Persona 3 est un des derniers épisodes de la série des Shin Megami Tensei à paraître en Europe. Koei a en effet pris l’habitude d’éditer tous les nouveaux volets développés par Atlus, et on ne peut que le remercier pour cette initiative. Toutefois avant de s’emballer, il s’agit de juger de la qualité du titre. Une analyse que je compte accomplir en bonne et due forme, test oblige…
Un héros qui déménage

Très attendu par nombre de fans de RPG, se voir refiler la version américaine du jeu est un problème en soi. Non anglophones vous voilà donc prévenu, d’autant que les dialogues sont certes bien doublés mais ils frisent souvent le langage familier qui est plus délicat à saisir. Bref, pour commencer on a droit à une cinématique au format dessin animé, non sous-titrée évidemment, et dont les effets de style apportent une touche singulière à l’ensemble. A mon sens on frise parfois un peu l’excès mais bon, on le pardonnera facilement compte tenu de l’ambiance instaurée. En conséquence, les graphismes du jeu se rapprochent un peu du cell-shading, même si les décors en eux-mêmes ne sont pas transcendants. Ainsi, on parcourt une carte au nombre de destinations plutôt limité, et Tartarus, le donjon central qu’il vous faudra arpenter des heures et des heures, ne se renouvellera pas tant que ça au niveau des environnements… Cependant il ne faut pas tout prendre pour du travail bâclé. La caméra est totalement contrôlable et de fait bien gérée. De plus, le design des personnages est réussi (même si le héro est un peu froid), et les têtes qui apparaissent pendant les dialogues permettent de bien identifier tout le monde ce qui est toujours assez agréable.

Concernant le scénario, la trame principale n’a rien de compliqué. Vous incarnez un jeune étudiant sans histoires fraîchement arrivé de l’aéroport, casque de musique sur les oreilles et cheveux dans le vent. C’est le début de l’année scolaire et vous vous installez dans une résidence proche de l’université. Vous y ferez la connaissance de Yukari, une fille assez mystérieuse qui vous guidera pour votre premier jour de classe. Puis vous rencontrerez Iori, un de vos camarades de cours, pour enfin voir votre groupe de partenaires grandir au fur et à mesure que les jours s’enchaînent. En effet, le jeu se découpe à la façon d'un calendrier. Vous suivez un emploi du temps avec des obligations et des moments de temps libre, ces derniers vous permettant d'augmenter vos capacités intellectuelles, de charme ou même de courage. Vous aurez également la possibilité de nouer des liens sociaux avec les gens qui vous entourent. Ceci représentera une part importante du jeu car plus vos relations gagneront en confiance, plus le pouvoir lié à vos Persona grandira. Ces créatures sont au centre de l’intrigue puisqu’elles sont la représentation de votre psyché, de votre don de combattre les ennemis qui sommeillent dans les ténèbres… Les Ombres comme on les appelle. Ce sont elles qui vous révèleront à vous-même, car c’est lors d’une attaque sur votre dortoir que vous les verrez, et que vous vous tirerez une balle dans la tête avec une facilité déconcertante. La puissance d’Orpheus, votre premier Persona, viendra alors vous réchauffer le cœur.
Minuit, et le temps suspend son cours…

Le scénario repose en effet sur le principe que passé minuit, le temps éclate subitement et nous introduit dans une sorte de monde parallèle, une 25ème heure... Assez bizarre et déroutant au début, on accroche assez rapidement au principe. Cependant, comme avec les journées qui peuvent s’enchaîner de façon un peu répétitive (bien qu’on soit toujours amené à espérer une nouvelle rencontre…), la « dark hour » ne signifiera qu’une chose ou presque : aller se battre dans Tartarus. En effet, vous faites partie d’une poignée d’élu, autrement dit les personnes qui restent éveillées lors pendant cette heure mystérieuse. Le problème, puisqu’il y en a toujours un, c’est que parmi les autres n’ayant pas conscience de l’existence d’une heure parallèle il y a ceux qui sont protégés des Ombres dans leur cercueil et ceux qui ne le sont pas… Ces derniers deviennent alors des zombies et perturbent le cours normal de la vie dans le monde réel. Craignant que la ville ne cède à la panique votre groupe forme le S.E.E.S, une unité d’intervention à la source.

Parcourir Tartarus et venir à bout du malin qui y règne sera donc votre objectif principal, et pour cela vous rencontrerez des alliés utiles au cours du jeu, autant comme combattants que comme conseillers. Les éventuelles subtilités du système de combat paraissent donc essentielles pour vous maintenir éveillé, et le plus important est de savoir que tout cela évolue au fur et à mesure de votre progression. Tout d’abord les Persona. Ils peuvent s’obtenir de plusieurs façons, par fusions ou simplement en gagnant une bataille avec le coup final porté par votre héros. D’ailleurs, votre talent vous donnera la possibilité de changer votre lien au cours d’un combat. Deuxième étape, analyser les faiblesses de vos ennemis. Cela vous permettra de porter de nouveau un coup et parfois de déstabiliser les adversaires, ce qui aura pour effet (une fois qu’ils seront tous sonnés) de porter une attaque éclair en groupe assez efficace. Prendre l'avantage sur un combat sera également important puisque l'ensemble fonctionne en tour par tour. Pour cela vous devrez vous promenez dans la tour et infliger un premier coup à un monstre visible sur la carte sans que celui-ci vous ait remarqué au préalable. Reste les éléments plus communs liés à l’équipement et aux items, mais il n'y a rien de bien neuf de ce coté-là. Quant à l’aspect tactique il se résume à donner divers ordres à vos compagnons d’armes.

Fonctionnant par paliers, l’interface vous permettra de séparer votre équipe pour explorer au mieux les niveaux labyrinthiques crées aléatoirement par le jeu. Les points d’expériences s’obtiendront ainsi plus rapidement mais vous serez également plus faible. A utilisez avec modération donc. Cela est cependant assez utile quand il s’agit d’explorer de nouveau un endroit afin de remplir une quête annexe plus rapidement, de même si vous avez l’intention de trouver un portail pour revenir à l’entrée du donjon ou au contraire les escaliers pour monter au sommet de la tour. Un des points noirs est sans aucun doute de devoir attendre chaque pleine lune pour que le scénario puisse évoluer sensiblement, avec parfois un nouveau petit donjon à explorer qui relance notre intérêt. Il en va de même pour la musique qui change lors de ces moments sombres, silencieuse mais angoissante, contrairement aux thèmes que l’on entend dans la journée, beaucoup plus dynamiques et R&B (si je ne me trompe).
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