouvait. Certains tentent tant bien que mal de rester respectueux envers autrui. D'autres usent d'agressivité en cas de violation du territoire, qu'ils se sont évidement eux-mêmes créé. D'autres encore ont fait le choix de pleinement pervertir leur humanité par l'animalité, et agressent, pillent, tuent, pour arriver à leurs fins. Ces trois catégories de groupes et personnes, vous les rencontrerez. La première, ne vous sera évidement pas dangereuse. C'est même tout l'inverse. Ceux-là vous aideront en vous délivrant quelques précieuses informations dans certains cas de figures, dans la mesure où vous leurs apportez votre aide – comprendre faire don d'une ressource spécifique. Les quidams de la deuxième catégorie, quant à eux, ne sont pas de ceux qui vous porteront le plus préjudices. Si l'on ne fait pas mine de les attaquer, ils ne feront que nous menacer – si l'on puis dire – et ne mettront leurs offensives à exécution qu'en cas de comportements belliqueux de notre part - comportements motivés par une ressource en possession de ces congénères. Mais soyons clairs, ce sont bien les membres de la troisième et dernièrement citée catégorie que nous rencontrerons le plus souvent.

Face à eux, plusieurs façons d'agir. Sachant que notre personnage est très vulnérable. En possessions d'un pistolet, dont les munitions sont extrêmement rares. D'un arc, dont le carquois n'est fourni que de deux flèches grand maximum ; et d'une machette. Un groupe de vilains s'avance vers nous. Se gaussant de nous délester de nos maigres ressources, et accessoirement de notre vie. Il faut réfléchir. Analyser la situation. Ont-ils une, ou plusieurs armes à feu. Si oui, ce sont les détenteurs de ces dernières qu'il faudra éliminer en premier. Les autres, en plus d'être moins puissants, seront intimidés et se rendront peut-être. Les attaquer par surprise. Laisser avancer le plus puissant, et lui asséner un bon coup de coutelas. Récupérer son arme, mettre en joug les opposants restants, sans forcement avoir l'intention de tirer : jouer l'intimidation. Soit ils sont intelligents, et ils se rendront. Soit ils attaquent, et le sang giclera ! Très fortes en adrénaline, ces joutes le sont grâce à la très faible marge d'erreur permise. Un seul faux pas, et la moitié de notre barre de vie y passe, notre contrôle de la situation y comprit. Un deuxième, et s'en est finit. On repart au point de passage précédent, une « tentative » en moins. Par ailleurs, les seuls reproches que l'on puisse faire à I Am Alive résident, d'une part dans le manque de diversité des réactions de nos adversaires, à l'intelligence artificielle limitée, trop binaire dans son fonctionnement. Passée la moitié du jeu, les combats se systématisent. La mécanique se répètent, nos actions également. D'autre part, les mouvements et animations d'Adam sont assez rigides, et il arrive que l'on soit dépassé par la situation, non pas par manque d’intelligence et d'intention, mais bien par rugosité de gameplay, un poil mal fignolé.

Sublime apocalypse


Toutefois, ne pas toucher à I Am Alive à cause de ces quelques griefs, serait une grave erreur. Nonobstant également sa technique, il est vrai, franchement vieillotte et dépassée. Ubisoft Shanghai nous propose, pour 14.99 euros, environ six heures de pure souffrance. Nous sert un titre qui a su composer avec les codes installés par les plus brillantes œuvres relatives à la survie dans une société dévastée – on pense entre autre ici à La Route, aussi bien le bouquin que le film. Cela faisait longtemps qu'un jeu ne nous avait pas saisit par son ambiance à ce point. I Am Alive respire la tristesse, la mélancolie, la désolation, l'effroi parfois même. Du stress ressenti lors d'escalades on ne peut plus risquées, de la peur éprouvée, lorsque plongé dans la pénombre d'un bâtiment que l'on sait peu fréquentable. Lorsque l'on est contraint de traverser une ville, en proie à une tempête de sable effroyable. On regrettera simplement qu'il ne soit pas totalement allé au bout de son propos sur certain point. En causes les différentes relations qu'Adam tisse avec d'autres protagonistes. Sans trop en dire, lorsque notre héros se retrouve en charge d'une jeune fillette. Que celle-ci soit clairement mis en danger, que l'on doive véritablement s'inquiéter pour cette être forcement sans défense, aurait foncièrement amplifiée notre implication dans l'aventure. Mais ceci n'est que pinaillage. Clairement, I Am Alive est un jeu qui vous prend aux tripes, une expérience viscérale, désormais incontournable - malgré quelques imperfections - pour tout amateur de Survival burné.

VERDICT

Avantages

- Une expérience délicieusement éprouvante
- L'ambiance oppressante
- Séquences de plate-formes douloureuse
- Visuellement poisseux à souhait
- Bande son d'une impeccable justesse

Inconvénients

- Une I.A. limitée
- Une maniabilité un peu rigide
- Techniquement vieillot

Graphismes
4 étoiles
7.5 / 10
Techniquement, on ne peut pas dire que l'ensemble soit au top. Cependant, le parti pris visuel très sombre et poussiéreux parvient à nous plonger de façon satisfaisante dans l'univers.
Jouabilité
3,5 étoiles
7.0 / 10
Bien qu'assez rigides, les contrôles et la maniabilité sont satisfaisants. L'instigation du système de jauge d'endurance et de sante, couplé à un système de mort définitive, rendent l'expérience on ne peut plus angoissante.
Durée de vie
3,5 étoiles
7.0 / 10
Comptez environ 5h30-6h pour arriver à bout de l'aventure en mode normal.
Bande Son
4,5 étoiles
8.5 / 10
Somme toute classique niveau thème musicaux, les musiques dites-d'ambiances sont elles d'une justesse impeccable.
Scénario
4 étoiles
8.0 / 10
Le scénario brille plus par sa propension aux non-dits et aux sous-entendus implicites que par la richesse des noeuds qui le composent.
Note Globale
4 étoiles
8.0 / 10
Formidable surprise que ce I Am Alive. Nonobstant son développement qui semble avoir été jonché d'embuches, le titre de Ubisoft Shanghai est un jeu qui vous prend véritablement aux tripes. Une expérience viscérale, servie par des mécanismes de jeu rudes et éprouvant. Rarement produit ne nous aura retransmit à ce point les sensations qu'éprouve un homme plongé en milieu hostile, selon ce qu'on peut imaginer sans l'avoir - fort heureusement - vécu. Désormais incontournable - malgré quelques imperfections - pour tout amateur de Survival burné.
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Commentaires

12 Apr. 2012 | 12h30


Vinz
Il faudrait que je me le fasse, mais pas d'ici demain avec le peu de temps que j'ai :-)

12 Apr. 2012 | 14h17


Yonnix
Toi qui aimes Dark Souls - toi qui es donc maso - devrait l'apprécier ;)

13 Apr. 2012 | 10h07


Vinz
Haha fort possible :-) Tient faut que je me remette à Dark Souls, j'était un peu bloqué :)
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