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Hunted : The Demon's Forge

Console : Xbox 360
Éditeur : Bethesda Softworks
Développeur : InXile Entertainment
Date de sortie : 3 juin 2011
Multijoueurs : oui
Public : 18 ans et +

Note des membres
1 vote (2.50 / 5)
Posté le Mercredi 19 Octobre 2011 par itokiry
Les RPG sur console de salon ont peut-être la chance d'être nombreux, mais pour ce qui est de la qualité, elle pose trop souvent un lapin, et qui plus est pas des plus jolis. Avec Hunted : The Demon's Forge, Bethesda nous avait promis en Juin dernier, lors de sa sortie, une aventure des plus exaltantes, comblant les déçus du jeu de rôle next gen, ou du moins leur proposant une alternative sympa à leur Final Fantasy favori... Mais la vérité est parfois toute autre des racontars faits pour vendre un jeu vidéo, et nous allons voir que ce soft en est un exemple parlant.


Des débuts mitigés


Après une cinématique d'introduction pas particulièrement belle, mais époustouflante par sa mise en scène qui prend étonnamment aux tripes dès la première seconde, grâce notamment à l'ambiance musicale qui y est réussie, le jeu nous lâche dans un univers sombre duquel on aurait tendance à se méfier. Une sorte de grotte au design pas fameux, dégageant une aura malsaine un peu effrayante. On avance, et au détour d'un couloir rectiligne on finit par tomber sur une sorte de bête gluante géante pas très accueillante... Mais ouf, ce n'était qu'un rêve, et nous nous réveillons en sursaut au milieu des bois, aux bords d'un feu de camp aux animations moyennes. Gardons bien cette dernière image à l'esprit : celle du démon géant qui surgit de nulle part dans l'obscurité, parce que c'est l'une des très rares séquences marquantes du jeu. On aurait presque sursauté... Mais non, même la scène la plus épique du jeu ne fait les choses qu'à moitié, nous laissant croire que l'on va se fritter avec du gros méchant monstre, avant de nous réveiller dans un monde plus coloré et moins délectable, quoique moins rectiligne. Certes, la première impression de la prise en main donne envie de continuer, mais une fois la première baston engagée, ce ne sont pas les arguments qui manquent pour lâcher la manette, déjà. Lorsque l'on démarre vraiment l'aventure, c'est aux commandes d'une elfe qui, comme sa race l'indique, sera spécialisée dans le combat à distance (le combat à l'arc quoi!), ce qui d'office promet à juste titre un jeu sans surprise, puisque pompant dès ses débuts des poncifs de l'héroïque fantaisie. A ses côtés, bien entendu, une brute humaine, compensant l'aspect chétif et le manque de puissance au corps à corps de la demoiselle aux oreilles pointues. Et là encore, pas de surprise : on sait à l'instant que l'on va devoir diriger les deux personnages, et que cela va apporter des interactions que l'on espère réussies.

Mais comme le laissaient présager ces débuts somme toute très moyens et peu attractifs, nos espoirs étaient vains. Les interactions sont d'abord basiques, et doublées d'une répititivité sans égale. On passe notre temps à ouvrir des portes ou passer par des endroits étroits, pour finalement effectuer un truc un peu original toutes les heures, et encore c'est en période dynamique et inspirée. Mais pas d'affolement pour autant, du moins pas tout de suite, car si ces actions contextuelles sans intérêt ne sont pas ce que l'on fait de mieux, rien de bien grave puisqu'elles ne prennent pas plus de dix secondes chacune. Là où ça devient grave, c'est quand le jeu en lui même est répétitif à outrance. Sans trop exagérer, on peut noter deux types de phases qui composent l'aventure du début à la fin, sans discontinuer, et sans se renouveler : la première est une phase basique de combat dans une arène à la Gears of War, avec des murets pour se cacher et quelques snipers sur les hauteurs ; la seconde est une séquence beaucoup moins exaltante (même si la première ne l'était qu'à moitié), puisqu'il s'agit de déplacement dans des couloirs pas déguisés, et surtout au design vomitifs. Parfois, la seconde phase est coupée par des séances de joutes très mal pensées, parce que combattre à l'épée et à l'arc dans un couloir de un mètre cinquante de large n'est pas ce que le jeu vidéo a fait de plus logique et facile. Et quand on se retrouve dans une arène, on s'attend logiquement à un affrontement dantesque à la Gears of War, comme le laisse présager l'environnement... Mais bien entendu ce serait trop beau. Les armes manquent cruellement de punch, qu'il s'agisse de l'arc de l'elfe ou de l’arbalète de l'homme, ou alors des armes de corps à corps. Les ennemis sont de surcroît beaucoup trop mous, lents, mais arrivent quand même à nous mettre à terre facilement. Un conseil : Choisissez la difficulté « néophyte », vous risquez de perdre moins de cheveux à essayer de vous dépêtrer des séquences tendues.

Certes, Hunted : The Demon's Foge emprunte beaucoup à Gears of War dans sa construction et aussi dans son maniement, qui essaye de le copier sans succès, mais pas seulement. Car si dans ce grand nom du jeu vidéo Microsoft il est possible de combattre au corps à corps à l'aide de la belle tronçonneuse par exemple, ne pas se servir de balles est assez risqué. Le gameplay ne s'y prête en effet pas particulièrement, même si il n'est pas trop difficile de réaliser ce genre de coups, mais surtout les armes en question ne sont pas des plus faciles à manier. Ici, c'est malheureusement un élément de gameplay essentiel duquel il faudra beaucoup user pour espérer terminer le jeu, et surtout ne pas trop s'ennuyer en alternant le tir et le corps à corps. Et malheureusement, la prise en main est peut-être similaire à Gear of War, mais elle est moins bien réussie, ce qui signifie que sortir son épée du fourreau est un réel supplice tant cela est difficile de manier tel outil. Quelques détails sont sortis de nul part, comme des cadeaux divins, pour sauver la jouabilité, et s'avèrent provenir directement d'un certain God of War, non moins connu que la licence de Epic Games. Par conséquent, les affrontements, même si ils ne sont pas ce qui se fait de plus ergonomique, réussissent à conserver une certaine fluidité, et aussi à être suffisamment bourrins pour que le supplice soit adouci. Attention toutefois, car si deux grands noms du jeu vidéo sont cités dans ce test, oser les comparer à Hunted serait les insulter, ce jeu-ci étant très moyen en comparaison à ces bêtes de scène. Certes, le système de couverture et la prise en main sont quelque peu similaires à ce que l'on peut trouver dans les Gears of War, mais leur qualité est bien moindre. Certes, le combat au corps à corps ressemble à celui de God of War sous certains aspects, mais encore une fois, la comparaison ne tient évidemment pas la route.


Monsieur Hunted, tu n'es pas très beau


Au premier coup d’œil, Hunted laisse penser que l'aventure sera riche en couleurs et en détails visuels notables, mais une fois le second environnement découvert, il apparaît clairement que notre rétine a du souci à se faire. Si le level design répétitif et pas inventif pour un sous n'a pas attaqué votre vision à grand coup de couloirs mal dissimulés, voire pas du tout, et d'arènes mal pensées, ce sera aux textures moyennes de s'en prendre à vous. Les quelques tentatives d'impression de labyrinthe sont elles aussi loupées, puisque les couloirs partant à gauche ou à droite, et ne devant pas être empruntés, sont reconnaissables, et surtout notre bon ami le Guide Spirituel, qui nous montre la voie à emprunter comme dans Dead Space, viendra nous tenir la main. Étrangement, très étrangement d'ailleurs, c'est quand le jeu n'essaye pas de nous perdre qu'il le fait, avec des arènes un peu grandes aux détails fourmillants nous gâchant la vue. Mais une fois encore, un appel au Guide Spirituel, et tous nos soucis sont envolés. Les animations des personnages viendront en rajouter une couche elles aussi, avec leur relative raideur pas très agréable. Les environnements étant très fouillis, à cause du trop grand nombre d'objets, de débris de bâtiments et de pierres en tous genres, ils perdent encore plus de leur superbe, déjà mal partis avec leur construction mal pensée. Et comme les développeurs n'avaient pas envie de faire dans la demie mesure, ils ont aussi réalisé un bestiaire se passant de commentaire à cause de son manque d'originalité et de renouvellement durant le jeu. Seuls les effets gores, de type effusion de sang et autres découpages de membres sans restriction sont réussis... Enfin plus réussis que le reste quoi.

La cinématique d'introduction donne bien envie d'entendre le reste de la bande son du jeu, avec son morceau épique passé sur fond d'images bien mises en scène. De surcroît, le doublage de la jeune sorcière par dessus passe très bien... C'est d'ailleurs la seule fois, car une fois lancés dans le jeu, force est de constater que la qualité des dialogues est très variable, mais donne bien plus souvent dans la médiocrité que dans la normalité. En somme, si l'on tend bien l'oreille, seuls quelques doublages de personnages secondaires sont réussit. De surcroît, qu'il s'agisse des échanges entre les personnages principaux ou non, ils n'ont aucune saveur, et lorsque celui qui a écrit les textes a tenté de faire quelque chose de drôle, cela ne fonctionne pas. Même les doublages en combat, qu'il s'agisse de ceux des adversaires (très rares) ou des héros, ont été fait à la « va vite ». A coté de cela, certaines musiques sont très bonnes, bien orchestrées, tout en étant généralement très répétitives, et usant de sonorités correspondant trop à l'univers peint dans ce Hunted : The Demon's Forge. Dommage, car certaines d'entre elles auraient vraiment pu être épiques.


Les autres nombreux défauts


Faire le listing des nombreux défauts notables dans les parties correspondantes aurait pris trop de place, voilà pourquoi nous allons les répertorier ici. D'abord, l'IA est pourrie, rongée jusqu'à la moelle par un retard technologique qui se ressent. On a l'impression que les ennemis sortent de la Playstation que l'on a mis au placard, car outre le fait qu'ils soient lents dans leurs déplacements, ils le sont aussi dans la réflexion, à tel point qu'ils passent parfois du temps à attendre en plein milieu du champ de bataille à la recherche de réponses à leurs questions existentielles. Ensuite, la prise en main est assez lourde, contrairement au modèle dont s'est inspirée l'équipe de développeurs : Gears of War. Le fait de jouer avec deux personnages est une bonne chose, cela permet de varier les plaisirs de temps à autres, mais lorsque le second, non joueur, se met en plein milieu du couloir étroit avec la ferme intention en tête de ne pas bouger, on a juste envie de lui arracher la tête. Quand on joue à deux, ce n'est pas beaucoup mieux, car on ne sait jamais où se mettre par rapport à l'autre joueur, et on finit souvent tué pour rien. Le système d'améliorations est trop basique, beaucoup trop, et n'a pas vraiment d'intérêt. En effet, la plupart des améliorations qu'il propose ne sont pas d'une grande utilité, voire ne sont jamais utilisées par le joueur. Enfin, la physique est très bizarre, là encore comparable à de la Playstation, car les rares passages où des choses sautent (explosent quoi) sont justes vomitifs.

VERDICT

Avantages

- Durée de vie correcte

Inconvénients

- Pas beau
- Jouabilité pas très réussie
- Scénario inintéressant
- Bestiaire immonde

Graphismes
2,5 étoiles
5.0 / 10
Pas que le jeu soit foncièrement laid, mais il manque d'une touche artistique prononcée et d'un level design réussit. De plus, les animations des ennemis comme des protagonistes sont un peu trop basiques.
Jouabilité
3 étoiles
6.0 / 10
Copiant à sa guise des grands noms tels que God of War ou Gears of War, Hunted se heurte tout de même à un mur avec l'incompétence de ses développeurs qui ont réussit à faire un travail très moyen, le rendant jouable sans plus. On n'a pas vraiment de sensation une fois manette en main.
Durée de vie
3,5 étoiles
6.5 / 10
Le jeu se terminera en une dizaine d'heures, un peu plus pour ceux qui traînent un peu. C'est un peu au dessus de la moyenne, sans transcender le genre non plus.
Bande Son
2,5 étoiles
5.0 / 10
Quelques rares morceaux sont plutôt bien orchestrés, mais dans l'ensemble le jeu déçois. Les doublages sont aussi très inégaux, avec une qualité plus élevée du côté des personnages secondaires
Scénario
2 étoiles
4.0 / 10
Ni originale, ni captivante, l'histoire de Hunted n'a pas d'intérêt autre que de justifier cette ébauche de combats et ces rares énigmes.
Note Globale
3 étoiles
5.5 / 10
Là où l'on nous promettait un jeu de rôle, le titre semble n'être qu'une simple copie mal faite de Gears of War parsemée d'éléments minuscules de RPG. En effet, les éléments de gameplay pouvant servir à donner une image de jeu de rôle à Hunted ne sont pas nombreux, ni réussit, et surtout ressemblent un peu trop à ce que l'on a pu voir dans certains Beat Them All, comme God of War, mais en moins bien, évidemment. Bref, Hunted : The Demon's Forge est un jeu moyen qui se cherche pendant quelques heures, avant de trouver un équilibre dans une ébauche d'action et de réflexion faiblarde. Trop moyen pour mériter l'étiquette « à posséder », et pas assez pour mériter « à mettre aux ordures », le soft aura sans doute du mal à trouver son public, mais s'avère distrayant quelques heures.
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