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Invité

Dead Space

Console : Playstation 3
Éditeur : Electronic Arts
Développeur : Electronic Arts
Date de sortie : 24 octobre 2008
Multijoueurs : non
Public : 18 ans et +

Note des membres
1 vote (5.00 / 5)
Posté le Mardi 28 Octobre 2008 par Ganon
Entre Alone in the Dark, le remake de Forbidden Siren, et prochainement les grosses têtes d’affiche que sont Silent Hill et Resident Evil, on pourrait dire que ces derniers mois n’ont pas été avares en survival-horror. Malheureusement pour nous, la qualité n’était pas au souvent rendez-vous, et nos yeux sont maintenant dirigés vers le blockbuster de Capcom qui ne sortira pas avant printemps 2009. C’est donc durant cette brèche qu’Electronic Arts tente de percer avec une nouvelle licence, et ainsi surprendre son monde dès fin 2008. Et cette nouvelle licence justement peut déjà se targuer d’être l’un des maitres-étalon du survival-horror.


Un ticket pour l’espace


Dans le fond, Dead Space n’est pas original, et l’est encore moins dans son scénario qui, au départ, sent bon le nanar science-fictionnel : vous êtes dépêchés vers l’une des colonies terriennes après que l’USG Ishimura, énorme croiseur spécialisé dans l’extraction de ressources, n’ait plus donné signe de vie durant l’une de ses missions. Votre petite équipe de cinq personnes doit donc reprendre contact avec le vaisseau et réparer ses systèmes de communication. Là où ça se complique, c’est que la colonie a libéré une espèce extra-terrestre inconnue et s’est faite totalement décimée. Elle n’a pas eu ainsi le temps d’informer l’USG Ishimura qui était en route vers la planète, et il s’est alors vu contaminé à son tour. Le pompon étant l’objet extrait par le croiseur qui rend la plupart des personnes folles et ont rendu le vaisseau inutilisable. En clair, vous n’êtes pas dans mouise…

La bonne idée des gars de Redwood Shores Studio pour développer un peu plus l’intrigue est d’avoir laissé des enregistrements audios, vidéos et mails dans les niveaux qui permettent au joueur de connaitre ce qu’il s’est passé. Cette spécificité ne sera donc pas inconnue pour tous ceux qui ont déjà joué à Bioshock ou à Doom 3. D’ailleurs, citer le jeu d’ID Software est une belle transition pour parler de l’ambiance générale. Car oui, s’il fallait comparer Dead Space à un soft déjà connu, on se tournerait directement vers ce titre pour le côté « ambiance », sans pour autant oublier Alien pour ce qui concerne le level design. Le jeu d’EA emprunte ce côté futuriste très « industriel », avec des tuyaux fumeux, de nombreuses passerelles, etc. Bref, cette surabondance de métal nous fait irrémédiablement penser à la tétralogie commencée par Ridley Scott. Mais cela a aussi un inconvénient : on est souvent déboussolé dans ce labyrinthe spatial. Les nombreux couloirs obscurs ne nous aident pas à correctement nous orienter. La petite astuce est donc de presser sur le joystick droit pour qu’ainsi une ligne lumineuse apparaisse et dirige le joueur vers son prochain objectif. Pratique.


This is DEAD SPAAAACE !!

Mais est-ce que Dead Space fait réellement peur ? Oui et non. A vrai dire, les niveaux sont plutôt petits, mais l’ambiance est tellement oppressante qu’on avance tout doucement, arme pointée devant nous, pour ne pas se faire surprendre. Car oui, le maitre mot de Dead Space est plus de la « surprise » qu’une peur soutenue. Plusieurs fois, on sursautera lorsqu’un ennemi surgira d’un conduit d’aération ou qu’une forme bizarre bougera dans l’ombre. Pour autant, cela ne veut pas dire qu’on ne se pissera pas dessus. Les développeurs de Redwood ont réussi à varier les plaisirs grâce à un bestiaire plutôt conséquent. Et malgré le peu de variétés lors des premiers chapitres, on arrive à la fin du jeu avec plus d’une douzaine de type de Necromorphes, les ennemis du jeu. Chacun devant être battu avec une stratégie différente, ou être fui. Car en plus d’avoir des munitions extrêmement limitées pour démembrer nos ennemis, seul remède pour les arrêter, on rencontrera plusieurs fois un Némésis invincible sur des niveaux entiers où l’unique solution est la fuite. Et là, la peur est à son paroxysme.

Tout ce travail étant géré à 90% par le son, sans doute le plus gros point fort du jeu. Lorsque ce Némésis justement ne nous suit plus, on l’entend se déplacer dans les conduits -sans qu’on puisse le localiser- et son grognement résonne alors dans tous les couloirs ; jusqu’à qu’il réapparaisse à côté de nous avec une musique stridente à souhait, et là, on se met à chialer. Le son a aussi été excellemment travaillé lors des sorties dans l’espace, malgré qu’elles soient peu nombreuses. Le bruit de nos pas, de notre souffle et de nos tirs se font plus sourds dus à l’absence d’oxygène. D’ailleurs, on s’étonnera d’avoir moins peur durant ces passages malgré le fait qu’on ne puisse pas entendre nos ennemis. Sans doute à cause du silence qui règne, et donc à l'absence d'ambiance sonore. On n'oubliera pas non plus, les passages dans des salles sans gravité où notre ingénieur en herbe peut se déplacer où bon lui semble, et les necromorphes aussi.

La quasi-absence de HUD nous aide encore plus à l’immersion. Point de barres de vie et d’indicateurs de munitions en bas à droite de l’écran, pas de menu d’inventaire en appuyant sur start et arrêtant ainsi le jeu, pas de discussions avec votre équipe dans un encart spécial en haut à droite. Ici, tout est centré autour de votre combinaison. Votre barre de vie est indiquée sur la colonne vertébrale de votre armure, l’indicateur de munitions est centré sur votre arme et le restant de magazines est disponible qu’en « checkant » l’inventaire, lui-même visible qu’en temps-réel, sans couper le jeu, en appuyant sur la touche correspondante. Vous imaginez donc la petite angoisse lorsque l’on doit se soigner pendant que deux ennemis nous courent après. D’ailleurs, notre Isaac Clarke se mettra à se tordre de douleur sur lui-même si votre vie est à un point critique. Votre personnage sera alors plus lent et donc encore plus vulnérable.


Technical ownage

Notre ingénieur ne pourra porter que quatre armes sur lui. Il est vrai que le nombre (sept au total) est assez restreint, mais une fois qu’on a pris nos marques, on ne veut plus réellement les changer. Et le petit plus, c’est que certaines sont plutôt originales. Pas de lance-roquettes ou de boules d’énergies MK IV qui dévastent toute la zone. On aura ici plus l’impression d’avoir affaire à des outils de travail pour bricoleur qu’à une vraie panoplie de guerrier. Ces armes, possédant chacune un mode secondaire, ont un rôle précis pour un moment bien distinct : le trancheur, d’une puissance redoutable, est souvent utile pour découper en masse une vague d’ennemis en approche. Tandis que la scieuse lance des petits disques à quelques mètres de nous, pour les stabiliser et ainsi nous permettre de se déplacer autour d’un ennemi en le démembrant à bout portant.

Tout ceci étant aidé par une autre particularité : la possibilité de ralentir nos ennemis avec la stase, elle aussi très limitée en munitions. Un petit coup sur un Necromorphe et il se verra ralentir pendant une dizaine de secondes. On aura ainsi le temps de le découper tranquillement ou de s’occuper d’un ennemi bien plus coriace à côté. Cette aide permet aussi de ralentir certains objets comme des portes défectueuses qui s’ouvrent et se referment à la vitesse de la lumière. L’autre pouvoir qu’Isaac obtient est la télékinésie. Elle autorise tout simplement de déplacer des objets pour souvent débloquer le passage. Ces deux spécificités obligent donc le joueur à user de stratégies pour s’en sortir, et, dans un mode beaucoup plus difficile, deviennent indispensable pour survivre.

Mais les caractéristiques de Dead Space ne s’arrêtent pas là puisque vous pourrez améliorer votre combinaison et vos armes grâce à des bornes dispersées un peu partout dans le vaisseau. Un petit coup de soudure sur un point précis, et celle-ci augmentera en puissance, sera plus rapide à recharger ou aura un délai moins long entre les tirs. Un schéma d’une nouvelle arme ou d’une nouvelle armure récupéré dans un couloir, et hop elle sera disponible dans le magasin qui fait aussi office de coffre de stockage. Car voilà, votre inventaire est très limité et ne peut, au départ, qu'accueillir une dizaine d’objets dont les munitions. Des choix cruciaux devront donc être pris et le tri régulier.


Ce n’est pas graph !

Sur le plan technique, Dead Space se trouve dans la catégorie des jeux corrects grâce notamment à cette ambiance malsaine, avec un jeu d’effets pyrotechniques et volumétriques réussi, à des textures ternes mais tout à fait dans le ton, à des détails bien placés souvent gores comme des tags de sang sur les murs alertant tous ceux qui les liront, ou bien à sa modélisation très satisfaisante. Les niveaux sont plutôt variés nous faisant traverser la salle des machines, en passant par le bloc médical, les jardins, et bien sûr la passerelle de commandement. Bref, un peu moins d’une dizaine de zones possédant chacun sa propre ambiance. Mais on fera la fine bouche sur trois petits défauts qui chagrinent comme l’aliasing omniprésent qui peut gêner le joueur ; la pixellisation des ombres dynamiques, il faut certes tendre l’œil mais elle est bien présente ; et enfin des baisses de frame rate remarquées à quelques occasions.

En ce qui concerne la jouabilité, Dead Space demande un petit temps d’adaptation d’une dizaine de minutes, surtout au niveau des gâchettes et des pouvoirs à utiliser, puisqu’il faudra appuyer sur deux boutons à la fois pour en utiliser, cependant elle reste très souple. Isaac Clarke trottine sans broncher, recule sans problème, vise avec une certaine aisance. A part les petites manipulations à faire sur les gâchettes, tous ceux qui auront déjà touché à un TPS ne seront pas déboussolés puisque le contrôle basique s’effectue avec les deux joysticks.

On peut aussi ressentir les efforts effectués au niveau des sauvegardes. Un système à la manière d’un Resident Evil ou tout autre jeu utilisant une borne à sauvegarde. Mais alors que le jeu de Capcom nous faisait charger le dernier fichier, et parfois nous faisait perdre plus d’une heure de notre progression, Dead Space opte pour un système de checkpoint invisible qui nous fera revenir à quelques minutes de là où on est mort. Un excellent point. La durée de vie n’est donc pas artificiellement augmentée, et il nous faudra entre douze et quinze heures pour boucler la douzaine de chapitres, ce qui est tout à fait honorable pour ce genre, surtout que la tentation d’y rejouer dans un niveau plus difficile se fera très pressante.

VERDICT

Avantages

- L'ambiance générale
- Le travail effectué sur le son
- La diversité des ennemis
- La durée de vie honnête
- L'équipement et le côté RPG
- L'originalité du HUD

Inconvénients

- Peu de passages à l'extérieur
- De petites faiblesses graphiques
- Un scénario trop classique

Graphismes
4 étoiles
8.0 / 10
Les graphismes sont tout à fait honnêtes et certains détails imposeraient presque le respect, cependant quelques défauts chagrinent l'oeil.
Jouabilité
4 étoiles
8.0 / 10
Dead Space possède une jouabilité de type FPS/TPS, et cela lui va très bien. Il faudra en revanche un petit temps d'adaptation en ce qui concerne certaines subtilités.
Durée de vie
4 étoiles
7.5 / 10
La durée de vie de Dead Space est très correcte (12-15 Heures), surtout vu le genre, et l'envie d'y rejouer se fait très vite ressentir.
Bande Son
5 étoiles
9.5 / 10
Le plus gros point fort du jeu. La qualité sonore du titre d'Electronic Arts en deviendrait presque une référence.
Scénario
3,5 étoiles
7.0 / 10
Peut-être un peu trop mis en avant par l'éditeur, l'histoire de Dead Space ne surprend pas. Mais les différents enregistrements que l'on trouve nous permettent une approche plus profonde.
Note Globale
4,5 étoiles
8.5 / 10
Dead Space est donc l’un des titres à ne manquer sous aucun prétexte cette année si vous êtes un tant soit peu attiré par ce genre. La diversité des situations, la panoplie de monstres, l’ambiance générale fait du jeu d’Electronic Arts l’une des plus belles réussites de l’éditeur depuis quelques temps. Loin d’être original, Dead Space a réussi à marier et à remanier plusieurs petites idées piquées sur d'autres softs qui font de lui un grand, voire très grand jeu.
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Commentaires

28 Oct. 2008 | 13h43


Fry
Pas mal sa donne envie d'y jouer

28 Oct. 2008 | 13h54


Zefi
J'apprécie pas trop le genre, mais le fait d'avoir un minimum d'action tout en ayant des moments à gros frissons me donne bien envie ! A l'occasion et lorsque le prix sera moins élevé, je me le procurerais ! Bon petit test, qui donne envie !

28 Oct. 2008 | 14h26


Ganon
Je ne suis pas trop survival moi non plus. Les Silent Hill ne m'ont jamais enthousiasmé, pourtant j'ai bien essayé. Cold Fear, je n'y ai joué que cinq minutes tellement le soft était rigide et vieillo dans sa conception. Et tous les autres projets japonais à la Project Zero ne m'attirent guère. En clair, il n'y a que Resident Evil qui avait réussi à me convaincre. Dead Space est réellement un jeu à essayer. Je trouve d'ailleurs dommage qu'une démo ne soit pas disponible sur l'un des marketplaces. Si tu le trouves à 40€, tu ne seras pas déçu de ton achat.

28 Oct. 2008 | 14h32


Zefi
J'ai toujours eu du mal avec les résident Evil premiers du nom, à cause d'une jouabilité trop "rigide" et il y a eu ce Resident Evil 4 fort bien jouable (je parle de magnabilité, pas de situations où l'action primée énormement) mais qui ne nous faisait plus flippé ! Dead Space mélangereait-il les deux genres ? Si c'est le cas, a 40 euros, il sera dans ma 360 :D

28 Oct. 2008 | 14h34


Ganon
Oui, si on veut résumer facilement, on pourrait placer Dead Space entre les deux. :)

28 Oct. 2008 | 14h43


Zefi
Merci Ganon
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