3e opus d'une saga qui s'apparente à un conte tiré des milles et une nuits, Prince Of Persia les Deux Royaumes clôt les aventures sur Gamecube du prince de perse, avec un jeu d'action/plate-forme toujours aussi abouti et convaincant. On prend les mêmes et on recommence, mais cette fois en mettant à part les éventuels défauts ! Mais voyons cela d'un peu plus près....
Babylone, terre promise
L'histoire débute avec une introduction de qualité qui rapelle dans un premier temps les évènements passés et montre le prince de perse en compagnie de Kaileena, l'énigmatique Impératrice du Temps qu'il a dû sauver dans le second épisode. Tout deux en route vers Babylone après quelques péripéties menées à leur terme (rien de bien méchant rassurez vous) ce n'est qu'une fois arrivé que l'on s'aperçoit que la cité est à feu et à sang. Pas le temps de se rendre compte de la situation que votre bateau se prend alors une rafale de projectiles et que vous vous retrouvez par le fond deux minutes après. Vous voici donc échouant sur la plage qui borde la cité, séparé de Kaileena... et c'est ainsi que l'aventure commence...
Mais, mais, y'a juste une jeune fille en détresse à sauver me direz-vous ! Certes, mais ceci ne représente qu'une partie du jeu, or celui-ci recèle un bon nombre de rebondissements qui auront pour une part une influence sur le gameplay. Et justement, le pouvoir du temps ne s'acquiert qu'après avoir revu votre amie (je n'en dit pas plus pour ne pas gâcher le plaisir), de même que le pouvoir de votre double obscur n'apparaît pas lorsque vous le voulez. En effet, le gameplay repose ainsi en partie sur l'alternance des phases avec le prince "normal" et quand celui-ci est possédé par son double.

En outre le système du jeu consiste toujours à progresser assez linéairement entre plate-formes, mais les façons de faire sont suffisament nuancées, par exemple le double du prince peut se servir de son fouet, de même que certaines énigmes ponctuent l'aventure ce qui rompt ces phases efficacement afin de ne jamais nous ennuyer. Les phases de combats changent aussi selon votre apparence, mais de manière bien plus significative. En effet, le prince est beaucoup moins expéditif que son double et on doit souvent faire preuve de plus de subtilité. Ainsi, celui-ci a la possibilité, en plus de sa dague, d'acquérir une seconde arme qui peut varier du sabre à la masse. L'intérêt est que celle-ci permet de frapper plus fort, tout en sachant qu'elle s'use à chaque coup porté. De même, les phases de combats révèlent le nombre impressionnants d'enchaînements que peut effectuer le prince (à noter qu'une seconde arme est nécessaire pour une bonne partie d'entre eux, d'où un aspect à ne pas négliger) et on apprécie également la fluidité et le rythme des actions, l'ensemble évite alors de plonger les combats dans la monotonie.
Dernière chose à ce propos, mais pas des moindres, vous pouvez éviter de vous battre en vous infiltrant derrière un monstre ! L'attaque éclair consiste en effet à tuer vos adversaires en les attaquant par surprise. Il vous "suffit" alors d'appuyer sur B quand l'image se trouble et le nombre de fois nécessaire pour venir à bout de votre ou de vos ennemi(s) sans dommages (et oui, il est possible d'en toucher plusieurs). Inutile de vous dire que vous devrez vous servir maintes fois de cette tactique, Babylone étant peuplé de créatures coriaces, et notamment contre certains boss.
Une petite visite, ça vous tente ?
Et que dire de Babylone dans tout ça ? Une chose est sûre, à la fin du jeu on en a fait le tour ! Ne voyez pas là une critique, bien au contraire, les environnements sont assez variés et dans une ambiance parfois gothique très prenante. On passe des toits aux égouts, puis dans tous les recoins de la ville en passant par les jardins suspendus (et il y a les lupanars aussi). Bref, l'ensemble est très cohérent tout en ayant toujours un endroit pour nous surprendre et nous émerveiller, car il est bien inutile de préciser que les graphismes sont de très bonne facture, et je pèse mes mots ! (en tout cas, pour ceux qui n'ont joué qu'au premier épisode, sachez que vous aurez un choc).

On apprécie aussi les bonus qui se récoltent tout au long de la découverte des niveaux, il s'agit en effet de récupérer du sable qu'on trouve non seuleument en battant des ennemis mais aussi en cassant des jarres et paniers, ceci débloquant de magnifiques illustrations. Mais cependant, quand je vous dit de casser des objets, je ne dit pas de le faire n'importe comment... En effet, cela suppose un certain bruit et les ennemis qui peuplent les niveaux sont assez malins pour vous repérer à ce genre de choses, et dans ce cas il n'est même plus la peine de penser à les surprendre. L'intelligence artificiel n'a donc pas grand chose à se reprocher de ce côté là. De même qu'ils ne frappent pas n'importe comment dans les combats et savent se défendre, certains donnant bien évidemment plus de fil à retordre que d'autres... Pour ce qui est des créatures d'ailleurs, leur nombre est relativement varié, ce qui est plutôt une qualité, et ceux -ci s'inscrivent très bien dans le décor.

Bon, vous devez vous dire : oui, une petite visite ça peut être sympathique, surtout s'il y a des choses à voir, des monstres à tapper et des plate-formes à escalader, mais je ne vous ai pas encore parlé des phases "dynamiques". En effet, des moments courts, mais intenses, viendront mettre de l'action pure dans le gameplay (comme s'il n'y en avait pas suffisament). Ces parties de jeu consistent en vérité à conduire un char à toute vitesse en évitant à la fois des obstacles et des monstres, et en prenant en compte la capacité de revenir dans le temps si besoin est. J'y ai personnellement trouvé un vif plaisir et j'ai même regretté que cela ne se soit pas répété plus souvent, la comparaison que je ferais sera (pour les initiés) avec les phases de fuite face au Dahaka dans le second épisode, très stressantes elles aussi ! Et je ne suis pas de petite nature !

Enfin, dernière chose à faire dans notre belle petite cité, venir à bout des énigmes. Je dirais que celles-ci sont superficielles, à la manière de : je trouve un objet, je le glisse sous un interrupteur, ou je ralenti le temps pour passer sous la porte, ou encore je tourne des manivelles d'une certaine façon pour que ça fonctionne. Rien de bien méchant mais cela à l'avantage de changer le registre du : je tappe, je progresse. Et cette progression justement ? Et bien sachez que vous n'êtes pas seul ! Non, non, je ne parle pas de votre double mais plutôt d'un personnage que vous avez rencontré dans le premier épisode et que vous (re)découvrez, à savoir la princesse Farah. Encore une princesse ? Eh ben oui, ça marche comme ça en Perse. C'est d'ailleurs sa présence qui dicte les grandes lignes de l'aventure puisque vous la suivrez un peu contre votre gré pour sauver votre peuple (qui visiblement sans elle ne vous intéresserait guère), de même qu'elle constituera votre fameuse deuxième princesse à sauver. Inutile d'en dire plus, je crois que vous l'avez compris, pour peu que vous essayiez ce jeu, il y a de grande chance pour qu'il vous plaise, ce jugement étant tout à fait objectif tant la qualité est présente.
Enfin le jeu parfait ?

Si le genre vous plaît, autant vous dire qu'on approche de la perfection. Tout du moins, et en restant objectif, il faut considérer encore quelques petits défauts qui sont certes insignifiants, mais qui peuvent être un peu exaspérant. Le premier à citer concerne les doublages pendant le jeu (notez bien cette dernière précision car c'est elle qui est à l'origine de la remarque que je fais). En effet, lorsqu'un personnage se met à parler dans une phase in-game, impossible de l'entendre si ce n'est en mettant le son à niveau maximum, ce qui je vous assure peut se révèler à la longue exaspérant. Cependant, et j'insiste, les doublages en français sont excellents et rajoute à la classe des personnages, avec des dialogues au cours du jeu bien sympa !! On notera notamment la voix du prince maléfique que personnellement je trouve géniale de subtilité... Quant aux musiques, les développeurs ont cette fois-ci fait le choix judicieux de ne pas nous les imposer à l'oreille (comme dans l'épisode 2), elles sont donc quasi inexistantes hors des combats et des phases dynamiques du même genre, on notera juste quelques thèmes intéressants lors des cinématiques et dans les endroits clés du jeu.
Autrement on pourra reprocher la certaine linéarité et certes, il y a là de quoi grincer des dents quand on sait également que l'ensemble est assez court. Mais je remarquerai pourtant que cela peut aussi avoir du bon, en plus de signaler que les phases de jeu sont assez variées. Ainsi, la progression qui se borne à vous faire toujours aller en avant vous évite d'errer, sans plus savoir où aller (pour un joueuse de RPG comme moi je sais que ça peut être énervant), de même que si vous ne voyez pas l'objet en particulier qui vous fera progresser (ce qui arrive parfois) vous savez obligatoirement qu'il se situe devant vous, ce qui évite donc d'éventuelles recherches interminables.
Ainsi donc, et pour terminer, on me rétorquera alors le manque de challenge, et dans un sens il existe. Mais c'est sans compter sur les ennemis coriaces et la plate-forme réglée au millimètre, les sabliers voyant leur usage restreint à 5 ou 6 au maximum. En conséquence vous aurez maintes occasions de mourir... Quelques passages étant à ce propos pas toujours très bien dosés entre deux sauvegardes trop éloignées, ou un checkpoint vous ramenant au passage difficile, avec un minimum de sables. Mais rien d'insurmontable rassurez-vous, surtout si vous avez autant la rage de vaincre que votre héros !
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