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Invité

Dishonored

Console : Playstation 3
Éditeur : Bethesda Softworks
Développeur : Arkane Studios
Date de sortie : 12 octobre 2012
Multijoueurs : oui
Public : 18 ans et +

Note des membres
2 votes (4.75 / 5)
Posté le Vendredi 26 Octobre 2012 par itokiry
A chaque année sa claque, son jeu phare qui met tout le monde d'accord, même les plus virulents. A chaque année son grand cru, sa perle rare, son game of the year magistral. Cette année, tout laissait à croire que la bataille se jouerait entre Call of Duty : Black Ops 2 (LooooL !) et un nouveau venu sur la scène des Firts Person Shooter : Dishonored. Ce dernier avait fait beaucoup parler de lui dès ses premières présentations, et en bien, à croire qu'en plus d'être rafraîchissant il cachait un gameplay parfait... Maintenant que ce très attendu titre est sorti, voyons à quel point il s'approche de la perfection vidéoludique !

Un monde à l'agonie



N'allons pas jusqu'à dire qu'il s'agit du détail le plus marquant de ce Dishonored, qui cache bien des surprises à qui prend le temps de s'y pencher, mais tout de même son background très atypique attire l’œil et à raison ! A mi chemin entre une fresque de la renaissance européenne et un monde SF des plus étranges, le titre nous emmène bien loin des univers de niche pour nous en proposer un tout nouveau et particulièrement plaisant, pour peu que l'on apprécie l'innovation et les mélanges d'époques paradoxales. Peu de jeux peuvent se targuer d'avoir été aussi loin dans leur développement, et rien que pour cela les développeurs peuvent se jeter à eux mêmes des nuées de fleurs, pour se congratuler de leur travail remarquable. Car outre la nouveauté, la fraîcheur de ce monde qui mêle habillement les siècles et les genres, Dishonored est épatant tant il se révèle riche et cohérent sur le plan artistique et architectural. Autant d'adjectifs qualificatifs élogieux dans un premier paragraphe ne peuvent que laisser imaginer un jeu des plus exaltants... Et c'est entièrement fait exprès !

L'histoire nous dépeignant un pays en déclin suite à une épidémie de peste noire (peut-être pas la même que celle ayant touché notre pays il y a bien longtemps d'ailleurs), tous les lieux sont imprégnés d'une certaine odeur malsaine, effrayante, comme si la maladie pouvait surgir d'un coin de rue à tout moment. Voilà qui est pour le moins surprenant, déroutant, d'autant que le titre réussi à mélanger habillement plusieurs ambiances radicalement différentes. Passer par certains endroits (les sous-terrains et autres ruelles sombres) nous fera rencontrer des pestiférés, froussards s'abstenir, et sera un moyen simple et efficace de se retrouver caché dans l'ombre... Pas sûr que cela vaille mieux que d'affronter les gardes à la lumière, armés jusqu'aux dents certes mais totalement saints d'esprit, eux, et évoluant dans un environnement bien moins glauque de surcroît. Quoique la présence des rats à tous les carrefours ne soit pas très rassurante non plus, étant donné que ces derniers, en meute, sont d'une dangerosité impressionnante ! Que dire de plus si ce n'est que le niveau de détails au sein des environnements est totalement renversant ?!

Les développeurs aiment les vieilles choses !



Jouer à Dishonored sans faire attention à son aspect technique est tout à fait réalisable, car les développeurs ont réellement tout fait pour cacher ses lacunes, pourtant loin d'être des plus petites. Sa direction artistique seule suffit à enchanter n'importe quel joueur peu regardant. Et c'est dans un moment comme celui-ci que l'on regrette d'être testeur de jeux vidéos (plaignez nous !), lorsqu'il faut faire l'état des lieux peu flatteur d'un jeu qui nous ensorcelle pourtant par son design à la fois atypique, innovant, et particulièrement plaisant. Histoire de rester professionnel, commençons par aborder les deux premiers soucis. Les textures tout d'abord, qui se révèlent parfois baveuses, et en règle générale moins fines qu'escompté. Jouer sans HD est un véritable supplice pour les yeux de n'importe quel idiot focalisant son attention sur le graphisme dans ce qu'il a de plus trivial, d'autant que sur un écran basique (sans cette définition supérieure donc) les lags sont nombreux et loin d'être esthétiques (un moyen aisé et subtil de placer le second défaut majeur !). Techniquement Dishonored a donc quelques temps de retard sur ses homologues, mais cela reste tout à fait acceptable, surtout dans la mesure où son style seul suffit à l'occulter.

Le travail d'orfèvre des développeurs ne s'arrête pas là. S'ils n'avaient peut-être pas les moyens de réaliser un moteur graphique des plus pétants, une bande sonore ne risquait pas de leur coûter un bras (à moins qu'ils se déplacent dans un pays exotique pour la résonance, mais on en doute fort !). Autant de talent pour un coût si faible ne pouvait donner qu'un résultat excellent ! Malheureusement, les espérances dépassent souvent la réalité, du moins en ce qui concernera les doublages, entièrement en français, et assez inégaux dans l'ensemble. Outre leur totale absence d’expressivité, de sentiments, on leur reprochera un manque de vivacité, ainsi que le nombre réduit de doubleurs. La même voix servira trop souvent dans le jeu, ce qui gâche pas mal l'expérience, malgré leur qualité certaine. Heureusement que le texte est bien écrit ! Cependant, côté bruitages on peut les applaudir, car ils ont réussi à la fois à créer quelque chose de réaliste, ainsi qu'une localisation du son extrêmement précise si l'on tend l'oreille continuellement. Les musiques sont aussi plutôt sympathiques, quoiqu'on n'en retiendra que deux ou trois pour leur répétition dans l'aventure. Dans l'ensemble, l'ambiance sonore est bien réussie ; on déplorera donc seulement les soucis de doublages.

Du gruyère pour les rats



La construction du jeu n'est pas si atypique que cela si l'on regarde de loin à quoi elle ressemble. On évolue mission après mission dans le but d'arriver à un objectif final, à la manière de la plupart des jeux d'aventure si ce n'est tous ! Cependant, tout est bien différent dès lors que l'on accorde quelques instants de réflexion à Dishonored, quelques minutes de jeu pour voir de quoi il en retourne exactement. Ceci fait, aucun doute possible : sa permissivité, malgré un chemin relativement linéaire, est tout bonnement grisante et impressionnante. Surtout que son gameplay reste totalement fluide et peut permettre des batailles aussi épiques que jouissives. Le tout mélangé nous donne une mixture innovante et incroyablement riche, propice à l'épanouissement du joueur et à son plaisir renouvelé. Car qui dit solutions multiples aux problèmes posés, comme se la jouer furtive ou foncer dans le tas tel un dératé, dit scénarios multiples. En l'occurrence, les fins sont variées et dépendent entièrement des actions effectuées durant l'aventure. Tuer ou passer sans bruit. Écouter ou poignarder. Autant de possibilités qui amènent autant d'embranchements différents. Intimidante expérience, de surcroît particulièrement addictive. On a vite fait de recommencer une partie une fois la première achevée pour découvrir une aventure totalement différente en faisant d'autres choix !

La trame dans ce qu'elle a de plus général, c'est à dire sans prendre en compte les changements que nos choix peuvent engendrer, n'est pas exceptionnelle en soit. L'histoire du garde du corps dévoué de l'impératrice qui est accusé de son meurtre a comme un goût de déjà vu, une senteur de renfermé. De surcroît la progression dans l'aventure n'a pas grand chose d'original, puisque l'on se contentera de suivre les missions données, hormis lorsque nos yeux lorgneront sur les missions annexes qui sont à la fois nombreuses et intéressantes. Cependant, les possibilités offertes et les différentes fins possibles, même si jamais exceptionnelles, relèvent grandement le niveau. Bon point, qui nous ramène à la durée de vie du titre, plutôt bonne dans l'ensemble. Terminer Dishonored en ligne droite, en courant, sans prendre le temps de regarder autour de soi, ne prendra pas plus d'une dizaine ou douzaine d'heures. S'attarder par contre, et s'intéresser aux quêtes extérieures à l'action principale, peut permettre de pousser jusqu'à une bonne quinzaine voire plus ! Une fois terminé, Dishonored nous reste en tête pendant longtemps, jusqu'à ce que l'on décide de recommencer une partie et tenter de jouer différemment, si ce n'est immédiat après avoir vu une première fin.

La mort au prochain coin de rue



Rentrer dans l'aventure ne pose pas la moindre difficulté. Le gameplay est classique et intuitif, comme chez tout bon Firts Person Shooter. Et dans le cas où l'on persiste dans l'incompréhension des commandes, les explications à l'écran sont suffisamment explicites pour ôter tout doute ou problème majeur. L'entrée dans le jeu se fait d'ailleurs très progressivement. On nous apprend tout d'abord à bien nous servir de nos armes de bases, puis on nous confère un pouvoir surnaturel bien pratique : la téléportation. Véritable élément déclencheur de la multitude de possibilités offertes au sein des environnements, l'ouverture des pouvoirs, se produisant peu après le commencement, ôte tout doute concernant la qualité de Dishonored. D'autant qu'une fois que l'on aura bien expérimenté celui-ci, il sera possible d'en acheter trois autres en déboursant des amulettes trouvées à la sueur du front, tous aussi jouissifs et permettant une approche nouvelle de la bataille. Contrôler les animaux, par exemple, peut amener diverses combinaisons d'actions permettant d'arriver au bout d'un niveau.

Une fois achetés, ces pouvoirs ainsi que quatre compétences pourront être upgradés jusqu'à un niveau 2, final, offrant évidemment une puissance supérieure. 2 niveaux par compétence, voilà qui se révèle bien faible d'un point de vue extérieur. Pourtant, nul souci, au contraire, puisque cela permet de se concentrer plus vite sur de nouvelles, et donc d'aborder différemment le jeu dans une même partie. Partant du même principe, mais la monnaie utilisée n'étant que de simples pièces d'or, l'achat d'objets et d'améliorations pour ces mêmes se révèle facile d'accès et bien pratique. On a très vite fait de nécessiter quelque upgrade pour son revolver, comme un chargeur plus grand pour éviter de tomber à cours de balles en pleine bataille. Comme si les développeurs avaient pensé à tout en s'occupant du cœur du jeu, pour que chaque désir du joueur puisse être exhaussé lorsqu'il le souhaite. Pas de frustration donc. En aucune situation ! Pourtant, Dishonored est loin d'être facile, la mort ne prévient pas, surgissant parfois très vite. Pas un problème, l'échec ne sera qu'une occasion de plus de tester de nouveaux passages !

Un mort vaut mieux qu'un vivant, tu l'auras !



Ce qui caractérise le mieux l'aventure en terme d'action est sans doute l'assassina de sang froid, tant l'optique bourine se révèle coûteuse et difficile. Moins jouissive aussi, le plaisir de jeu est toujours moins intense lorsque la mort est aussi plate qu'un combat à l'épée sans fond. Quelque soit le goût du joueur cependant, il pourra en faire à sa guise. Passer en force ou en toute discrétion ; devenir un meurtrier sauvage ou un humble vengeur ne tuant que si nécessaire... Tout est permit ! C'est là la grande force de Dishonored ! C'est là qu'il captive, impressionne. C'est ce qui rend son aventure exaltante, outre les pouvoirs magiques de notre héros, qui vont de paire ! Le punch de l'armement, faible en nombre il faut bien l'avouer, est aussi une des raisons de l'enthousiasme créé par une partie. Un sentiment de toute puissance se dégage de nos mains lorsque l'on tranche la gorge d'un soldat d'un revers de bras, alors que le bougre ne nous a pas même vu arriver. Même si cela soulève le problème de l'IA d'ailleurs, qui n'est pas d'une intelligence remarquable. Certes, elle aura parfois des réactions intéressantes, mais dans l'ensemble c'est surtout des actions irréfléchies qui l'animent.

La façon dont le joueur abordera la campagne fera aussi dévier la ville de base vers une prospérité verdoyante ou un chaos terrifiant. Dans le premier cas, si les gardes seront toujours aussi nombreux, les meutes de rats quant à elles seront moins importantes et dangereuses. Comme si la peste perdait du terrain ! Dans le second, les ennemis ne feront toujours pas face à un manque d'effectif, mais la population de rongeurs et de pestiférés n'aura de cesse de grandir. Voilà qui se révélera réellement grisant au cours d'une partie. Surtout si l'on décide de changer d'optique, d'approche, dans une seconde, car alors tout serait différent. C'est d'ailleurs un réflexe qui animera sans doute nombre de joueurs, rédacteur ici présent le premier ! Et il est vrai que le taux de rejouabilité est d'autant plus élevé par ce détail se couplant aux possibilités multiples et aux embranchements de scénario différents. En somme, chaque partie apporte son morceau de renouveau. Comme si Dishonored était définitivement un jeu frais et plein de surprises !

Le mot de la fin



Difficile de rester stable et totalement neutre face à Dishonored. Si son design ne plaira peut-être pas à tout le monde, malgré un cachet certain, il n'y a décidément aucun reproche à lui faire, si ce n'est une durée de vie un tout petit peu courte, surtout en comparaison à l'addiction créée par son aventure. Peut-être aussi que l'on pourrait tacler son scénario, qui ne casse pas des briques, mais ce serait chipoter sur des morceaux qui sont largement rattrapés par d'autres. En l'occurrence, l'histoire se repose sur une évolutivité intéressante et une progression certes classique, mais véritablement grisante. Cela semble presque trop simple de le qualifier de jeu de l'année d'office, sans réfléchir plus longtemps, et alors que la nouvelle s'était dores et déjà répandue bien avant sa sortie. Comme si ce tapage médiatique avait rendu la chose trop belle, et donc que l'on s'attendait à être déçu. Pourtant ce n'est pas le cas, et c'est difficile à croire tant Dishonored excelle. Pas très beau, assez classique dans ses mécanismes, pourvu d'un scénario loin de l'excellence... Il n'a pourtant pas, en apparence, les atouts pour être un aussi bon et mémorable jeu vidéo. Le titre développé par Arkane Studios rentre dans le panthéon du jeu vidéo par la grande porte, et se doit désormais de figurer dans toute ludothèque qui se respecte. Rien que ça !

VERDICT

Avantages

- La direction artistique
- La jouabilité sans faille
- Les pouvoirs grisants
- L'immense rejouabilité

Inconvénients

- Un scénar un brin plat
- Une durée de vie légèrement courte

Graphismes
4 étoiles
7.5 / 10
Son design très joli, et son environnement mêlant les époques et les styles, sont autant d'énormes qualités apportant un cachet indéniable à Dishonored, qui ne jouit pourtant pas d'une réalisation graphique des plus impressionnantes. Quelques soucis surviennent parfois sur console, comme certains lags ou textures très moyennes, mais on n'y prête guère attention tant l'artistique prédomine sur le reste !
Jouabilité
4 étoiles
8.0 / 10
Certes classique dans ses mécanismes, le jeu n'en reste pas moins particulièrement jouissif et permissif. Aucun réel reproche à faire à son gameplay, si ce n'est un petit manque de grandiose nouveauté.
Durée de vie
3,5 étoiles
7.0 / 10
Comme souvent, foncer tête baissée ne permettra pas au joueur de profiter à fond de l'aventure, arrivant aux crédits en une dizaine d'heures, guère plus. S'il prend le temps de s'intéresser au reste, aux quêtes annexes, et d'expérimenter diverses approches dans le jeu, alors il sera récompensé par une quinzaine (voire plus) d'heures d'amusement captivé !
Bande Son
3,5 étoiles
7.0 / 10
Ils ne sont pas mauvais, mais les doublages de ce Dishonored sont pourtant trop peu expressifs. On a du mal à sentir l'humanité des personnages prenant la parole. A côté de cela, les musiques sont totalement en accord avec l'ambiance, et les bruitages réalistes et léchés.
Scénario
3,5 étoiles
7.0 / 10
Ce serait chipoter que de tacler le jeu sur ce point. Son scénario n'est pas mauvais, il pêche simplement par une banalité moyenne, n'étant pas assez original en comparaison au background qui, lui, l'est totalement ! Certes, cette partie n'est pas optimisée au maximum, mais les fins différentes et l'univers atypique et envoûtant sont suffisants comme excuse !
Note Globale
4,5 étoiles
9.0 / 10
A n'en point douter, Dishonored est une œuvre exceptionnelle, impressionnant sur de nombreux plans, et bien parti pour devenir et demeurer le jeu de l'année 2012. Ce titre sera tout à fait mérité, tant le travail d'Arkane Studios est remarquable ! A posséder absolument !
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Commentaires

28 Oct. 2012 | 16h35


TeddyWayne
C'était sur :-)

07 Nov. 2012 | 23h31


Vinz
Les voix fr ne m'ont pas choquée en fait. Mais globalement un très grand jeu qui m'a fait vibrer. Suffisamment long pour ne pas me sentir arnaqué, et assez court pour que je le finisse avec mon temps :) je vais même le retenter en difficile sans tuer personne ^^

08 Nov. 2012 | 13h50


itokiry
Sans tuer personne ? :O
Tu es joueur xD
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