
Ambiance légère et colorée pour un jeu qui se décrit plus profond que son aspect enfantin le laisserait penser. Bien peu de jeux proposent en effet un challenge aussi grand que celui de Spore : refaire l’Evolution suivant ses propres critères (restreints par les nécessités darwiniennes) en partant du premier stade de la vie (la cellule dans le « Bouillon Originel ») et l’amenant à la grandeur d’un peuple dominant sa planète entière et établissant alliances et colonies dans les systèmes solaires plus ou moins proches. Un jeu qui promet donc des heures de jeu passionnant autour des 5 phases bien délimitées de l’Evolution : la cellule, la créature, la tribu, la civilisation, l’espace. Chacun de ces stades est régi par « l’Atelier », un éditeur extrêmement puissant et très simple d’utilisation qui permet de réaliser sa propre créature ainsi que bâtir la moindre des constructions (maisons, usines, bateaux, vaisseaux, …), dans le but évident de personnaliser au maximum l’univers gravitant autour de sa créature. Mais finalement, face aux descriptifs officiels et officieux de ce jeu, le ressenti du joueur peut être tout autre, et bon nombre de tests/avis totalement opposés sur ce jeu ont été déjà vu le jour sur Internet, preuve que ce titre possède des caractéristiques bien particulières qui scinde la communauté des joueurs en deux positions bien tranchées.

Il est certes important de bien distinguer les 5 phases d’évolution proposée, car au-delà de proposer un « niveau » différent, il s’agit bel et bien de jeux complètement différents, avec des graphismes différents, des buts différents, une ergonomie différente, bref, une expérience à chaque fois renouvelée. Certains apprécieront cette diversité vidéoludique au sein d’un même titre, d’autres, plus enclin à approfondir chaque stade d’évolution, se sentiront floués par le survol indéniable de chaque étape. Ici, point de grande prise de tête afin d’apprendre comment structurer une société stable, point de crainte face à des challenges impossibles à relever, point de panique à l’idée de voir sa cellule, créature, tribu, civilisation et/ou alliance réduite à néant face à des attaques constantes issues d’une Intelligence Artificielle redoutable. Il est important de savoir qu’avant tout, ce jeu propose un grand moment de divertissement, simple, abordable, aussi sympathique qu’agréable, mais surtout aussi peu rebutant qu’il est possible de le faire. « Spore » s’adresse donc aux habitués des genres vidéoludiques traités qui désirent juste se divertir sur des phases relativement basiques mais variées, ainsi qu’aux néophytes qui se prendront au jeu rapidement et facilement, sans avoir à se perdre dans les finesses et subtilités stratégiques complexes ou de gestion/simulation.

La phase « Cellule » est principalement réalisée afin de prendre les commandes en douceur, via un jeu particulièrement orienté arcade. Il s’agit ici de créer une cellule, de choisir son « orientation gastronomique », et de se lancer dans le Bouillon Originel pour apprendre à survivre, à s’alimenter, à récupérer ADN permettant l’évolution primaire (évolution accessible via l’Atelier grâce auquel on peut ajouter petit à petit des outils de défense, de vitesse, d’attaque, …). Ce stade du jeu est relativement assez aisé et, si ce n’est par les beaux graphismes ronds, colorés et naïfs, fait indéniablement songer au jeu « Flow » sur PS3. Certes bien moins esthétiquement artistique, « Spore » propose dans ce premier stade de l’évolution un jeu au but similaire, avec franchissement de palier dans le Bouillon originel : les créatures qui nous attaquent deviennent rapidement petites et insignifiantes, et les immenses formes floues du fond se révèlent alors être nos nouveaux prédateurs. Ludique, malgré un petit côté répétitif dû au concept-même de ce type de jeux. Les niveaux sont d’ailleurs assez peu nombreux et se franchissent rapidement (sitôt qu’on a accès au poison ou autre système de défense, ce stade d’évolution devient relativement aisé). Il est en revanche, comme dans 5 grandes étapes de jeux proposées dans « Spore », très amusant de se retrouver face à des créatures similaires à celle que l’on a créée et faite évoluer, aussi bien arrivées au même stade d’évolution que sa cellule/créature/civilisation actuelle ou restées à des stades inférieurs.

Après quelques modifications cellulaires, ajouts d’armes et autres altérations proposées en cours de jeu et installées/appliquées via l’Atelier, voici que la cellule d’origine peut enfin rencontrer la terre ferme. On peut alors ajouter des jambes/pattes à sa créature, lui enlever les éléments devenus superflus (la vie sait autant ajouter les éléments indispensables au nouveau stade d’évolution qu’abandonner ceux qui sont devenus inutiles et risqueraient d’être un fardeau). Sitôt la créature jugée « valable », un clic suffit pour passer à l’étape d’évolution supérieure (tout en sachant qu’il sera en revanche totalement impossible de revenir au stade précédent, et qu’il faudra alors tout reprendre sur une nouvelle planète pour retrouver le plaisir de barboter dans le Bouillon Originel).

Chaque moment important de l’évolution est alors illustré par une petite vidéo utilisant le moteur graphique du jeu : il est alors fort divertissant de voir sa propre création prendre vie naturellement au cours de ces moments non-interactifs, comme si le jeu avait toujours prévu que la créature allait évoluer ainsi. L’intégration de moindres changements structurels, d’habillement ou autres réalisés dans l’Atelier, se fait instantanément dans le jeu en lui-même ainsi que dans toutes les vidéos. Les options du jeu permettent au joueur désireux d’avoir quelques souvenirs des phases du jeu de pouvoir capturer des images à tout moment (touche « C »), mais aussi des vidéos complètes de ce qui se passe à l’écran (touche « V »). Des images animées (de type « gif ») sont aussi automatiquement réalisées lors d’interventions dans l’Atelier et résument les évolutions apportées à la créature ou aux bâtiments afin de pouvoir les utiliser en tant qu’avatars sur des fora. Une exportation automatique des vidéos sur un compte Youtube (déjà créé, ou à créer directement depuis l’interface du jeu) est aussi proposée à la fin de la capture.

Quatre grandes étapes attendent encore le joueur et sa créature, quatre étapes correspondant à quatre types de jeux différents. Décrire méticuleusement chaque étape reviendrait à bouder le plaisir de découverte du joueur, mais il est important ce connaître l’essentiel de ce que le jeu réserve afin d’être certain de ne pas bloquer sur une étape de l’évolution qui rebuterait le joueur dans son principe : la phase « Créature » est héritée des jeux d’action en vue à la troisième personne et une navigation réalisée dans un monde entièrement en 3D grâce à la souris principalement. Il est à noter que parcourir l’intégralité de la planète n’est pas vain, car bon nombre d’outils d’évolution (défense, marche, mains, charme, …) sont disséminés un peu partout. En revanche, attention à ne pas tomber sur les ogres, immenses créatures impossible à charmer et qui ne font qu’une bouchée des créatures face à elles. La troisième étape, orientée stratégie à la « Populous 3 », met le joueur à la tête d’une petite tribu et proposera des missions basiques comme impressionner ou plaire à d’autres créatures en chantant, dansant, … Plus il y a de types de créatures charmées, plus on accède vite à l’étape d’évolution suivante. Les étapes d’évolution s’enchaînent assez vite (2 heures ou plus si le joueur cherche à trouver le plus de bonus possible), et l’on arrive relativement rapidement aux deux dernières phases de l’évolution.

Si la quatrième phase est somme toute assez proche des évolutions précédentes (une étape axée « simulation » à la Caesar, avec construction de bâtiments et autres moyens de transport), la dernière étape n’est pas des moindres car demandera de très longues heures de jeu pour en venir à bout (une quinzaine environ) : ici, les missions s’enchaîneront, proposées par la base principale installée sur la planète d’origine, ou par des civilisations rencontrées sur d’autres planètes. Il est alors possible de gagner de l’argent qui permettra d’acheter des outils de terraformation, afin de coloniser de nouvelles planètes, découvrir d’autres systèmes solaires, établir des relations commerciales et alliances auprès d’autres civilisations, … Chaque action/mission jugée réussie apportera son lot de médailles et d’argent, augmentant peu à peu le champs d’action de la navette, le grade de son capitaine et le nombre de vaisseaux les accompagnant.

Attention en revanche de bien alimenter la navette en énergie, armes et autres dispositifs de réparation, car les risques de tomber sur des civilisations hostiles est grand, surtout si, pour des besoins d’une civilisation de votre alliance vous avez pillé/détruit des vestiges vénérés d’une civilisation encore inconnue mais qui l’aura très mal pris et saura vite le faire comprendre. Une partie de jeu, donc, très vaste, très variée, où il est possible à désir de visiter tel ou tel système solaire et de descendre au raz du sol de chaque petite planète pour voir ce qui s’y trouve, faire des analyse, capturer des créatures, … Vu le nombre de niveaux à franchir pour terminer cette 5ème étape du jeu, il devient assez évident que les quatre étapes précédentes n’étaient là que pour crédibiliser l’évolution, permettre d’utiliser l’éditeur afin de personnaliser ses créatures et leurs créations. Tout le centre du jeu réside finalement dans cette dernière étape qui, malgré le côté toujours accessible et naïf des autres étapes de « Spore », offre de très nombreux challenges à relever, et cumule des phases de simulation de navette à la « V2000 » et des phases stratégiques et de gestion spatiales à la « Ogame».
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