La playstation 3 aura eu un long passage à vide depuis sa sortie en Mars dernier. Après un Motorstorm et un Resistance plutôt correct, plus aucun jeu exclusif n’aura fait sensation sur ce support, on oubliera les soi-disant hits que sont Heavenly Sword et Lair qui n’ont été que déception. On se retourne donc vers la fin de l’année avec un très bon Ratchet & Clank mais surtout vers le prochain titre et la nouvelle licence de Naughty Dog, l’attendu Uncharted: Drake’s Fortune.
Le cousin d’Indiana Jones
Uncharted: Drake’s Fortune nous emmène sur une île tropicale à la recherche d’un trésor perdu au doux nom d’El Dorado. Vous êtes Nathan Drake, un aventurier des temps modernes qui, après avoir ramené à la surface le tombeau d’un de ses ancêtres, le mène vers la voie de l’objet tant convoité. Seulement voilà, des pirates et des mercenaires qui ont investi les lieux sont aussi intéressés par ce trésor et se sont mis en tête de trouver ce bien. Vous devrez donc vous frayer un chemin entre tous ces dangers jusqu’à ce Saint Graal.
Bien entendu, vous ne serez pas seul dans cette aventure, Sully un ancien camarade vous épaulera durant une bonne partie de votre escapade. Vieil aventurier de la cinquantaine, l’El Dorado est pour lui synonyme d’une nouvelle vie avec la fin de ses endettements. Vous serez aussi suivi par une journaliste qui réalise un documentaire sur cette chasse au trésor. Elena son nom jouera la fille un peu lourde sur les bords mais que Drake est obligé de garder puisqu’elle finance ses recherches. Quant au caractère de notre Nathan, il se la joue un peu beau gosse sans pour autant tomber dans un profond cliché, une personnalité digne d’Harrison Ford dans un Indiana Jones avec ses réactions et ses petites vannes qui nous font toujours sourire.
Un cocktail explosif

Uncharted multiplie les comparaisons avec d’autres genres puisque son gameplay est le mélange de trois jeux bien distincts, on pourra donc le comparer à Gears of War pour ses phases de tir puisqu’ici la couverture est primordiale pour avancer. En effet, une dizaine d’individus pourront vous prendre en chasse et seuls les obstacles comme des ruines ou caisses pourront vous sauver d’une fusillade perdue d’avance. L’autre ressemblance viendrait de Prince of Persia pour sa partie plate-forme, la plupart de ses passages seront sur des corniches instables à plusieurs dizaines de mètres au-dessus du sol. On aura quelques rares sauts en longueur à faire mais un système d’aide se déclenchera pour assister le saut si la corniche en face est plus ou moins lointaine. Par contre pas de retour en arrière dans le temps mais un système de checkpoint automatique très pratique qui vous laissera souvent à quelques secondes voire au pire à quelques petites minutes de votre chute. La dernière comparaison viendrait de Tomb Raider et de cette chère Lara Croft, cela viendrait plus de l’ambiance et des endroits que l’on traverse mais aussi d’une partie du gameplay: des ruines, des cités englouties, un peuple disparu mystérieusement…cela peut rappeler des souvenirs. L’autre détail similaire viendrait des énigmes souvent simplistes et peu nombreuses certes, mais activer une roue à eau afin de libérer un passage éveille une certaine nostalgie pour les fans inconditionnels de notre héroïne aux proportions démesurées.
Bref Uncharted arrive à marier ces genres avec maestria mais seulement aux abords puisqu’il parvient à avoir sa propre personnalité, et on ne pourra le comparer plus profondément avec d’autres jeux du même genre.
Too hot, too short
Commençons directement par la mauvaise nouvelle, Uncharted : Drake’s Fortune est divisé en 22 chapitres qui durent en moyenne 20 minutes. Un rapide calcul avec ces informations nous donnent une longévité de sept heures, et c’est là le gros point noir du jeu: sa durée de vie. Pour les plus courageux d’entre nous, l’envie de le recommencer dans une difficulté plus élevée ainsi que de découvrir tous les secrets sera plus fort que tout, mais on aura beau essayer de rallonger la durée de vie artificiellement, les sept heures sont ancrées dans notre mémoire. Alors détaillons le cœur des missions.

Un bon point là-dessus puisqu’elles sont très variées, les développeurs n’ayant pas voulu nous pousser dans une grande lassitude, le mariage entre les jeux cités dans la partie précédente influe directement sur les missions et donne un aspect très rythmé. La plupart seront composées de passages de tirs à pied, mais aussi d’une partie plate-forme, d’ailleurs certains chapitres seront entièrement dévoués à un véhicule, Nathan étant très polyvalent, il n’hésitera pas à prendre les commandes d’une mitrailleuse à pied sur un 4x4 poursuivi par des pirates, ou bien conduire un jet ski tout en évitant les bombonnes explosives qui flottent à la surface de l’eau. Leur contrôle demande un petit temps d’adaptation dû à l’inertie mais après avoir été tué deux/trois fois on commencera à piger le maniement.

En ce qui concerne le contrôle de Drake, là aussi un effort certain a été fait. Drake court, roule, s’accroupi, saute avec une certaine aisance, mais viser et tirer demande un vrai doigté. En effet, les combats se déroulant souvent à une portée plus ou moins lointaine, viser la tête d’un ennemi est plutôt ardu. Avec un aussi petit viseur, un recul très prononcé et une sensibilité pas si bien adaptée, on ne sent pas que l’on maitrise Drake sur le bout des doigts et on aura souvent la rage de tirer à deux millimètres de la tête d’un mercenaire alors qu’il ne bougeait à peine. On notera aussi l’implémentation (forcée ?) du Sixaxis pour certains mouvements, comme jouer sur l’équilibre de Drake sur un tronc d’arbre couché dans le vide ou le lancé de grenade, mais prenant un temps fou à calculer la trajectoire de l’explosif dû à l’imprécision de cette technologie, on évitera souvent cette option lors d’une rude bataille.

Le combat rapproché quant à lui est, à la manière d’un Metal Gear, le maniement des bras et des jambes de Drake afin d’assener des coups fatals à l’ennemi. Tout dépendra de la position de Drake par rapport à « sa proie » ainsi que du contexte où l’on se trouve, par exemple si vous n’avez pas été repéré et que vous arrivez par l’arrière, Drake cassera la nuque du garde sans que personne ne s’en aperçoive. Par contre si vous avez déjà été repéré et que vous êtes à moins d’un mètre du mercenaire, vous pourrez le frapper de coups de poings et coups de pied jusqu’à le mettre à terre. Le problème c’est la dangerosité de l’action, l’ennemi répliquera avec des coups puissants si vous ratez votre combo, et si des ennemis vous attendent derrière ils pourront vous canarder sans problème durant votre petite manipulation, cette caractéristique est donc très peu utilisée car suicidaire, et cela nous amène à expliquer le système de vie de Drake. Si vous connaissez Call of Duty ou Gears of War, vous savez que la vie de votre personnage n’est pas un système classique de 100 points de vie mais une jauge invisible se basant sur le nombre de coups subi en très peu de temps. Si vous êtes à découvert et que vous vous faites toucher plusieurs fois, votre écran changera de couleur (souvent en rouge) pour signaler l’état critique de votre personnage, il faudra alors se poser dans un endroit calme pendant quelques secondes pour que cette alerte disparaisse. Et bien pour Uncharted c’est le même système, cette technique nous force à nous cacher derrière des obstacles et à ne pas charger comme des barbares dans une situation délicate. Un choix plutôt judicieux puisqu’on évite la gestion d’une jauge de vie et les recherches de trousses de secours.
Miroir, mon beau miroir

Ce qui avait tout de suite été la marque de fabrique de ce Uncharted c’est bien ses graphismes, une palette graphique qui nous montre que la PS3 en a bien sous le capot, certains ayant même essayé de comparer l’un des plus beaux jeux toutes consoles confondues avec la claque PC qu’est Crysis. Peine perdue puisque le projet de Crytek opte pour un style beaucoup plus réaliste et donc des textures plus travaillées, mais Uncharted : Drake’s Fortune fait lui aussi tomber beaucoup de têtes avec des textures magnifiques, des ombres dynamiques maitrisées dans une quasi-perfection et des animations totalement bluffantes. Nathan évolue dans une jungle d’une beauté rarement atteinte et les décors sont d’une grande richesse. On prendra comme exemple l’arrivée sur un site où une carcasse d’un sous-marin est échouée près d’une cascade, un cliché magnifique ! On regrettera peut-être le peu d’interactions avec le décor outre le fait de se cacher. On ne note par ailleurs aucune baisse importante de Frame-rate malgré le nombre d’effets affichés à l’écran, un petit exploit que l’on se doit de souligner sur cette console. On finit par les expressions du visage de Drake tout aussi réussies, ses faciès dignes d’un film d’animation venant d’une production de chez Pixar.
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