Il y a plus de 4 ans maintenant, les petits gars de Retro Studios étaient chargés d'une mission pour le moins risquée : transposer l'univers de Metroïd dans la 3ème dimension. Le pari fut relevé haut la main avec la création d'un nouveau genre de jeu, le First Person Adventure, soit l'aventure à la première personne (comme un FPS mais en fait non). A l'époque, tout le monde était unanime pour vanter les mérites du jeu qui mêlait avec brio l'action et l'exploration tout en conservant l'esprit de la saga. Aujourd'hui, à l'aube de la sortie du 3ème épisode de la trilogie en Europe, on peut se demander si les développeurs ont su tirer parti de la Wiimote pour redonner un nouveau souffle à la série.
J'ai pu tâter de ce
Metroïd Prime 3 : Corruption lors du dernier Micromania Games Show pendant environ une heure, ce qui m'a permis de me faire une petite idée du jeu. Je vous délivre donc mes premières impressions avant sa sortie le 26 octobre prochain.

Il y a un an de ça maintenant, la Wii faisait ses premiers pas et avait trouvé en Red Steel un bon allié pour vanter les mérites de son pad révolutionnaire qu'on disait parfaitement adapté à un gameplay FPS. Seulement le soft d'Ubisoft était loin de proposer une jouabilité parfaite et déroutait la plupart des joueurs non avertis. Quoi qu'il en soit, c'est maintenant à
Metroïd Prime 3 de relever un peu le niveau et de prouver les avantages du pad. Autant dire que le pari est d'ores et déjà réussi pour Retro Studios. C'est simple, le jeu s'appréhende en un instant (si vous êtes déjà familiarisé avec la manette du moins), on prend très vite ses marques et rapidement on dégomme de l'extraterrestre avec classe. On sent surtout l'immense travail qui a été fait au niveau de la visée, souple, précise et parfaitement dosée, c'est un réel plaisir d'incarner la petite Samus. Pour le reste on retrouve les mécanismes traditionnels qui ont fait le succès des deux précédents opus. Il est toujours possible de "locker" ses adversaires pour pouvoir leur tourner autour tout en conservant une totale liberté sur la visée (ce qui, nous le verrons plus tard, apporte son lot de subtilité). On retrouve aussi le très classique scan, qui sera sans aucun doute suivi d'autres viseurs par la suite. Là encore, si vous avez joué aux précédents opus vous prendrez vos marques très rapidement. On prend toujours autant de plaisir à rechercher des informations ça et là pour résoudre des énigmes ou bien simplement pour mieux dézinguer ses adversaires.
L'utilisation du scan se révèle d'ailleurs souvent indispensable pour trouver rapidement le point faible des boss. Comme à l'habitude, il vous faudra faire preuve d'un peu de jugeote pour en venir à bout mais aussi d’une bonne dose d’habileté. Alors qu’on se contentait de locker automatiquement nos ennemis dans les opus précédents, c’est à présent au joueur de faire preuve d’un peu de précision. Le système de lock est toujours de la partie pour pouvoir tourner autour de sa cible mais c’est aussi au joueur de viser lui-même les points faibles du boss ce qui ajoute un dynamisme indéniable à l’action mais aussi un plus grand sentiment de liberté.

Mais l’utilisation de la Wiimote ne s’arrête pas là. A de nombreuses reprises vous devrez actionner divers mécanismes grâce à la manette. Faites la pivoter pour déverrouiller une porte, poussez un levier, appuyez sur un bouton, tout se fait entièrement gestuellement. Ces petites phases interactives, sans être primordiales, apportent une petite dose de fraîcheur à l’action. Les connaisseurs retrouveront aussi les habituelles phases en morph-ball toujours aussi amusantes. S'ajoute à cela un pouvoir mystérieux dont peu bénéficier de temps à autre la brave Samus. Il s'agit simplement d'une sorte de mode "furie" qu'il est possible d'activer grâce au phazon, un minéral aux attributs étrange qu'on retrouve dans les deux derniers épisodes. Attention toutefois à ne pas en abuser si vous ne voulez pas que le phazon prenne possession de vous (d'où le titre "Corruption").

Au niveau graphique, c’est plutôt beau sans pour autant atteindre les standards des autres consoles. On constate néanmoins que la Wii est bel et bien une console plus puissante qu’une Game Cube (certains titres du moment auraient pu nous le faire oublier) et qu’elle peut proposer une image tout à fait décente pour peu qu’on ne soit pas trop exigent. Par ailleurs, ce dernier épisode adopte apparemment un style beaucoup plus cinématographique que ses grands frères. Quelques scénettes scriptées donnent du rythme à l’action et on ne peut s’empêcher de penser parfois que le style graphique de l’ensemble emprunte quelques idées à Halo (au moins les gars de Retro Studios ont de bonnes références).
Bref,
Metroid Prime 3 : Corruption a d’ores et déjà en main tous les atouts pour faire de lui un indispensable sur Wii. Il saura probablement ravir tant les fans que les néophytes et montre aux autres développeurs que oui, c’est possible de faire un jeu qui utilise intelligemment la Wiimote tout en proposant des graphismes à la hauteur. Vivement le 26 octobre prochain donc!
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