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Fragile : Farewell Ruins of the Moon

Console : WII
Éditeur : Namco
Développeur : tri-Crescendo
Date de sortie : 19 mars 2010
Multijoueurs : non
Public : 12 ans et +

Note des membres
2 votes (3.50 / 5)
Posté le Lundi 19 Juillet 2010 par philyra
Il est des titres sur consoles qui ne jouissent pas d’une visibilité à la hauteur de leur potentiel. Fragile Dreams, agréablement sous-titré en Europe Farewell Ruins of the Moon, fait partie de ces jeux proposés par des éditeurs tiers disposant d’une ambiance onirique originale. Ce simple constat me pousse aujourd’hui à vous faire découvrir par l’intermédiaire de ce test le monde délabré mais magique des développeurs de Tri-Crescendo. Peut-être serez-vous alors tenté(e) de vous y aventurer, si la solitude à venir ne vous angoisse pas…

Eclat de lumière


Tout commence dans un observatoire délabré, première évocation d’un monde en perdition, où notre jeune héros prend conscience que la mort de ce vieil homme mystérieux qui l’avait protégé jusqu’ici représente pour lui un départ imminent en terre inconnue. Il s’aventure seul mais néanmoins avec l’espoir de trouver des survivants, d’autres humains, compte tenu qu’une lettre laissée par le vieillard lui indique pour se faire de porter ses pas vers une énigmatique tour. Sous la clarté du ciel étoilé et du haut de ces quinze ans, Seto, puisque c’est son nom, prend donc du matériel ici et là dans l’observatoire avant de s’engager sur un chemin sombre et sinueux. Une phase d’initiation bien intégrée dans l’histoire en somme, où l’on découvre tout autant cette beauté enivrante, qui se dégage ici de la douce luminosité de la lune qui perce le décor, que deux des éléments importants du gameplay de base : la lampe torche et une des armes de combat. Autrement le rythme s’annonce d’emblée plutôt lent et contemplatif. Pour une aventure d’une douzaine d’heure vous voilà prévenu !

La lumière est d’une importance capitale dans le jeu car elle est nécessaire pour avancer, et aussi se rassurer. Ainsi, que ce soit pour discerner chaque recoin et trouver des objets (avec un mode en vue subjective pour une recherche précise) ou pour révéler les ennemis et freiner leur progression, vous disposez d’un objet lumineux à la main dont vous orientez le faisceau par l’intermédiaire de votre Wiimote pointée sur l’écran. En tout vous en obtenez quatre types. Votre première découverte de la lampe torche d’abord, puis viendra la lampe torche spéciale, capable de révéler messages et indices cachés sur les murs au prix d’une absence totale de protection contre les ennemis d’ordinaire faibles sous votre lampe, puis la lampe torche puissante, avec une propagation plus grande que la lampe torche de base, et enfin l’ampoule puissante, capable d’éclairer l’horizon entier de Seto et de grandement affaiblir les ennemis sensibles à la lumière. A noter tout de même que lorsqu’on est équipé d’une arme à distance, comme un arc ou un lance-pierre, cela requiert l’utilisation des deux mains de notre héros qui abandonne sa lampe de manière à ce que le pointeur de la Wiimote soit celui de l’arme (le réticule de visé autrement dit) et non plus celui de la lumière. Mais bizarrement, l’obscurité ambiante vous poussera toujours à préférer les armes à une main, histoire de ne pas vous sentir trop seul et vulnérable. Un thème extrêmement bien exploité dans le jeu il faut avouer.

Nous sommes dans un futur proche et les bâtiments, laissés à l’abandon avec la disparition présumés de masse d’humains, nous semblent familier et dégagent une forme de nostalgie à l’écran. Seules perdurent les ruines et leurs fantômes. Ces derniers constitueront ainsi vos ennemis principaux au cours de la progression. Or, dans le monde des esprits, celui qui est le plus fort c’est celui qui est le plus rapide et dans ce domaine Seto est champion. Sans doute ces longues heures d’exploration à courir, s’accroupir, et marcher sur des zones à risque l’auront rendu fort. C’est donc un fait, à part quelques « boss », voire quelques ennemis communs laissant derrière eux des éléments faisant avancer l’intrigue, vous aurez toujours le choix entre vous battre ou fuir des monstres souvent aussi atrophiés que vous. Le problème vient que le système de combat est assez rudimentaire en plus d’être rigide. En effet, Seto n’est pas un exemple de souplesse et seul le bouton A est sollicité par le joueur, avec un combo limité soit de trois attaques consécutives soit d’un coup circulaire surpuissant. Le véritable intérêt tient alors dans la possibilité que votre arme se casse, vous imposant de gérer votre inventaire (limité) de manière à toujours avoir une arme en poche, classée selon quatre catégories. Il existe les armes à projectiles mais vous avez aussi les bâtons, les marteaux, et enfin les barres. Fragile Dreams ayant des aspirations jeu de rôle (merci Tri-Crescendo), un système d’évolution de niveau accompagne la progression de Seto. De fait, cela n’encourage pas à la fuite abusive, sans quoi vous vous retrouvez avec très peu de PS (points de vie) et un coefficient d’attaque faible. Les bouteilles bleues et rouges ne suffiront alors pas à améliorer vos statistiques de manière satisfaisante pour terminer tranquillement le jeu.

Flammes de l’espoir


Dans le jeu il est des moments de pure contemplation (mon dieu cette lune… et puis ce crépuscule et cette aube en début et fin de partie) et il est aussi d’autres moments de repos bien mérités au coin d’un feu, comme seuls les scouts savent en faire. Agissant tels des zones de sauvegarde, ces camps de fortunes seront aussi le moment de jeter un œil sur les affaires arrachées à l’obscurité. Il peut s’agir d’objets dits « mystères », qui prennent une certaine place dans votre inventaire limité mais qui peuvent cacher des armes précieuses, des bonbons et autres gâteries pour regagner de la vie, des souvenirs de personnes disparues (à écouter sans modération pour s’imprégner de l’ambiance post-apocalyptique), et aussi de l’argent. Cette denrée relativement rare est utile lors des passages aléatoires du marchand. Ce personnage folklorique déguisé avec une tête de poulet vous propose ses services après votre rencontre fortuite dans une galerie souterraine. A vous de voir si vous avez besoin d’une nouvelle arme ou d’un petit remontant. Quoi qu’il arrive les objets achetés iront droit dans votre grande mallette, qui permet de stocker l’ensemble de vos objets. Attention alors de bien profiter de la pause près du feu pour mettre ce qu’il faut dans votre inventaire et ne pas repartir les mains vides. Il faut bien dire que les mécaniques de gestion de l’inventaire auraient gagné à être elles aussi moins rigides et plus accessibles, au lieu d’avoir à reproduire maintes fois les mêmes manipulations. Toutefois ces points de sauvegardes sont nombreux et judicieusement placés. Pas de difficulté rebutante ni de passage ardu au final. Rien que moi, mon personnage, mes ennemis, les environnements et le temps qui passe.

Les lieux parcourus font d’ailleurs la force de ce titre en matière de paysages contemplatifs, en plus de l’aspect attrayant des personnages (et du bon doublage en anglais soit-dit en passant, le japonais étant également disponible). On sent le pouvoir magnétique de la direction artistique qui revêt un caractère vraiment original dans ce jeu, même si certains reconnaîtront la patte de Tri-Crescendo. Retrouver la mystérieuse fille à la chevelure d’argent est une raison suffisante pour aller de l’avant mais on est encore plus heureux quand on rencontre cette petite fille qui nous propose une joyeuse partie de cache-cache, le jeune et plein de vie Crow (traduit Corbeau, sigh) perché sur son attraction de foire, la précieuse unité informatique d’Assistance Personnelle, ou encore Sai. Ces deux dernières nous accompagnent lors de différents moments de l’aventure et nous font profiter d’un système de coopération qui utilise bien les capacités de la Wii. Il s’agit notamment du haut-parleur jusqu’ici souvent caché dans la Wiimote sans personne pour s’en soucier. Autant dire de suite que les développeurs ont eu là une idée de génie que d’exploiter cet outil car même si la qualité sonore n’est pas exceptionnelle le fait que les sons sortent non pas de notre téléviseur mais de notre manette créé sans aucun doute une sensation de malaise. Quand se sont nos alliés qui nous donnent un conseil, cela accroît notre sensation de solitude une fois le silence revenu, quand se sont nos ennemis qui se rapprochent, cela amplifie notre caractère fragile et vulnérable et augmente la sensation de mal-être. On n’est pas dans le domaine du survival-horror, l’approche du jeu étant trop onirique, mais on traverse un registre similaire. Cette ambiance solitaire avec un héros frêle et sympathique y joue pour beaucoup, les cinématiques un brin mélancolique en bonus. Et le petit bonheur dans tout ça, c’est qu’on n’atteint jamais la niaiserie.

VERDICT

Avantages

- Univers poétique
- Environnements réussis
- Beaux effets de lumière
- Micro de la Wiimote au top
- Très bons doublages
- Personnages attachants
- Les différentes lampes
- Les souvenirs à dénicher
- Le petit côté RPG

Inconvénients

- Combats perfectibles
- Héros vraiment rigide
- Très axé exploration
- Rythme parfois poussif
- Des mécaniques à revoir

Graphismes
5 étoiles
9.5 / 10
Les magnifiques couleurs du ciel en extérieur, la masse de détails en intérieur et l’ambiance unique des environnements de manière générale font de ce jeu l’un des plus beaux de la console.
Jouabilité
3 étoiles
5.5 / 10
Le personnage de Seto, rigide et plutôt lent à la détente, gâche quelque peu la prise en main. C’est surtout vrai pour les combats mais comme le jeu pousse à l’exploration on ne s’en plaint pas tant que ça.
Durée de vie
3,5 étoiles
7.0 / 10
Une dizaine d’heure sans trop forcer. On atteint la quinzaine d’heure si on se met à chercher tout les souvenirs et messages cachés sur les murs. Autant vous dire que c’est là tout le plaisir de l’aventure.
Bande Son
4 étoiles
7.5 / 10
Majoritairement discrète, la bande-son se réveille bien quand il faut et prouve que le studio maîtrise son sujet. Le micro de la Wiimote est utilisé à bon escient pour nous plonger un pas de plus dans l’ambiance.
Scénario
3,5 étoiles
7.0 / 10
Au départ de cette histoire poétique et mélancolique : la mort de notre vieux protecteur puis notre envolée du nid. Survient alors notre rencontre avec cette fille aux cheveux d’argent qui chamboule tout. Un joyeux méli-mélo en définitive, mais ça a son charme.
Note Globale
4 étoiles
7.5 / 10
Fragile Dreams est une aventure unique comme on en trouve que sur Wii ou presque. Son ambiance mélancolique, ses décors empreint de poésie, ses personnages éthérés, sa musique délicate et son petit côté RPG… Certes la jouabilité, notamment lors des combats, est perfectible, le héros étant trop rigide, mais les sensations offertes par la prise en main via les torches, l’utilisation du haut-parleur de la Wiimote et les environnements qui s’ouvrent à nous sont des raisons suffisantes pour se plonger dans ce songe mémorable. A condition de ne pas rechercher l’action et d’être à même d’accepter la criante solitude.
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