Le début de la célèbre chanson de Gloria Gaynor, entonnée un certain soir du 12 juillet 1998 par toute la France, résume assez bien le sentiment que l’on peut avoir lorsqu’on entame une première partie de PES sur Wii : les néophytes autant que les dingues de la gâchette pourront se retrouver perdus par cette nouvelle manière d’entrer en contact avec la petite sphère de cuir virtuelle. Pas de panique ! Un entraînement régulier et assidu vous permettra de former de bonnes bases, à condition d’y mettre du sien. Une bonne grosse demi-heure ne sera donc pas de trop pour se familiariser avec ce style de jeu très particulier : dribble orienté avec sprint en pointant l’écran et en maintenant le bouton A enfoncé, passes en profondeur en pointant un endroit sur le terrain et en appuyant sur B, marquage à la culotte en pointant les défenseurs, tacles et tirs en secouant le Nunchuk…Il va falloir laisser son orgueil de côté et accepter de possibles balbutiements, bien que l’opposition ne soit pas farouche. N’hésitez donc pas à augmenter la difficulté du jeu si vous voulez que votre apprentissage soit réellement bénéfique. Bien sûr, d’autres techniques offensives plus élaborées seront au rendez-vous, comme les courses leurre, le fameux une-deux, le piège du hors-jeu et autres subtilités footballistiques. Mais ne croyez pas trop que vous pourrez faire vos grigris : Konami s’est purement et simplement privé des jonglages, des roulettes, et de tous ces petits gestes qu’on utilise pour humilier son adversaire. Mais leur absence ne se fait pas trop remarquer, car ces artifices sont compensés par des courses sans ballon faciles à effectuer pour peu que l’on possède assez de neurones pour gérer plusieurs joueurs en même temps, ce qui se révèle également assez compliqué lors des premiers matchs je l’avoue.
Qui dit renaissance de la série dit nécessairement erreurs de jeunesse. Je commence par la moins grave, puisqu’elle n’affecte pas le gameplay, mais la plus énervante à notre époque –et aussi parce que je fais des études de langues : vous l’aurez peut-être compris, la traduction fait aussi mal qu’un coup de boule sur un Italien. J’éprouve personnellement de la peine pour ces pauvres traducteurs –sans doute des stagiaires pakistanais- qui doivent avoir été limogés à l’instant même où les mecs de Konami France se sont aperçus que « Mode de passe » (pure hypothèse) se trouve retranscrit dans le jeu « mot de passe »…Il vous faudra donc considérer ces boulettes avec la même patience que lorsque l’on pardonne à un enfant d’avoir fait pipi au lit à l’âge de 15 ans. Continuons avec les défauts : vous avez sans doute galéré pour assimiler l’intégralité des mouvements, vous avez mangé, bu, dormi PES pendant une semaine…et en match, lorsqu’un attaquant s’approche de vos cages encore inviolées, c’est l’hallali ! Vos milliardaires en short courent dans tous les sens, à la recherche d’une proie à marquer, tel un joueur du PSG voulant rattraper un centre de Bernard Mendy. Le problème est que bien souvent, vos défenseurs se retrouvent derrière les attaquants qu’ils poursuivaient, ce qui se révèle assez peu pratique pour subtiliser la balle sans faire de dégâts au joueur qui la possède. Pour la défense automatique, on repassera. Sachez au passage qu’il est possible de « tracer une ligne » représentant la course d’un défenseur, ce qui est censé éviter ce genre de problèmes. A vous de voir. En ce qui concerne l’attaque, il est pour le moins…déstabilisant (eh oui, encore) de n’avoir que deux choix pour tirer un coup franc : tirer ou passer. Je m’explique : contrairement à la plupart des jeux de foot adoptant un gameplay normal, il est impossible de sélectionner l’endroit de la cage où vous voulez envoyer le ballon, car secouer le Nunchuk et prier pour que votre tireur possède de bonnes stats suffit ! C’est franchement regrettable d’avoir cette impression d’être assisté, on sent la mauvaise habitude des développeurs qui pensent que les gens jouant à la Wii sont des légumes sur pattes. Je ne vais pas prendre de gants avec le point suivant, alors soignez vos mirettes : le son. Cette fichue ambiance sonore. J’ai envie de m’arracher les cheveux à la moindre intervention de Christian Jeanpierre et de son acolyte à l’accent fleuri du Sud ! En cette période pro-ch’tis, ça dépayse, mais bon je m’égare. Les commentaires sont vraiment à côté de la plaque, et toutes les phases de jeu en prennent pour leur grade : les arrêts, les coups francs, les actions offensives…même lorsqu’il ne passe rien, notre Cricri national –remplaçant officiel sur TF1 du regretté Thierry Gilardi- trouve le moyen de sortir des énormités, et en plus il est systématiquement en faveur de l’équipe contrôlée par le joueur en mode solo. C’est à la fois très inhabituel, très pénible et pour tout dire, pas très professionnel d’entendre un commentateur dire « Oh non ! Ils ont marqué… ». Pour parler d’autre chose, disons que l’ambiance dans les stades sonne vraiment creux, et une infiltration dans la surface de réparation n’enflamme pas les foules, loin de là. C’est vraiment regrettable, surtout lorsqu’on s’imagine que les rares stades sous licence auraient pu vibrer de voir leurs joueurs favoris galoper sur la pelouse. Bon et puis les musiques de menus, on a vu mieux hein. Mais on a aussi vu pire, et puis je pense qu’au final ce point n’intéresse pas grand monde.
Mais on peut aussi trouver de belles choses dans ce jeu…si vous avez commencé ce test en lisant la note globale, vous vous êtes probablement doutés que je ne descendrais pas en flammes ce nouveau PES. Premièrement, et ça devrait être une habitude sur Wii, le moteur graphique n’a pas subi de refonte lors du passage de la PS2 à la Wii, ce qui est tant mieux : le seul point sur lequel Konami n’a pas pris de risques a été relativement soigné compte tenu des capacités de la console. Les ralentis fon également honneur à la plastique des joueurs : bien qu’un peu stéréotypés lorsque l’on a affaire à des footballeurs inconnus, les corps et visages sont relativement bien modélisés et l’animation de leurs gestes fait mieux que tenir la route. Ainsi, il arrive que vos valeureux guerriers s’écroulent lors d’un contact si vous les poussez à être trop virils dans la quête du ballon, voire que les tirs soient complètement dévissés si le timing n’est pas au rendez-vous. Cet étonnement n’a sans doute pas lieu d’être mais il ne m’était jamais arrivé de posséder un opus de la série auparavant (honte à moi), et j’ai pris beaucoup de plaisir à voir des joueurs humains, avec la balle qui ne leur colle pas aux pieds et des tirs qui peuvent passer à côté des buts même dans la surface de réparation. Les quelques stades présents dans le jeu sont également sympathiquement bien réalisés quoique rares : Konami aurait mieux fait de garder l’argent de la licence des ballons pour investir dans quelques stades supplémentaires. Vous vous demandez sans doute en quoi consiste ce nouveau mode solo, successeur de la fameuse Ligue des Masters : eh bien dans le nouveau mode intitulé Route des Champions, vous prenez en main le destin d’une équipe que vous avez créée. Après avoir choisi le blason, le nom (disponible parmi un choix de villes dans le monde entier ou d’équipes déjà présentes dans le jeu) ainsi que les 2 jeux de maillots et le stade dans lequel vous jouerez vos matchs à domicile…vous vous retrouvez avec un groupe de 16 bras cassés (soyons honnêtes). Heureusement, vous pourrez acquérir des joueurs des équipes que vous affronterez grâce à un petit jeu de hasard : chaque carte mise en surbrillance vous dévoilera un indice sur la qualité principale du joueur susceptible d’être acquis si sa carte est choisie. « Il faut l’utiliser sur les ailes », « Il faut dominer au centre du terrain », « Il courra pour vous jusqu’à l’épuisement », ou encore « Il se plaît dans le jeu physique » : voici le genre de petits indices qui vous permettra d’étoffer votre effectif. Attention, il m’est arrivé de me retrouver avec un gardien grâce au dernier indice cité, il faut donc prendre ces conseils avec des pincettes et bien réfléchir au poste qui a besoin d’être renforcé, en gardant bien à l’esprit que seuls 5 remplaçants peuvent siéger sur le banc ! Heureusement, vos anciens bleus pourront progresser grâce à un système d’expérience attribuée après chaque match et répartie entre 6 domaines majeurs : Attaque, Défense, Endurance, Vitesse, Puissance, Technique (et Capacité de gardien). Selon le poste occupé par vos joueurs, telle ou telle caractéristique gagnera plus d’expérience qu’une autre, et vous pourrez ainsi avoir le choix de donner des points de compétences « basiques » aux joueurs qui montent de niveau dans ce domaine, ou de leur attribuer une compétence spéciale : par exemple, un niveau supplémentaire en endurance peut permettre au joueur d’acquérir un point de stat en endurance ou de créer une capacité spéciale de résistance aux blessures. Vous pourrez ainsi construire l’équipe de vos rêves en trouvant le bon équilibre entre bons joueurs réels et joueurs fictifs expérimentés. Vous aurez également droit avant chaque tournoi à un entraînement spécial : si vous le réussissez, vous pourrez débloquer un défi en lien avec le sujet de cet entraînement, défis qui donnent droit s’ils sont réussis à un nombre plus important de joueurs à acheter, à une valeur croissante de ceux-ci, à une jauge d’expérience progressant plus rapidement ou encore à un nombre plus important de compétences spéciales. Remportez tous les tournois pour avoir quelques surprises ainsi qu’une équipe imbattable !
J’aimerais parler dans ce dernier paragraphe des nouveautés sympathiques ou des points à perfectionner en vue d’un successeur potentiel. Qui dit Wii et «jeu de sport sur Wii» dit « intégration des Miis » : en effet, vous pourrez jouer avec vos propres Miis (et aussi des Miis venant du jeu lui-même) en match, avec même le choix de jouer avec eux en style SD (Super Deformed, grosses têtes et petits corps) ou en style standard. Ce style SD se retrouve également dans une interface d’avant-match très attachante : outre le tableau représentant le terrain, on aperçoit 11 petits bonshommes et surtout leurs grosses têtes, ce qui permet de les identifier plus facilement. La présence de la Wiimote permet également de déplacer et de configurer la formation à sa guise, ce qui est vraiment agréable. Nintendo a su apporter sa petite touche à une série aussi respectée que PES sans pour autant lui faire perdre son aspect si caractéristique que l’on peut retrouver dans les menus, sobre et efficace. Terminons en disant un mot sur le mode online : malgré la présence de ma Wii à côté d’une Livebox au débit de 8 Mo, j’ai été dans l’impossibilité de jouer un match de manière fluide, et ce en testant toutes les options de connnexion. Il paraît que mon « signal est faible », alors je n’ose imaginer ce que doit dire le jeu s’il est confronté à une connexion en 512 Ko. C’est dommage, ce mode avait l’air vraiment plaisant, avec un choix entre les matchs amicaux (via l’antique système de codes amis) et les matchs libres contre de parfaits inconnus.| Avantages -Une prise de risque qui paye (pour un coup) -Une conversion graphique réussie -L’interface d’avant-match en « Mii style » -Un choix raisonnable de modes de jeu -La Route des Champions et son côté RPG -Un mode online (enfin !)… Inconvénients -…mais c’est la croix et la bannière pour y jouer dans de bonnes conditions -le tutorial obligatoire, et on comprend pourquoi -la défense, c’est panique à bord ! -Des effectifs pas à jour, et impossible de le faire soi-même -Peu de stades -Jamais vu un jeu aussi mal traduit, c’est fou ! |
Graphismes | Un peu plus nets que sur la version PS2, les traits ont subi un bon lissage et le tout est assez agréable à regarder, sans bugs flagrants. |
| Jouabilité | Après quelques dizaines de minutes d’apprentissage dans la douleur, vous pourrez maîtriser les subtilités du jeu, même si toutes ne sont pas évidentes à placer en match…mais Konami a réussi son pari de repartir de zéro. | |
| Durée de vie | La Route des Champions est un mode solo assez passionnant, bien qu’un peu répétitif sur la fin. Les autres modes sont barbants, sauf s’ils peuvent être joués à plusieurs. | |
| Bande Son | Les musiques ne sont pas franchement géniales ni horribles, l’ambiance dans les stades sonne un peu creux, et les commentaires ne se sont pas améliorés… | |
| Scénario |
Commentaires
Vinz [8376 Pts] le 10/04/2008 à 21H12
Gregdark [4526 Pts] le 10/04/2008 à 21H16
ennissay [2610 Pts] le 13/04/2008 à 14H20
Gregdark [4526 Pts] le 13/04/2008 à 21H19
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