Contrairement au jeu, je ne ferai pas de chichis et j’entrerai directement dans le vif du sujet, ce qui est bien normal au vu de l’attente suscitée par ce nouveau Mario. Insérez la galette, et après la traditionnelle mise à jour anti-piratage, les réglages habituels vous séparant du début du jeu se dressent contre vous. Premier dilemme : quel Mii choisir pour votre fichier ? Passée cette fraction de seconde d’intense réflexion, les choses sérieuses peuvent enfin commencer. Enfin pas vraiment, puisqu’il faut maintenant passer par une dizaine de minutes d’introduction au total, ce qui est bien long pour un jeu au scénario aussi mince que l’annuaire de la Patagonie occidentale. Cette lassitude est entrecoupée de moments de court répit, joyeux ébats pendant lesquels vous pourrez torturer/préserver/exploiter à loisir votre stick. Deux options s’offrent à vous : vous êtes novice dans l’univers Mario et vous vous émerveillez devant l’efficacité et la précision du combo Nunchuck/Wiimote en effectuant tous les mouvements possibles et inimaginables –vous serez toutefois limités par ceux que dicte le livret, pas de bol. Ou alors vous êtes, tout comme moi, un fan de la première heure, mais pas né de la dernière pluie : vous vous jetez à corps perdu vers le château de la Princesse Peach tel un amateur de magazines people. Car c’est là que se terre la question métaphysique propre à tout Mario qui se respecte : par qui la blonde écervelée censée régner sur un royaume d’êtres mycologiquement modifiés va-t-elle se faire capturer ? Si vous n’avez pas trouvé la réponse, éteignez votre ordinateur et allez faire une cure intensive de Mario, et relisez ce test attentivement. Pour les autres, continuons, voulez-vous ?
Si vous êtes encore là, vous venez de faire le plus dur, félicitations ! Je ne parle pas de la progression dans la lecture du test mais dans l’absorption de cinématiques, l’autre moitié venant fort logiquement à la fin du jeu. Mais ne nous égarons pas, et revenons à notre propos : Peach, princesse de son état, a été kidnappée par une grosse tortue dotée d’une carapace à pointes et d’une haleine pour le moins épicée (pour ne pas nommer cet affreux pas gentil) tout là haut, « vers l’infini et au-delà » comme dirait l’autre. Manque de chance, Mario a essayé de les rattraper, mais "Celui-dont-il-est-inutile-de-prononcer-le-nom" l’a gentiment (ou pas) convié à ne pas les suivre. Expulsé à l’autre bout de la galaxie, notre plombier se retrouve sur une petite planète, mais son périple ne fait que commencer…Se réveillant avec l’air de celui qui a la gueule de bois, lui et le pauvre joueur qui n’avait rien demandé à personne se voient imposer la tâche ingrate de jouer à cache-cache avec des lapins. Profitons-en pour nous concentrer sur le paysage : c’est beau, les étoiles scintillent, et la palette de couleurs est bien exploitée. Un autre bon point, donc. On en prend plein la vue et rien n’est trop grossier du point de vue graphique : Nintendo a fait du bon travail et peut montrer avec ce jeu que la Wii en a vraiment dans le ventre en créant ce Mario Galaxy explosant les mains attachées dans le dos la plupart des productions Ubisoft, pour citer un éditeur fainéant au hasard.
Mais là n’est pas le plus fort : relever le challenge des graphismes qui narguent la rétine et assurer une maniabilité résistant seulement aux manchots, Nintendo l’avait déjà fait au fil des aventures de notre moustachu italien. Le défi consistait ici en l’intégration de l'élément qui rendrait ce Mario différent des autres, et il a été à moitié réussi : le coup du héros qui change de capacité spéciale comme de salopette fait défiler devant nous les nombreuses heures passées devant Mario 64 et la Sainte Trinité des casquettes de la foi, et surtout devant Super Mario Bros. 3 à l’époque de feu la NES (ça ne nous rajeunit pas tout ça), dans lequel les costumes changeaient non seulement l’apparence de Mario, mais lui donnaient de nouveaux pouvoirs, à l’instar de la fleur de feu qui permet de cracher des boules enflammées, la feuille qui fait voler (!) ou l’étoile qui rend invincible. Constatation étonnante, deux des trois exemples cités ont été repris dans Super Mario Galaxy : on ne présente donc plus Mario Feu, dont l’utilité n’est plus à démontrer dans les endroits qui vous laissaient auparavant de glace ; l’invincibilité est également au rendez-vous, toujours sous forme d’étoile, car on ne change pas une équipe qui gagne...quoique, on en touchera un mot au FC Metz. La nouveauté provient entre autres d’un costume transformant Mario en abeille, lui donnant la possibilité de s’élever dans les airs un court instant –ce qui rappelle tout de même la feuille de Mario Bros. 3 précédemment citée- mais également d’une fleur de glace qui une fois obtenue, permet à Mario de créer des chemins de glace en gelant tout sur son passage. Ces objets seront nécessaires pour résoudre quelques énigmes et emprunter des chemins pas immédiatement visibles, ce qui ajoute un peu de réflexion, un aspect présent dans chaque jeu de plate-forme estampillé Mario depuis le passage de la série à la 3D en 1997.
Autre aspect qui est également au rendez-vous depuis les dix dernières années : le petit côté collecte d’étoiles, tentant de rompre la linéarité du jeu en leur conférant le rôle de clés des différents niveaux. La liberté du joueur quant au choix du chemin à prendre est donc bridée depuis Mario 64, puisqu’il ne suffiit pas de découvrir l’emplacement d’un nouveau niveau pour y accéder, mais il faut aussi posséder le nombre adéquat d’étoiles, credo revenu au goût du jour en novembre 2007 en tant que condition d’apparition des galaxies, que celles-ci représentent des mondes entiers ou des niveaux bonus. Le problème est que sur chacune de ces planètes, on fait les étoiles les unes après les autres…jusqu’à en avoir trois. Trois, c’est le maximum d’étoiles à collecter dans chaque niveau dans la première partie du jeu, qui occupera les deux tiers de votre temps de jeu soit une quinzaine d’heures en prenant son temps. Ça calme. Heureusement, après les 60 premières étoiles récupérées, le scénario va connaître quelques rebondissements qui auront des conséquences sur certains niveaux qu'on pouvait croire définitivement terminés. Ô miracle. Ajoutez quelques épreuves bonus exploitant la Wiimote par le biais de courses de raies ou des passages tordus de véritable plate-forme dans le plus pur style Sunshine, laissez reposer (le joueur, parce que s’il y joue trop longtemps tous les jours, il le finira vite) et vous obtenez un résultat plus linéaire qu’il n’y paraissait sur le papier, le nombre de galaxies étant très limité au début et réduisant vos choix d’itinéraires possibles avant l’obtention de quelques dizaines d’étoiles. Saupourdrez d’une petite surprise : un mode deux joueurs ! "Mais à quoi sert-il donc, ce mode multijoueur, mon bon monsieur ?" me direz-vous. Eh bien chers lecteurs, je serais tenté de répondre "à rien" tant pour moi cela me rappelle la définition du mot gadget : "Petit objet amusant mais de qualité médiocre." C’est exactement ça, un bonus amusant cinq minutes, qui sert à récolter les morceaux d'étoiles (comme si on ne pouvait pas en récolter assez soi-même), immobiliser des ennemis…ou faire un super-double-saut-de-la-mort-qui-tue. Bilan assez maigre, on sent que la nouveauté a été rajoutée pour faire honneur aux fonctionnalités "révolutionnaires" de la Wii, et ça me rappelle plutôt la triste époque des projets commencés sur Gamecube, puis abandonnés pour être repris sur Wii avec une utilisation de la Wiimote limitée au minimum syndical, c'est-à-dire un mouvement de télécommande presque inutile intégré pour faire plaisir à ceux qui ne jurent que par la bougeotte. Rassurez-vous, cela ne tache en rien le tableau final puisque ces bonus/gadgets ne constituent pas une redécouverte du jeu sous un angle boulversant, donc elles ne sont pas fondamentalement nécessaires.| Avantages - Ma che bello ! Wouhou ! - maniabilité précise, prise en main immédiate - la bande-son remixée par un orchestre symphonique - un concept accrocheur - un changement d’univers bienvenu… Inconvénients - …mais un scénario dans la tradition « marioesque » - le réglage de la caméra à la croix, c’est mal. - la durée de vie qui semble avoir été gonflée artificiellement - quelques nouveautés un peu gadget -c'est tout, cherchez pas ! |
Graphismes | Disons-le tout net, nous tenons-là le plus beau jeu de la Wii dans son style, différent d’un Resident Evil 4 ou d’un Metroid Prime 3. Cette débauche de couleurs titille la rétine et on en redemande. |
| Jouabilité | Nintendo a une fois encore bien géré ce point délicat. Les mouvements ne se sont pas devenus plus complexes, mais les angles de caméra peuvent se révéler déstabilisants, car on passe d’un réglage analogique à un réglage à la croix. | |
| Durée de vie | C’est là où le bât blesse : une quête principale bien courte (une dizaine d’heures), des boss faciles et des bonus semblant bien artificiels au final. On perd plus de vies que d'habitude, mais on en gagne un bon nombre, chose curieuse dans un Mario. | |
| Bande Son | Fini le jazz cher à Miyamoto, on retrouve des thèmes remixés par un orchestre symphonique reprenant avec pompe la plupart des musiques connues…et quelques nouveautés, ce qui n’est franchement pas déplaisant. | |
| Scénario | Noter le scénario d’un Mario est toujours un lourd défi. Cet opus ne déroge pas à la règle, étant toujours le même dans le fond, la forme changeant toutefois quelque peu avec ce changement de décor ponctué de nouvelles rencontres. |
Commentaires
Vinz [9172 Pts] le 11/12/2007 à 18H54
ennissay [3040 Pts] le 12/12/2007 à 22H50
BlueHunter [2838 Pts] le 13/12/2007 à 01H27
Gregdark [5124 Pts] le 13/12/2007 à 16H58
philyra [2449 Pts] le 30/12/2007 à 23H41
Zabuza66 [6 Pts] le 18/01/2008 à 04H00
Gregdark [5124 Pts] le 19/01/2008 à 00H44
ennissay [3040 Pts] le 29/01/2008 à 11H28
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