
Juillet 2006, c'est la date où les quelques chanceux qui avaient pu se rendre au Japan Expo de Villepinte avaient pu essayer en avant-première le très attendu Phantom Hourglass, premier épisode de The Legend of Zelda à sortir sur DS. La démo avait alors bluffé tout le monde par le génie du gameplay au stylet intégral à une époque où l'écran tactile de la portable de Nintendo n'avait pas encore fait ses preuves. Seulement les retards successifs ont fait que les fans ont du prendre leur mal en patience pour enfin voir débarquer le Graal ludique chez eux, en ce presque irréel 19 octobre 2007. A présent que la première expérience tactile en terres d'Hyrule est entre les mains du commun des mortels, quel verdict pour le héros en collants verts le plus classe de tous les temps?
Les quelques intéressés d'entre vous ne sont pas sans savoir que ce nouvel épisode reprend complètement le style graphique de The Wind Waker sorti à l'époque sur Game Cube. Plus que cela, Phantom Hourglass en est une suite direct. En fait, l'aventure commence précisément là où l'autre finissait et vous met une seconde fois dans la peau de ce freluquet de Link souffrant d'aérophagie céphalique. Si à l'époque le parti pris graphique en avait révulsé plus d'un, aujourd'hui celui-ci semble au contraire complètement adapté au format de la portable, conférant un charme indéniable à l'univers et aux personnages qui le peuplent. La 3D est on ne peut plus correcte, on s'immerge sans aucun mal dans cet océan cellshadé bourré de petit détails. Les animations ne sont pas en reste, surtout lors des différentes cinématiques qui bien souvent vous arracheront de force un petit rictus et vous impressionneront par leur dynamisme, fait tout simplement inédit sur la console. Les personnages, d'un classicisme usé, sauront toutefois vous séduire, surtout Linebeck le capitaine qui vous accompagne dont la lâcheté n'a d'égale que sa vantardise. Bref, l'ambiance est léchée, tant au niveau visuel que musical (certains thèmes sont particulièrement marquants) on nous invite dans un monde dans lequel on se laisse mener sans réelle difficulté.
Mais l'intérêt principal du jeu ne se résume pas à ce style graphique si particulier. En fait Phantom Hourglass est probablement le grand jeu de la DS qui insuffle toute sa logique et sa légitimité au support tactile de la console. C'est simple, oubliez les boutons pour ce nouvel épisode, je vous parle là d'un jeu qui se ressent. Guidez Link directement grâce au stylet, touchez les éléments du décor pour interagir, tranchez du gobelin d'un trait habile ou dévastez tout autour de vous d'un cercle finement tracé, tout s'exécute avec une intuition folle. C'est simple, on a presque immédiatement la sensation d'avoir joué à ce jeu toute sa vie. De même l'utilisation des objets est souvent enfantine, c'est parfois à se demander pourquoi personne n'y avait pensé plus tôt. Très fréquemment, on nous propose une nouvelle manière de jouer, un nouveau mécanisme, un nouveau concept de jeu à comprendre et à exploiter.
Les petites balades en bateau d'une île à l'autre suivent cette logique de simplicité et d'intuition. Votre rafiot suit scrupuleusement la trajectoire qu'on lui a assigné sur la carte, on est alors libre de déplacer très simplement la caméra tout autour et de bombarder les quelques monstres abyssaux avec une facilité déconcertante. Ces voyages, qui sur Game Cube avaient pu en rebuter certains par leur lenteur, sont ici juste assez longs pour nous donner la sensation de naviguer sur un océan sans pour autant que la lassitude ne s'installe. Le simple fait qu'on ne soit plus dépendant du vent ajoute un énorme sentiment de liberté. On se surprend fréquemment à voguer d'îles en îles, à la recherche d'objets rares, de trésors et de nouvelles terres inexplorées. On se sent simplement libre et on ne peut qu'être impressionné par la richesse et la crédibilité de cet univers qui ne tient pourtant que sur une petite cartouche.
Mais on ne s'attarde jamais trop longtemps dans ces errances romantiques, rappelés rapidement par notre devoir de sauveur de monde. L'intrigue fait dans le très classique mais se révèle efficace, suffisamment en tout cas pour nous donner constamment l'envie d'avancer. A vrai dire, le rythme ne faiblit quasiment jamais, la formule classique de la série ne varie pas d'un iota mais est ici exploitée avec une efficacité redoutable. On prend un plaisir immense à guider Link d'île en île, à découvrir ce qui s'y trame pour finalement accéder à l'un des donjons de l'aventure, véritables trésors d'inventivité et d'ingéniosité. En fait, il ne serait pas trop exagéré de dire qu'on trouve à peu près une idée toutes les minutes dans ce jeu. Les développeurs ont fait preuve d'une créativité incroyable. C'est un simple délice que de résoudre les nombreuses énigmes qui parsèment les donjons. On comprend rapidement ce qu'on attend de nous et on tire toujours un certain plaisir à déclencher les divers mécanismes qui permettent la progression, jusqu'au boss final souvent titanesque qui dans une explosion de couleurs et par une utilisation très intelligente des deux écrans vous demanderont un peu de jugeote pour en venir à bout (je ne résiste pas à vous parler de l’idée géniale qui affiche sur l’écran supérieur ce que voit l’un des boss, alors invisible, vous permettant ainsi de le localiser! Frissonnant...).
N'oublions pas non plus qu'il existe un nombre assez important de quêtes annexes à mener au-delà de l'aventure principale et c'est un réel plaisir que d'y revenir de temps en temps même une fois le jeu fini. Les fans de tunning qui sommeillent en vous (qu'ils brûlent) prendront sûrement beaucoup de plaisir à collectionner toutes les pièces du bateau qu'il vous est possible de monter à votre guise. Ces pièces sont d'ailleurs échangeables avec vos amis qui possèderaient eux aussi le jeu via la connexion locale, ce qui est d'ailleurs très probablement indispensable pour pouvoir toutes les réunir. Il existe aussi un mode multijoueur ma foi plutôt bien conçu, tant jouable en Wifi qu'en local. Sorte de remake de Pacman, l'un des deux joueurs contrôle Link et doit ramener des triforces dans son camp tandis que l'autre dirige trois gardes dans le labyrinthe en traçant leurs trajectoires sur la carte pour essayer de choper le chapardeur. Simple, intuitif, prenant et aussi assez stressant, ce mode de jeu saura indéniablement retenir plus d'un d'entre vous. | Avantages - Jeu au stylet simplement génial. - L'ingéniosité stupéfiante des donjons. - Le sentiment de liberté. - L'ambiance général attachante et très soignée. Inconvénients - Durée de vie faiblarde. - Retours réguliers au donjon principal un peu lassant. - Annihile toute concurrence dans le genre sur cette console. |
Graphismes | La 3D cellshadé sied très bien au format portable. Tout est fait avec bon goût et on s'embarque sans mal dans cet univers coloré. |
| Jouabilité | Du pur génie. | |
| Durée de vie | C'est là que le bât blesse, à peine 25 heures suffiront aux plus doués pour venir à bout de l'aventure tout en s'attachant un peu aux quêtes secondaires. | |
| Bande Son | Convaincante à tous points de vue et proposant des thèmes musicaux parfois très entraînants, la bande son de Phantom Hourglass s'inscrit sans mal dans le très haut du pavé. | |
| Scénario | Une recette simple, ici maniée avec brio et dont le rythme ne faiblit quasiment jamais. |
Images (4)
Commentaires
ennissay [2786 Pts] le 07/11/2007 à 21H54
Vinz [8709 Pts] le 07/11/2007 à 22H24
philyra [2113 Pts] le 08/11/2007 à 17H34
Vinz [8709 Pts] le 08/11/2007 à 19H31
Gregdark [4747 Pts] le 09/11/2007 à 16H38
Gregdark [4747 Pts] le 09/11/2007 à 18H19
ennissay [2786 Pts] le 09/11/2007 à 19H32
Zefi [3203 Pts] le 10/11/2007 à 19H35
Gregdark [4747 Pts] le 11/11/2007 à 01H23
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